GAZA : ALAN JOHNSTON ET LA STRATEGIE GIGOGNE DE L'IRAN !

Publié le par shlomo


05.07.2007

Alan Johnston, le correspondant de la BBC dans la bande de Gaza, qui avait été enlevé le 12 mars, a été relâché dans la nuit du 3 au 4 juillet après 113 jours de séquestration.

Sa libération a été précédée d’un échange de prisonniers entre le (Hamas) et la mystérieuse Armée de l’Islam (Jaysh Al Islam), l’organisation qui avait revendiqué son rapt. Un accord a été conclu avec les ravisseurs : le Hamas a géré la situation et suite à cette libération, il espère s’imposer comme le restaurateur de l’ordre dans la bande de Gaza !

Ismaïl Haniyeh, chef local du Hamas, a remis à Johnston un drapeau palestinien et une boîte décorée de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem :
-  On libère le prisonnier et on organise une cérémonie avec des cadeaux : on se croirait dans une remake de la libération des otages britanniques des mollahs, le rôle tenu par Ahmadinejad étant repris par Haniyeh !

A l’époque, on se souvient que les lobbyistes et experts au service du régime des mollahs étaient tous montés au créneau pour analyser cet incroyable geste d’Ahmadinejad et ils étaient unanimes : il avait souligné sa volonté de dialogue et de négociation. Nous assistons aux mêmes types d’efforts dans le cas de la libération d’Alan Johnston. Après la libération, le porte-parole du Hamas Ghazi Hamas a appelé à la reprise du dialogue avec Abbas pour « revenir à une Situation Normale ».

Il faut y voir une nouvelle stratégie conçue par Téhéran : le régime des mollahs ne veut plus faire faire le sale boulot par ses intermédiaires affichés comme le Hamas, le Hezbollah ou l’armée du Mahdi en Irak. Il désire utiliser ces 3 groupes comme intermédiaires honorables, comme parti politique. Parallèlement, le régime des mollahs transfère ses activités d’enlèvements ou d’attentats vers des groupuscules islamistes inconnus et sans pedigree comme le Fath Al Islam (au Liban), le Jaysh Al Islam (en Palestine) ou Etat Islamique d’Irak (tous des mouvements terroristes non-chiites).

C’est ce que nous avons appelé une redistribution des cartes pour relancer le jeu. Ceci est la preuve d’une vitalité dans la conception des stratégies terroristes par le régime des mollahs. De plus, cette évolution prend en compte une exigence de la diplomatie américaine qui encourage le Hezbollah à déposer les armes et devenir un parti politique. Les mollahs ont anticipé cette demande, mais ils ne démilitarisent pas leurs protégés.

Ils ont trouvé mieux : Le système d’intermédiaires gigognes qui est un chef d’oeuvre de simplicité et d’efficacité. Les mollahs ont mis sur le terrain des groupes terroristes qui font semblant de terroriser les régions verrouillées par le Hamas ou le Hezbollah. Ces mini-groupes d’apparence autonomes agissent en facteur de chaos permettant aux intermédiaires traditionnels des mollahs (Le Hamas, le Hezbollah, Sadr) d’intervenir en modérateurs. En quelque sorte, le régime des mollahs a cloné ses relations avec ses intermédiaires traditionnels : Le Fath Al Islam est au Hezbollah ce que ce dernier est au régime des mollahs ! Idem pour le Jaysh al Islam et le Hamas. Les mollahs ont innové et restent les arbitres du chaos au Moyen-Orient.

Sur un plan Pragmatique | Le régime des mollahs a retenu les leçons de la libération des marins-otages britanniques. Malgré les efforts de ses lobbyistes, il n’y a pas eu de plébiscite pour accueillir positivement le geste d’Ahmadinejad. L’échec de cette 1ère opération a permis aux mollahs de redéfinir leurs objectifs dans ce genre d’opération. Cette libération ne prouve pas la volonté du dialogue du Hamas mais son besoin d’afficher une bonne volonté afin de pouvoir prouver que la mauvaise volonté ne vient pas de son côté mais du côté de son adversaire. Elle est donc sans rapport avec le cas Shalit.

Cette libération n’est donc pas le signe d’un changement du Hamas, mais une révolution tactique dictée par le régime des mollahs pour préserver sa mainmise sur la région.

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Publié dans MONDE ARABO-MUSULMAN

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