LES MOLLAHS PREPARENT UNE ENTENTE AVEC LES ETATS-UNIS

Publié le par shlomo

Le rapport du renseignement américain affirmant que l’Iran avait suspendu son programme nucléaire militaire depuis 2003 a suscité des mécontentements importants au niveau des britanniques, mécontentements qui ne sont compréhensibles si l’on méconnaît l’histoire contemporaine de l’Iran.

Bolton | L’une des réactions les plus outragées est venue de John Bolton, l’ancien ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU qui a parlé d’« une forme de putsch » contre le président George Bush. Pour ce qui est de l’accusation de putsch, elle ne tient pas vraiment car peu après ce caca nerveux de Bolton (spécialiste de ce genre de réaction), la Maison-Blanche a « officiellement reconnu » que Bush était au courant du rapport depuis le mois d’août. Cette reconnaissance a été une réponse à l’ensemble des critiques formulées contre cette publication.

En réalité, le rapport est récent et il a été conçu dans l’urgence pour saboter l’adoption d’une nouvelle résolution onusienne contre les mollahs. Une telle résolution aurait rendu illogique le maintien des sanctions américaines contre l’Iran. Or, les américains ne souhaitent pas perdre l’initiative des pressions sur Téhéran. Ils ont saboté les nouvelles sanctions onusiennes pour garder le contrôle des sanctions afin de pousser les mollahs vers une entente en dosant l’effort selon les réactions des mollahs. Précédemment, les américains espéraient arriver à cette entente en forçant les mollahs à ouvrir l’espace politique iranien à des pseudos opposants logés à Washington, mais ils semblent renoncer à ce plan dont les mollahs ont deviné le danger pour leur pouvoir. Désormais Washington se contente d’une entente plus réaliste : juste avec les mollahs.

C’est ce qui a mis hors de lui John Bolton. En fait, l’ex-diplomate travaille avec Kenneth Timmerman qui avait été mandaté par l’administration Bush pour mettre sur pied une sélection de pseudos opposants iraniens, tous fédéralistes et en faveur d’une évolution du régime des mollahs. Les deux hommes espéraient un budget de 300 millions de dollars pour la première année d’activités de leurs poulains et ils sont déçus par ce changement de cap qui semble définitif.

Grande-Bretagne | Le chef des renseignements britanniques a également remis en cause le dernier rapport en déclarant que la CIA aurait été leurrée et trompée par la république islamique de l’Iran. Les services britanniques se disent persuadés que les mollahs, sachant que leurs conversations téléphoniques avaient été mises sur écoute, ont délibérément divulgué et transmis de fausses informations, destinées à tromper les services de renseignements occidentaux. C’est du grand n’importe quoi.

Plus pragmatiquement, les mollahs sont des alliés historiques de la Grande-Bretagne. L’ex-empire qui avait de nombreux agents en Iran n’est pas heureux que ses alliés historiques arrivent à une entente avec les Etats-Unis. D’ailleurs, les britanniques insistent désormais sur la nécessité d’une nouvelle résolution onusienne à l’encontre de l’Iran en espérant ne pas laisser la totalité du contrôle des pressions sur Téhéran aux Américains qui ne cessent de vouloir les chasser de l’Iran depuis les années 50. Ce sont eux qui ont soutenu Mossadegh dans une nationalisation du pétrole très mal négociée qui a surtout été bénéfique aux américains : ils ont cassé le monopole britannique sur le pétrole iranien et ayant poussé le pays à la ruine par la très mauvaise gestion de leur allié Mossadegh, ils ont récupéré leurs billes en proposant la création d’un consortium pétrolier dans lequel ils s’arrogeaient pour 25 ans 40% du pétrole iranien à égalité des parts avec les britanniques.

L’Iran recevait 50% des bénéfices sous forme d’impôts, mais les prix étaient fixés par le marché avant la création de l’OPEP. Ce contrat arrivait à terme échu en 1979, l’année où les américains organisèrent une révolution en Iran pour contrer iranien l’opposition du Chah à la reconduction de l’accord.

