PRESENCE PROTESTANTE RENFLOUE L'ANTISEMITISME

Publié le par shlomo


Il y a en Europe une hyper-exposition des Juifs à la victimation. Les coups portés contre eux le sont à propos de tout et de n'importe quoi: progressisme, traditionalisme, capitalisme, communisme, athéisme, fondamentalisme, sionisme, altermondialisme, droits de l'homme, , etc…Tout prétexte est bon et "marche".

De plus, cette hyper-exposition au fait de devenir des victimes entraîne la participation de nombreux Juifs à la curée.

Le 30 septembre 2007, à 10h, France 2 présente l'émission "Présence protestante" réalisée par Abraham Ségal. Son titre est : La politique et Dieu. L'objectif est de faire comprendre ce qu'est le fondamentalisme religieux (revoir l'émission)

Pour illustrer celui-ci, le réalisateur a choisi de prendre exclusivement l'exemple du fondamentalisme juif, sachant très bien qu'il caresse l'opinion publique dans le sens du poil.

Ce fondamentalisme juif est lié à une interprétation littéraliste des textes saints, "en choisissant ceux qui nous arrangent et en laissant les autres de côté". Pour le cas juif : Deut, 7;16 et Ezechiel,36 où il est demandé à Israël de "tuer tous les peuples que Dieu te livrera" (les mots défilent sur l'écran avec une musique lugubre).

Puis est montrée la ville d'Hébron "occupé par les Juifs" après la guerre de 1967 (guerre dont il n'est pas rappelé qu'elle a été souhaitée par les voisins arabes d'Israël) en vertu du pseudo-droit biblique des Juifs sur cette partie de Palestine (alors que l'Etat d'Israël garde cette terre au moins autant pour servir de monnaie d'échange lors de la conclusion d'une paix de moins en moins probable!).

La cause du sionisme est donc entendue: ce n'est rien d'autre qu'un fondamentalisme religieux !

Le clou est enfoncé par Alain Dieckhoff, chercheur au C.N.R.S. qui explique que, depuis la victoire de 1967, c'est un devoir religieux que de coloniser les terres des Palestiniens pour hâter la venue du Messie.

Face au fondamentalisme juif, un brave professeur d'université en droit civil palestinien, Anu Abar Eisheh, parlant français (alors que tous les Juifs interviewés ne parlent qu'hébreu et sont présentés de manière anonyme) est interviewé à Hébron.

Il explique avec amertume que son école a été détruite et qu'à la place "les Juifs" y ont créé une Yeshiva (école d'études talmudiques et bibliques)! : le téléspectateur est forcément indigné et, dans la foulée, il perçoit les études juives comme forcément réactionnaires et obscurantistes.

Un second Palestinien (visiblement moins instruit mais indigné "à bon droit") surenchérit: "Israël creuse sa tombe de ses propres mains en espérant bâtir un 3ème Temple sur le site de la Mosquée Al-Aqsa !". Cela semble aller de soi et une telle issue ne serait que justice ! (ndlr : ce second palestinien est imam et se réclame ouvertement du Hamas).

Concernant le fondamentalisme islamiste du Hamas, Anu Abar Eisheh explique qu'il est apparu à cause de l'occupation israélienne en premier lieu, et aussi un peu à cause de la misère (mais en moindre part).

Mais "ils" sont pragmatiques et ce mouvement va naturellement disparaître si le conflit isrélo-palestinen se règle de façon pacifique."

Rien n'est dit sur l'existence ancienne d'un fondamentalisme islamique qui ne saurait s'accommoder de la moindre souveraineté de Juifs sur une terre une fois conquise par l'islam.

La banalisation de l'islamisme est poursuivie par l'interview d'un imam de France qui explique que l'Islam n'a aucun problème avec la laïcité à la française, si ce n'est en ce qui concerne "le port du foulard qui est un ordre divin".(sic) (1).

Le Maire communiste Patrick Braouezec surenchérit en expliquant qu'il n'y a aucune contradiction entre islam et laïcité, le seul problème étant l'absence de lieux de culte dignes de ce nom. Il a donc décidé de subventionner la construction d'une mosquée dans sa commune !

Même si l'émission traite – bien rapidement – du fondamentalisme protestant de la "Bible belt" américaine, l'impression d'archaïsme dangereux du judaïsme est renforcée par la discussion "pédagogique" qui suit : celle-ci réunit, autour de quelques jeunes, le philosophe Olivier Abel et le réformiste musulman Rachid Benzine.

Aucun Juif sioniste et démocrate n'est invité, puisque Abraham Ségal a livré dans son émission sa propre perspective négative sur le judaïsme et le sionisme !

De fait, une émission honnête sur le fondamentalisme aurait dû mettre en regard les textes juifs, chrétiens et musulmans se prêtant à des récupérations politiciennes et citer, à parts égales, les fondamentalismes de toutes les confessions.

Mais l'hyper-exposition des Juifs à la victimation a conduit, comme c'est toujours le cas à toutes les époques, à la prise de position ouvertement antisémite d'un réalisateur juif ("Si je ne suis pas pour moi, qui le sera?..").

Cela relance un antisémitisme collectif aux apparences vertueuses.

Tel est le cercle vicieux de l'hyper-victimation (2) des Juifs en Europe qui ne cesse de se nourrir et d'enfler d'elle-même.

Nadia Lamm, 1/10/2007

(1) De nombreux théologiens musulmans progressistes contestent cette idée. Dans son petit livre Bas les voiles! (Gallimard, 2003) l'anthropologue iranienne Chahdortt Djavann, réfugiée en France pour fuir le régime des mollahs iraniens, produit une analyse convaincante sur le caractère sexiste du voile islamique. Elle a été auditionnée en 2003 par la Commission Bernard Stasi.

(2) Israël B. Feldman parle de "victimation chronique" [des Juifs en Europe]. [Dans ce cas] "il y a répétition des agressions ce qui entraîne des sentiments d'exclusion – la personne, le groupe, le peuple se sentent "étrangers"- des problèmes d'identité, des comportements d'échecs personnels, professionnels, nationaux.[…] Sur le plan social on a tendance à considérer les victimes comme coupables des nombreuses attaques dont elles ont été l'objet […](La Deuxième étape du sionisme. Justice restauratrice, éditions Erem, 2007, pp.9, 10).

L'autovictimation des victimes chroniques se traduit par une série de comportements qui renforcent leur victimation. En particulier, il est quasi impossible qu'elles ne s'identifient pas à l'agresseur, étant donné que c'est à lui qu'elles ont principalement affaire et que c'est que lui qui a le pouvoir de faire cesser leur douleur même si ce n'est que de façon temporaire.

Israël Bernard Feldman est psychanalyste, psychologue et victimologue. Il enseigne la Victimologie en Faculté de médecine à Tel Aviv. Je recommande la lecture de son livre.


 

 
Auteur : Nadia Lamm
Date d'enregistrement : 03-10-2007

Publié dans ANTISEMITISME

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