" LES MEILLEURS AMIS D'ISRAEL "....

Publié le par shlomo

’Les meilleurs amis d’Israël’ soutiennent fermement les Arabes à la conférence d’Annapolis
26 novembre 2007 -
Par Caroline B. Glick |
Jewish World Review - Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

Bush et Rice vont-ils faire tout leur possible pour laisser un héritage ? L’humeur est sombre à l’Etat Major Général de Tsahal avant la conférence de « paix » de la semaine prochaine à Annapolis. Comme un officier général participant directement aux négociations avec les Palestiniens et les Américains l’a dit : « Aussi mauvais que cela puisse paraître de l’extérieur, la vérité est dix fois pire. C’est un cauchemar. Les Américains n’ont jamais été aussi hostiles ».

Jeudi, un projet de déclaration que les négociateurs israéliens et palestiniens discutaient avant la conférence a été divulgué aux media. La lecture du document souligne les préoccupations de Tsahal.

Le projet de document montre que les Palestiniens et les Israéliens diffèrent non seulement sur chaque sujet, mais diffèrent aussi sur l’objectif du document. Il montre aussi que les Américains soutiennent fermement les Palestiniens contre Israël.
Comme le projet de document le montre clairement, Israël essaie d’éviter de s’engager à quoi que ce soit à Annapolis. De leur côté, les Palestiniens essaient de forcer la main d’Israël en le liant à des formules diplomatiques qui présupposent un retrait israélien sur les lignes d’armistice de1949, et l’acceptation du prétendu « droit de retour » ou l’immigration libre d’Arabes étrangers en Israël.

Les Palestiniens essaient aussi d’écarter le droit d’Israël à déterminer par lui-même s’il doit faire confiance aux Palestiniens, et continuer de faire des concessions diplomatiques et sécuritaires ou non, en confiant la responsabilité de ces décisions à des acteurs extérieurs sur le rythme des concessions, et si oui ou non il faut faire confiance aux Palestiniens.

Comme le document divulgué le montre, les Américains ont pris le parti des Palestiniens contre Israël. En particulier, les Américains ont pris sous leur bonnet le seul droit de juger si oui ou non les Palestiniens et les Israéliens se plient à leurs engagements, et si et à quel rythme les négociations vont se poursuivre.

Mais les Américains ont montré qu’ils ne se soucient pas de la confiance d’Israël. En refusant de reconnaître la participation directe du parti Fatah du président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas dans le terrorisme, et en vérité, de l’implication directe de ses « forces de sécurité » dans le terrorisme, les Américains ont démontré que leurs références pour le respect palestinien de leurs engagements envers Israël ne sont pas nécessairement fondées sur la réalité du terrain. Et puis, les USA exigent des concessions sécuritaires en faveur des Palestiniens de grande ampleur, avant même que la conférence de la « paix » à Annapolis ait démontré que la sécurité d’Israël est le cadet des soucis du Département d’Etat.

Des sources de Tsahal mettent au compte de terroristes du Fatah, le meurtre par balles lundi dernier dans la nuit d’Ido Zoldan, suivant la décision d’Israël de se plier à l’exigence de la Secrétaire d’Etat Condoleezza Rice de lever 24 contrôles de sécurité routiers en Judée et en Samarie. Si cela ne s’était pas produit sous la pression des USA disent-ils, il est très possible que ce père de deux enfants, âgé de 29 ans, soit encore vivant aujourd’hui.

Mais cela n’est pas le souci de Washington. Comme Rice l’a fait clairement savoir plusieurs fois, les USA veulent voir des « signes de progrès ». Puisque les Palestiniens ne prennent aucune mesure contre le terrorisme et ne font rien pour diminuer la ferveur jihadiste de leur société, la seule manière de parvenir à des « signes de progrès » est d’obliger Israël à faire des concessions aux Palestiniens. Et donc, c’est exactement ce que font Rice et ses associés.

Rice est en mesure d’obliger Israël à accepter ses exigences parce qu’elle est face aux dirigeants israéliens les plus faibles que le pays ait jamais produits. Le Premier Ministre Ehud Olmert, la ministre des affaires étrangères Tzipi Livni et le ministre de la Défense Ehud Barak sont tous incapables de résister au Américains, ou même tout simplement d’argumenter avec eux. La faiblesse d’Olmert et Livni est apparue depuis leur mauvaise conduite de la guerre avec le Hezbollah l’été dernier, et leurs négociations sur un accord de cessez le feu avec Rice. De son côté, pendant son bref mandat désastreux comme Premier Ministre, Barak s’est comporté comme s’il était alors l’employé du Président Clinton.

