L ' EXODE DES JUIFS DES PAYS ARABES

Publié le par shlomo

By ELIAS LEVY, Reporter   
Thursday, 02 August 2007
856000 Juifs ont été expulsés des pays arabes en 1948, quelques mois avant et après la création de l’État d’Israël.

Depuis 1947, le centre des préoccupations de l’Assemblée Générale des Nations Unies a été les réfugiés palestiniens. Les griefs formulés par plusieurs centaines de milliers de réfugiés juifs originaires des pays arabes contraints à l’exil ont été jusqu’ici totalement ignorés par les instances onusiennes et les organismes chargés de gérer le problème des réfugiés du Moyen-Orient.

Sur les 681 Résolutions de l’ONU sur le conflit au Moyen-Orient, 101 ont été consacrées à  la question des réfugiés palestiniens.

Des organismes de l’ONU ont été spécialement créés pour protéger et prodiguer de l’aide aux réfugiés palestiniens.

 Depuis 58 ans, des dizaines de milliards de dollars ont été alloués par la communauté internationale pour subvenir aux besoins et porter assistance aux réfugiés palestiniens.

“Pendant cette même période, il n’y a eu aucune Résolution de l’ONU, aucune assistance apportée par les Agences de l’ONU, ni aucune assistance financière fournie par la communauté internationale pour améliorer la situation, parfois désespérée, des Juifs réfugiés originaires des pays arabes. Pourtant, dans tous les accords internationaux bilatéraux ou multilatéraux applicables (par exemple, la Résolution 242 de l’ONU, la Conférence de Madrid de 1991, la Feuille de Route…) la référence aux “réfugiés” est générique, ce qui, en principe, doit permettre la reconnaissance et l’inclusion de tous les réfugiés du Moyen-Orient, indépendamment de leur religion et de leur origine ethnique -Juifs, Chrétiens…”, rappellent dans un communiqué commun les responsables de l’Organisation Mondiale des Juifs Originaires des Pays Arabes (WOJAC) et du groupe La Justice pour les Juifs Originaires des Pays Arabes (JJAC).

Ces deux organisations se sont fixé comme mandat de:

- Revendiquer les droits légitimes des réfugiés originaires des pays arabes en menant une campagne internationale qui examinera les violations massives des droits de l’homme dont ces derniers ont été victimes.

- Cataloguer les vastes pertes individuelles et communales subies par les Juifs expulsés des pays arabes.

- Mettre en branle des programmes éducatifs et de sensibilisation pour le public sur le patrimoine spolié et les droits des réfugiés juifs natifs des pays arabes.

- Publier les récits des familles des Juifs bannis des pays arabes.

Quarante pays participent déjà à la Campagne internationale pour les droits et la réparation des réfugiés originaires des pays arabes lancée en novembre 2006 par WOJAC et JJAC.

En 2003, le gouvernement d’Israël a demandé que des efforts soient faits pour “recueillir des informations, des données, les détails des registres des propriétés juives et communales dans les pays arabes, des plaintes déposées pour dommages, des violations des droits dont les Juifs ont été l’objet…”

Si en 1948, l’UNRWA, organisme des Nations Unies chargé d’aider les réfugiés, dénombrait 540000 réfugiés palestiniens, on a dénombré entre 1945 et 1980 856000 Juifs du monde arabe, dont plus de 600000 trouvèrent refuge en Israël et environ 300000 en Europe et dans les Amériques. Bien avant le départ des puissances coloniales et la création de l’État d’Israël, la xénophobie des mouvements nationalistes arabes les avait engagés au départ.

Une série de pogroms avaient éclaté dans plusieurs capitales: en Irak en 1941 (le Farhoud, c’est-à-dire le pogrom), à Tripoli en Libye en 1945, en Syrie en 1944 (la majeure partie des Juifs quitta alors le pays), à Alep et à Aden en 1947…

