TEHERAN CHANGE DE TON ET FAIT CONFIANCE A SES DEUX ALLIES LA CHINE ET LA RUSSIE

Publié le par shlomo

Au lendemain de la publication du rapport d’El Baradei, Téhéran est revenu à l’une de ses revendications de base : que son cas ne soit plus géré par le Conseil de Sécurité mais par le Conseil des gouverneurs de l’AIEA. Selon les mollahs, si le Conseil de sécurité de l’ONU remettait le dossier nucléaire iranien à l’AIEA, les conditions seraient propices à la promotion de la coopération entre l’Iran et l’agence. Ce qui fut une revendication véhémente est devenue une proposition cordiale. Ce changement de ton est la conséquence du crédit accordé par la communauté internationale à un rapport qui n’a aucune validité puisqu’il n’est fondé sur aucune inspection.

En fait, cela serait équivalent d’une instruction judiciaire uniquement fondée sur la déposition du coupable. On lui reproche uniquement d’avoir manqué d’enthousiasme à répondre volontairement sans y avoir été invité par des questions du juge d’instruction. Le rapport suggère de continuer ce dialogue constructif avec le coupable, qui est désormais gratifié du titre d’interlocuteur coopératif ! Le rapport suggère donc que l’on évite d’évoquer des sanctions et même, qu’au lieu de faire la gueule, on écoute les bonnes suggestions de cet interlocuteur réhabilité !

Téhéran joue évidemment le jeu, affirme sa volonté de continuer sa coopération et suit à la lettre les demandes pressantes de la Russie et de la Chine d’accepter une suspension de ses propos anxiogènes ou ses provocations sur ses prouesses nucléaires. Ce changement de ton est radical et il lui permet d’aborder avec sérénité deux propositions propices à la promotion de sa soi-disant coopération avec l’AIEA !

La première est une demande récurrente du retour du dossier vers l’AIEA et le Conseil des gouverneurs où les mollahs comptent de nombreux amis non-alignés parmi les Etats membres en dehors d’El Baradei lui-même. La seconde proposition montre l’ampleur du changement de ton opéré par Téhéran : il s’agit de critiquer d’une manière très pondérée les sanctions unilatérales américaines contre les banques faisant des affaires avec Téhéran (les banques chinoises sont concernées).

« Toutes les actions unilatérales portent préjudice à la coopération appelée à rétablir la confiance », a indiqué à Moscou, Gholam Reza Ansari, l’ambassadeur des mollahs en Russie. C’est tellement plus agréable quand on le dit sur un ton pondéré.

A écouter le représentant des mollahs chez l’allié stratégique russe, des sanctions décidées au Conseil de Sécurité seraient tellement plus acceptables et si peu hostiles à l’esprit du dialogue ! Le rapport d’El Baradei a métamorphosé le débat.

Téhéran est tout mielleux et capitalise sur les bons points qui lui ont été décernés par son ami El Baradei. Ce changement de ton facilitera l’approche des Russes et des Chinois qui feront rebondir cette suggestion selon laquelle, si on décide de garder le dossier au Conseil de sécurité, il faudrait s’en tenir à des sanctions onusiennes et non à des mesures unilatérales.

Si les Etats européens membres du Conseil de sécurité avaient refusé d’accorder du crédit à ce rapport sans validité et à son auteur, on n’en serait pas là. Mais ces Etats sont également les principaux partenaires commerciaux de l’Iran tout comme la Russie et la Chine, qui sont en plus les alliés stratégiques de l’Iran. Aujourd’hui, alors que l’on parle de convaincre la Chine d’accepter une troisième résolution, il faut sans doute se préparer à un « oui, mais » de la part de ces fins stratèges asiatiques qui accepteront le principe d’une troisième série de sanctions molles en échange d’une levée des sanctions unilatérales américaines.

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Publié dans IRAN NUCLEAIRE

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