Mais si la volonté d’Olmert, Livni et Barak de compromettre la sécurité de leur nation est fonction de leur faiblesse, qu’est-ce qui explique le comportement de Bush et de Rice ? Pourquoi affaiblissent-ils Israël et poussent-ils encore à l’établissement d’un autre Etat terroriste au Moyen-Orient ? Quel intérêt les USA pensent-ils servir en agissant ainsi ?

Au cours des quelques semaines écoulées, nombre de théories ont été émises pour expliquer leur comportement. L’explication la plus fréquente est que Rice et Bush se font les champions d’un Etat palestinien aux dépens d’Israël en s’efforçant de mobiliser une coalition d’Etats arabes sunnites pour coopérer avec les USA contre l’Iran.

Selon cette théorie, si Annapolis est considéré comme un succès, alors les Etats arabes seront convaincus qu’il vaut la peine de soutenir les USA contre l’Iran. Cette théorie a plusieurs failles. D’abord, comme le traitement d’Israël par les USA le démontre, le succès à Annapolis implique d’affaiblir Israël que l’Iran cherche à détruire, et de renforcer les Palestiniens que l’Iran soutient. Cela signifie que loin d’affaiblir l’Iran, un succès à Annapolis ira dans le sens de ses intérêts.

Mais au-delà de cela, que ce soit avec ou sans malice, en convoquant la conférence d’Annapolis la semaine prochaine, l’administration Bush a directement renforcé l’Iran. Aujourd’hui, savoir si l’administration émerge indemne ou humiliée d’Annapolis se situe complètement entre les mains de l’Iran. L’Iran décidera si la conférence s’ouvre et se clôt pacifiquement, ou si elle est réunie alors que le Liban est submergé par la guerre civile aux mains des vassaux de l’Iran, la Syrie et le Hezbollah.

Selon la constitution libanaise, ce samedi était le dernier jour où un nouveau président libanais pouvait être élu. Le président du Liban doit être élu par les 2/3 des membres du Parlement libanais. Par leur campagne d’assassinats, la Syrie et le Hezbollah ont écarté la majorité des 2/3 des forces anti-syriennes gagnées aux élections de 2005. Par conséquent, le Hezbollah détient un pouvoir de veto sur l’élection. Et jusqu’à présent, l’Iran et la Syrie ont refusé de permettre au Hezbollah de soutenir un candidat. C’est le cas même malgré la volonté de la majorité anti-syrienne de soutenir un candidat présidentiel pro-syrien.

Du fait de l’impasse provoquée par l’Iran et la Syrie, il y a aujourd’hui deux scénarios possibles pour ce qui pourrait advenir dans les jours prochains au Liban. Soit l’Iran et la Syrie permettront que des élections aient lieu, et un agent de leurs régimes et du Hezbollah s’emparera de la présidence ; ou bien des élections n’auront pas lieu, et deux gouvernements - l’un anti-syrien sous la conduite du Premier Ministre Fouad Siniora, et l’un pro-syrien seront formés. Le gouvernement pro-syrien sera soutenu par le Hezbollah et l’armée libanaise. Le gouvernement anti-syrien sera soutenu par les milices chrétiennes, sunnites et druzes. Une guerre civile s’ensuivra. La Syrie, le Hezbollah et l’Iran vaincront.

Dans une tentative pour provoquer le premier scénario, Bush a fait le siège de chaque dirigeant auquel il pense pour appeler Téhéran et Damas à se calmer, et permettre aux élections de se tenir. A cette fin, il a même demandé à leur principal fournisseur d’armes, le président russe Vladimir Poutine d’intervenir. La décision d’Olmert de permettre aux forces de sécurité du Fatah de recevoir 25 transporteurs de troupes blindés russes malgré les objections de Tsahal, était sans aucun doute une conséquence de l’appel au secours de Bush à Poutine.

Si les Américains croient que la clé pour s’opposer à l’Iran est de construire une coalition arabe anti-iranienne, la crise au Liban prouve combien leurs efforts sont futiles. Exactement de la même façon que les pays arabes s’opposent à l’acquisition par l’Iran d’armes nucléaires, de même ils s’opposent au contrôle iranien sur le Liban. Pourtant malgré cela, ils n’ont rien fait pour empêcher l’Iran et ses vassaux de prendre le contrôle du pays. Au contraire, les Saoudiens ont encouragé le gouvernement Siniora à soutenir les candidats pro-syriens à la présidence.