En 1948, la guerre décrétée contre l’État d’Israël au lendemain de sa proclamation -et perdue- par six États arabes devait conduire à une aggravation de la condition juive. De 1948 à 1949, des centaines de Juifs furent internés dans des camps en Égypte. En 1956, la nationalité égyptienne fut retirée aux “Sionistes” (ainsi définis: “non une religion mais le lien matériel et spirituel entre les Sionistes et Israël”). En 1957, leurs biens furent mis sous séquestre. En Irak, en 1948, le Sionisme fut rangé dans la catégorie des crimes d’opinion, passibles de sept ans de prison et d’une amende. En 1950, les Juifs y furent privés de leur nationalité et, en 1951, dépouillés de tous leurs biens. Cette même année, la Synagogue de Bagdad où ils s’enregistraient pour l’émigration fut la cible d’un attentat. Dans la péninsule arabique, les Juifs furent aussi expulsés par la violence et l’intimidation. Dès le début du XXe siècle, l’exclusion avait durement frappé les Juifs yéménites (16000 émigrèrent de 1919 à 1948). La mise en pratique de la loi islamique prônant l’islamisation forcée des orphelins poussa définitivement les Juifs du Yémen sur les voies de l’exode qui les conduisit vers Israël. Les Juifs du Najran, région voisine annexée par l’Arabie Saoudite, se joignirent à eux (43000 Juifs en 1948-1949). Victimes d’un subterfuge du pouvoir, ils furent dépouillés de tous leurs biens…

C’est ainsi que 129539 Juifs d’Irak, 37395 Juifs d’Égypte, 50619 Juifs du Yémen et d’Aden, 8523 Juifs de Syrie, 4032 Juifs du Liban, 35802 Juifs de Libye, 52118 Juifs de Tunisie, 24067 Juifs d’Algérie, 266304 Juifs du Maroc trouvèrent refuge en Israël, pour la plus grande part entre 1948 et 1958 et en moindre mesure de 1970 à 1980
(statististiques établies par WOJAC).

“Ces centaines de milliers de réfugiés juifs sont les témoins du “péché originel” des États-nations arabes”, estime le philosophe et universitaire français Shmuel Trigano, qui aborde la question des réfugiés juifs des pays arabes dans son excellent essai L’ébranlement d’Israël. Philosophie de l’histoire juive (Éditions du Seuil, 2002).

D’après cet intellectuel, la partie sépharade de la population israélienne fonde la légitimité morale et politique de l’existence de l’État juif, qu’elle incarne autant que d’autres, dans une historicité partagée avec les États arabes et dans laquelle ces derniers n’ont pas la part belle.

“Dans la perspective de l’histoire des Sépharades, les Israéliens ne proviennent pas uniquement d’une population importée d’Europe qui aurait chassé les Palestiniens, mais du processus d’autodétermination d’une minorité, le peuple juif sépharade, opprimé par le monde arabe et se libérant en son sein -la Palestine mandataire-, au moment où s’y  créent les États-nations dans leur singularité.”

Pour Shmuel Trigano, loin d’être innocents, les Arabes sont, au contraire, coupables d’un péché congénital, pour avoir chassé ou exclu et dépouillé plus de 850000 Juifs établis dans les contrées arabes depuis plus d’un millénaire et maintenu comme un abcès ouvert 540000 réfugiés palestiniens dans des camps pour les transformer en bombe à retardement contre Israël.

“C’est le seul problème de réfugiés de l’Histoire contemporaine qui n’a pas trouvé de solution dans une époque où l’on en a dénombré 60 millions. Je ne veux ici qu’évoquer les 1300000 Grecs chassés de Turquie et les 400000 Turcs expulsés de Grèce dans les années 1920 ou les 13 millions de personnes déplacées entre l’Inde et le Pakistan. Entend-on parler d’eux aujourd’hui? Comment 540000 réfugiés palestiniens n’ont-ils pas trouvé leur place? Alors que tous les réfugiés du monde dépendaient du Haut-Commissariat pour les réfugiés, les Palestiniens ont même bénéficié d’une Agence spéciale de l’ONU, l’URNWA, entretenant ainsi depuis presque soixante ans une bureaucratie de 17000 employés et engloutissant annuellement plusieurs dizaines de millions de dollars de frais auxquels les États arabes ont toujours très peu cotisé.”


Several groups are continuing to address the question of why Jewish refugees expelled from Arab lands and other refugees groups have not received any compensation or help, while the UN and other agencies focus on Palestinian refugees.

 

 

Publié dans DIASPORA

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