LIBAN : LE HEZBOLLAH SE DONNE 3 MOIS POUR AIDER TEHERAN

Publié le par shlomo

Un attentat perpétré le mercredi 12 décembre matin à 7h (heure locale) au siège du palais présidentiel a coûté la vie au général François Hajj qui était pressenti pour remplacer le général Sleimane à la tête de l’armée libanaise au cas où ce dernier serait nommé à la tête de la magistrature suprême du pays. L’attentat a eu lieu au lendemain d’un huitième report de la séance parlementaire qui devait désigner le chef de l’Etat, report synonyme d’une impossibilité d’organiser un vote avant la fin de l’année, voire avant la mi-mars, date du début de la prochaine session ordinaire du Parlement.

Explications | En effet, selon la constitution libanaise, les hauts fonctionnaires comme les généraux ne peuvent être élus à la magistrature suprême s’ils ne démissionnent pas deux ans avant l’élection. Le Hezbollah a accepté le général Sleimane comme un candidat de consensus, mais ce choix n’est pas constitutionnel ! Il faut un amendement de la Constitution en session extraordinaire convoquée par le Président. Or, justement le pays n’a plus de président car le Hezbollah a bloqué les institutions à des dates précises. La session extraordinaire aurait pu être convoquée par le gouvernement qui est désormais investi des pouvoirs exécutifs, mais le Hezbollah refuse de reconnaître ce gouvernement qu’il a quitté pour provoquer cette impasse constitutionnelle. Finalement, il faut attendre la mi-mars pour la nouvelle session ordinaire.

Pendant trois mois, le Liban sera sans un gouvernement reconnu (par les composants du dialogue soi-disant « inter-libanais »), sans Président, et avec une armée affaiblie par la perte de son directeur des opérations militaires et responsable des opérations contre le groupuscule islamiste du Fatah al-Islam. Le Liban sera de fait livré au bon vouloir de la seule force armée organisée : le Hezbollah, qui est également à l’origine de tous les blocages constitutionnels qui paralysent l’élection d’un nouveau président, la formation d’un nouveau gouvernement ou encore la nomination d’un nouveau commandant de l’armée libanaise.

La mort du général Hajj a été préméditée. Téhéran a bien sûr condamné l’attentat et diagnostiqué une tentative pour briser le « dialogue inter-libanais ». Par l’intermédiaire de son vassal, le Hezbollah, Téhéran s’adjuge le rôle de l’arbitre de la vie politique libanaise. Il renforce son rôle régional à un moment où il doit faire face à de possibles nouvelles sanctions. Durant les 3 mois où le Liban sera sans gouvernement et sans défense, les mollahs tenteront tout pour y faire une démonstration de force afin de contrecarrer la pression internationale contre leur régime.

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Publié dans MONDE ARABO-MUSULMAN

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