Alors, si l’administration a décidé d’adopter les Palestiniens comme moyen d’affaiblir l’Iran, sa décision est fautive de trois manières. D’abord, étant donné le soutien de l’Iran aux Palestiniens, leur donner du pouvoir contre Israël ne fait que contribuer aux intérêts de l’Iran. Ensuite, la conférence d’Annapolis est devenue l’otage du bon vouloir iranien qui est non existant. Et enfin, même si elle était formée, une coalition arabe anti-iranienne serait incapable de contrôler la puissance de l’Iran.

Même si le sommet d’Annapolis affaiblit la position des USA à l’égard de l’Iran, il y aurait encore du sens pour Bush et Rice de soutenir un Etat palestinien si, ce faisant, cela augmentait le soutien public pour leur administration. Mais c’est le contraire qui se produit. L’obsession apparent de Bush et Rice pour un Etat palestinien est critiquée de tous les côtés du spectre politique.

Des critiques de la Gauche, comme l’éditorialiste du New York Times Thomas Friedman et l’ancien négociateur de Clinton et apologiste palestinien Robert Malley ont exprimé leur perplexité devant l’avancée insistante par l’administration de négociations entre Israël et les Palestiniens, alors qu’il n’y a aucune chance que ces négociations apportent la paix. De même aussi, au cours des semaines écoulées, quatre candidats présidentiels du Parti Républicain - Rudy Guiliani, Mitt Romney, John McCain et Fred Thompson - ont critiqué la stratégie politique palestinienne de Bush et Rice en général, et la convocation de la conférence à Annapolis en particulier.

Il y a aussi la théorie qui veut que le principal souci de Bush et Rice, en poussant à un Etat palestinien, serait leur héritage politique. L’intention déclarée de Rice de voir un Etat palestinien avant que Bush ne quitte son poste donne du poids à cette opinion. Mais bien sûr, étant donné que le maximum qu’Israël veut bien concéder aux Palestiniens est inférieur au minimum que les Palestiniens veulent bien accepter, et étant donné que le gouvernement Olmert tombera si celui-ci donne son accord à des concessions majeures, il est clair qu’il n’y a aucune chance pour que Rice réussisse.

Enfin, il y a cet idée que Rice et Bush comprennent qu’il n’y a aucune chance de parvenir à la paix, mais qu’ils pensent que leur héritage politique sera renforcé pour avoir simplement essayé. Après tout, on se souvient positivement de Bill Clinton pour ses tentatives de faire la paix entre Israël et les Palestiniens, malgré le fait que ces tentatives ont apporté la guerre plutôt que la paix. Mais l’exemple de Clinton n’est plus applicable parce que les conditions dans lesquelles Clinton a recherché la paix étaient très différentes de celles d’aujourd’hui.

La stratégie politique de Clinton a provoqué une guerre qui a seulement commencé à la fin de sa présidence. Jusqu’alors, elle paraissait correspondre à des décisions relativement sûres et à peu de frais. D’un autre côté, la présidence de Bush s’est déroulée dans sa totalité sur la toile de fond du jihad palestinien. Chaque tentative qu’il a faite pour la paix, depuis le plan Tenet en passant par la feuille de route et Sharm el Sheikh, jusqu’à Annapolis, a volé en éclat à cause de la violence avant qu’elle ne puisse commencer.

Alors, il n’y a aucune bonne excuse pour la décision de l’administration Bush d’adopter les Palestiniens aux dépens d’Israël. Tout cela provient de ce que Bush et Rice ne songent pas aux conséquences de leurs décisions.

C’est une tragédie singulière que les dirigeants élus d’Israël soient trop faibles pour leur faire comprendre qu’en provoquant un dommage à Israël, ils causent un dommage aux Etats-Unis, et se trompent eux-mêmes.


Contribuant à la JWR, Caroline B. Glick est membre senior pour le Moyen Orient du “Center for Security Policy” [Centre pour la Politique de Sécurité] à Washington, DC et rédacteur en chef adjoint du « Jerusalem Post ».

http://www.jewishworldreview.com/1107/glick112307.php3

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