Force chiite | En cherchant une entente finale avec les mollahs, les américains espèrent couper définitivement l’herbe sous les pieds des anglais et devenir les protecteurs occultes des chiites qui bien que minoritaires dans l’ensemble du monde musulman sont majoritaires au Moyen-Orient. Cependant il ne s’agit que de pure spéculation car les britanniques et les américains comptabilisent les 70 millions d’iraniens comme étant des chiites, alors que ces derniers sont dégoûtés de l’islam et ne se reconnaissent pas comme les porte-étendards d’un chiite politisé comme le feraient les partisans du Hezbollah. Malgré tout les américains ne renoncent pas au projet de contrôle de cette force chiite virtuelle, et c’est pourquoi font tout pour devenir les alliés du régime des mollahs.

Ce que voudraient les iraniens compte peu dans la guerre secrète qui oppose ceux qui veulent contrôler ce pays situé au carrefour du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale. Dans cet affrontement, la grosse colère des britanniques est plus préoccupante que le caca nerveux de Bolton. Néanmoins, on peut s’apercevoir que les britanniques ont du mal à se faire respecter des mollahs qui n’ont des yeux que pour les américains.

D’ailleurs Téhéran a aussi capté le changement de cap de Washington qui ne cherche plus à appliquer le plan Timmerman mais une entente simple selon les règles définies par le Council on Foreign Relations, puisque depuis hier différentes voix expriment des idées hostiles au « principe de la sainteté ».

Décodages de la remise en cause du « principe de la sainteté »| La sainteté de Khomeiny est remise en cause. On lui reproche sa rupture avec les Etats-Unis qui a conduit le pays dans une impasse. Des étudiants membres du BCU, c’est-à-dire le cercle le plus islamiste du pays, se promènent dans les universités qu’ils ont eux-mêmes contribuées à islamiser avec des pancartes sur lesquelles on peut lire : « Peuple d’Iran, rappelle-toi que tu étais respecté dans le monde, que t’es-t-il arrivé ? pourquoi ne pas bouger.. ». (photo ci-dessous)

Cette référence au passé n’est malheureusement pas ce qu’attendent les iraniens, c’est-à-dire la reconnaissance de l’erreur que fut la révolution contre le Chah. Le message est écrit de manière ambiguë pour faire croire que ces étudiants sont pour un changement afin de mobiliser la foule derrière eux et diffuser les images via le net à l’échelle planétaire.

Cependant, ce message est un piège car ni le slogan et ni les étudiants qui le crient ne remettent en cause le régime des mollahs. Ils remettent en cause la rupture des relations avec les Etats-Unis. « Ce temps où les iraniens étaient heureux » est le temps où le pays n’était pas anti-américain. Les mollahs veulent un accord avec les américains et veulent mobiliser les foules dans la rue pour donner une couleur de plébiscite à leur dernier effort pour conserver le pouvoir.

C’est aujourd’hui aussi que Téhéran a donné son accord aux américains pour une rencontre bilatérale à Bagdad pour la date du 18 décembre. Certes, la rencontre n’est ni au niveau des ministres, ni même au niveau des ambassadeurs, mais au niveau des experts, mais l’affaire a suffisamment inquiété les russes pour qu’ils demandent au ministre des affaires étrangères des mollahs de se rendre à Moscou pour expliquer ses remues ménages. Officiellement Mottaki arrivera à Moscou le 12 décembre pour participer à une réunion de la commission intergouvernementale russo-iranienne pour la coopération économique et commerciale.

Si Téhéran persistait, Moscou pourrait rejoindre les britanniques pour demander de nouvelles sanctions contre Téhéran. Les chinois pourraient bloquer leur nouvelle coopération avec Téhéran et rejoindre le convoie. C’est alors que les mollahs prétendront que les étudiants sont allés trop loin en insultant Khomeiny : avec la méthode des faux opposants, il y a toujours une marge de manœuvre de marche arrière pour les mollahs. Cependant, ce sont là l’une des futures tendances pour les prochaines années et ces étudiants d’un genre inédit [1] s’ajoutent aux autres « faux-opposants fabriqués à Téhéran & promus à Washington ».

© WWW.IRAN-RESIST.ORG

Toutefois, il y a peu de chance que les iraniens apportent leur soutien à ces étudiants appartenant au Bureau de Consolidation de l’unité entre l’université et la mosquée, mais qu’importe puisque les agences de presse écrivent ce qu’elles veulent pour faciliter l’entente entre les mollahs et les Yankees.

© WWW.IRAN-RESIST.ORG

Publié dans IRAN NUCLEAIRE

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