LE TERRORISME SYRIEN....

Publié le par shlomo

Le régime syrien a systématiquement usé de son terrorisme et exploité les contradictions libanaises pour y étendre son influence
1er septembre 2007 -
article original : Okaz - Arabie saoudite.
Traduit par Chawki Freïha

Il a fait de l’arabisme et de la cause palestinienne son fonds de commerce ; Une première dans les relations arabo-arabes. Il est rare qu’un média arabe appelle « un chat un chat ». D’où l’intérêt de cet article, publié le 22 août 2007 par le quotidien saoudien « Okaz ». Cette tribune, particulièrement hostile au régime syrien, confirme que plus rien ne va désormais plus entre Damas et Riyad.

Leurs relations se sont nettement dégradées depuis que Bachar Al Assad ait critiqué l’Arabie et les dirigeants arabes, qualifiés en juillet 2006 de « demis-hommes », et depuis que son vice-président Farouk Chareh ait poursuivi cette campagne en août 2007. Ce témoignage d’un média saoudien désigne, pour la première fois, la responsabilité syrienne dans les assassinats politiques commis au Liban depuis 1975.
Dans son article, « Okaz » s’interroge « si la Syrie n’est-elle pas le problème du Liban ? Ou à la fois le problème et la solution ? Cette question n’est pas pour l’histoire, mais elle concerne le présent et le futur. Elle résume la situation imposée par la politique du Baas syrien sur tous les Libanais, opposition et majorité ».

Le terrorisme érigé en politique d’Etat

Le quotidien retrace les principaux faits marquants de la politique syrienne au Liban. « Depuis 2004, la Syrie multiplie les messages de défiance à l’égard de la communauté internationale et du Liban. Après le vote de la résolution 1559 demandant à l’armée syrienne d’évacuer ce pays, Damas a riposter en prorogeant le mandat d’Emile Lahoud, avant de tenter d’assassiner Marwan Hamadé dans une tentative d’éliminer politiquement Rafic Hariri. Ayant échoué à le domestiquer, la Syrie a assassiné Hariri le 14 février 2005. Depuis cette date, les « bataillons de la mort » de la Syrie poursuivent les assassinats des politiciens libanais, à intervalles réguliers, selon les opportunités régionales et internationales et dans des objectifs précis. Elles ont assassiné le journaliste Samir Kassir pour le faire taire, puis éliminer le gauchiste souverainiste Georges Haoui, avant de tenter d’éliminer le ministre Elias Murr et de terroriser la télévision LBC avec l’attentat manqué contre sa vedette May Chidiac. Le député et directeur du quotidien An-Nahar Gebran Tueini n’a pas échappé à ses assassin, tout comme le député et ministre Pierre Gemayel, afin de renverser le gouvernement de Siniora. L’assassinat du député Walid Eido visait à prouver aux Libanais que le Tribunal international ne peut pas les protéger ».

« La Syrie a été contrainte de se retirer du Liban en avril 2005 après la manifestation géante et la mobilisation des Libanais au lendemain de l’assassinat de Hariri. Mais depuis, elle tente d’y revenir et d’y étendre son influence. Damas cherche à prouver aux Libanais qu’ils n’ont de salut que par la Syrie. Le régime syrien, qui s’est habitué à assassiner les hommes politiques libanais en toute impunité, a du mal à digérer la perte de ce pays ».

« Le choc de l’assassinat de Hariri était sans égal. Pourtant, la Syrie avait assassiné à tour de rôle des personnalités de toutes les confessions, afin d’attiser la guerre inter-libanaise qu’elle avait elle-même allumée. Le druze Kamal Joumblatt a été abattu en 1976, puis le président chrétien maronite Béchir Gemayel en 1982, puis l’ouléma chiite Sobhi Saleh, puis le mufti sunnite Hassan Khaled en 1989. Après la signature des accords de Taëf en 1989, la Syrie a assassiné le président élu René Moawad. Après une accalmie d’une décennie, due à la mainmise syrienne sur le pays, la Syrie a assassiné le ministre et allié Elie Hobeika, en 2002, pour l’empêcher de révéler des secrets compromettants sur les massacres de Sabra et Chatila commis en septembre 1982 contre les Palestiniens, sur ordre de Damas et à son profit [ces massacres attribués aux Israéliens avaient conduit au renversement du gouvernement Beguin et Sharon, et au retour de la Syrie sur la place libanaise après l’invasion israélienne et la défaite syrienne] ».

La guerre civile, un produit pur syrien

Le quotidien saoudien rappelle comment « le régime du Baas avait allumé la guerre au Liban en 1975 par l’intermédiaire des factions palestiniennes qui lui étaient proches et comment il a exploité les contradictions interconfessionnelles libanaises pour étendre sa mainmise sur le pays. L’étincelle qui a mis le feu aux poudres fut une attaque menée par les Fidaïns contre une église et une permanence du parti chrétien Kataëb par des éléments palestiniens radicaux. Le comportement de ces mêmes palestiniens avaient poussé auparavant les chrétiens à s’armer et le Liban à se diviser entre deux communautés. Sur fonds de réorganisation du pouvoir politique, les Sunnites avaient exploité la présence de l’OLP pour exercer des pressions aux Chrétiens et leur arracher des concessions. Mais durant les deux premières années de la guerre (1975-1976), la Syrie avait activement soutenu les Palestiniens à travers l’Armée de libération de la Palestine et Al-Saïka. Mais quand ces derniers étaient sur le point de l’emporter, la Syrie est intervenue sous prétexte de protéger les Chrétiens du massacre. Paradoxalement, les Sunnites sont aujourd’hui anti-syriens, après s’être réveillés, et certains chrétiens comme le général Michel Aoun, l’ex-champion de la lutte contre l’occupation syrienne, est aujourd’hui l’un des fervents défenseurs de la Syrie. De même, des activistes sunnites radicaux qui ont été massacrés et emprisonnés par la Syrie, comme Fathi Yakan et Hachem Minkara, ont été retournés pour travailler à la solde de Damas ».

Les assassinats systématiques

« Hafez Al-Assad fut un brillant stratège. Il a réussi à la fois à combattre et à endiguer ses adversaires, avant de les enrôler. Son armée avait combattu les radicaux du Tawhid à Tripoli. Il les a soumis à coups de massacres avant de les retourner et de les exploiter. De même, il avait lancé son fidèle et indéfectible allié Nabih Berri (Amal) contre les sunnites de Beyrouth, les Mourabitoun, pour s’êtres alliés à Yasser Arafat. Aujourd’hui, Damas tente de les réhabiliter contre Saad Hariri. Il avait combattu le Hezbollah dans les années 1980, par Amal interposé, pour empêcher l’Iran de lui partager l’influence sur le Liban. Il a utilisé les deux mouvements chiites dans la guerre des camps, à Beyrouth, pour éliminer Arafat. Il a également utilisé le Fatah-Intifada contre le Fatah de Yasser Arafat, toujours au nom de la cause palestinienne. Ainsi, les dégâts causés par la Syrie au Liban et à la cause palestinienne dépassent de loin ceux causés par Israël. En 1987, la Syrie a alimenté la guerre entre ses alliés Hezbollah et Amal, avant que les Beyrouthins ne l’appellent à intervenir et à mettre un terme au chaos. Moins de cinq ans après son départ sous la pression israélienne en 1982, la Syrie a reconquis Beyrouth ».

« Après la signature des accords de Taëf en 1989, la Syrie n’a pas digéré la clause stipulant son redéploiement dans la Békaa et son retrait définitif à l’horizon de 1992. Assad avait saisi l’invasion irakienne du Koweït pour envoyer des troupes symbolique pour libérer le Koweït, contre un feu vert américain pour étendre son règne au Liban aux régions chrétiennes. Il a eu gain de cause, chassant le général Aoun du palais de Baabda ».

Publié dans MONDE ARABO-MUSULMAN

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