IRAN : TROIS OPERATIONS DE MARKETING POUR NARGUER WASHINGTON

Publié le par shlomo

Washington a imposé des sanctions à toutes les banques et les compagnies qui font des affaires avec l’Iran. Ces sanctions bancaires unilatérales ont fini par isoler le régime de Téhéran et même ont arrêté les investissements dans son secteur des hydrocarbures. Alors que Washington promet de faire entrer ces sanctions dans le package du Conseil de sécurité, Téhéran ne cesse d’affirmer qu’il n’est pas touché.

La première opération de communication a été d’officialiser la décision annoncée, il y a un an, le 18 décembre 2006, de remplacer le dollar par l’euro dans les échanges extérieurs. Si la Chine qui a 1000 milliards de dollars de réserve décidait d’en faire autant, cela pourrait être préjudiciable au dollar, mais les mollahs ont surtout des dettes et en optant pour l’Euro ils ne font qu’aggraver leur cas.

Seconde opération de communication : la semaine dernière la Banque Centrale iranienne a publié le chiffre de l’inflation : 19% . Bien que ce taux soit très élevé, il s’agissait en fait de prétendre que l’Iran avait deux fois moins d’inflation. Par la suite, la Banque Centrale a avoué qu’elle n’avait pas tenu compte de l’inflation des loyers et ce alors que cette dépense occupe 50 à 70% des charges des ménages. Et cette semaine, le directeur de la Banque Centrale iranienne a finalement admis que le taux de l’inflation était bien de 40%. Ce taux correspond à celui que nous avions avancé le 23 octobre 2007 en analysant les chiffres officiels de la masse monétaire. Il se pourrait même que l’inflation soit à présent plus forte et se situe entre 40 et 46%.

Parallèlement aux efforts de la Banque Centrale iranienne pour minimiser le taux de l’inflation en Iran, le régime des mollahs a lancé une troisième opération de communication en essayant de prouver que ses revenus étaient en hausse. Ainsi, dès la semaine dernière, Téhéran a commencé à évoquer les volumes de ses échanges commerciaux avec les différents alliés des américains afin de prouver que les sanctions américaines sont sans effet sur les finances du régime : 4 milliards de $ avec l’Italie au cours des 6 derniers mois, annuellement 8 milliards de $ avec la Turquie et 9 milliards de dollars avec l’Inde.

Hélas, malgré cette communication optimiste, le régime des mollahs est dans une situation économique catastrophique : 80% des revenus du pays sont assurés par l’exportation des hydrocarbures. Le problème résulte du fait que les mollahs n’exploitent pas directement les gisements, mais vendent des droits d’exploitation (par des contrats Buy-Back).

Or, depuis des mois, sous la pression des sanctions bancaires américaines, les investisseurs internationaux, Etats ou compagnies pétrolières boudent ce secteur et privent les mollahs des milliards qui pourraient stopper leur banqueroute.

L’un de ces pays est l’Inde qui devait initialement investir 10 milliards de dollars dans un projet de Gazoduc reliant l’Inde à ce pays via le Pakistan. Téhéran évoque le chiffre élevé des échanges avec l’Inde pour inciter ce pays à donner suite à ce projet bloqué directement par les américains. Shiv Shankar Menon, le vice-Ministre indien des Affaires étrangères, était hier à Téhéran pour de nouvelles négociations sur « la poursuite et l’exécution de divers projets dans les domaines de l’énergie et leur transfert ». Téhéran n’ose même plus nommer les choses et demander aux indiens de donner une réponse à leurs multiples demandes pour activer le projet du Gazoduc Iran-Pakistan-Inde. Les temps sont durs et Téhéran ne cherche plus à menacer les mauvais investisseurs d’aller voir des concurrents.

Téhéran nargue Washington avec des chiffres qui ne correspondent pas à la réalité, mais en réalité il semble impuissant face à l’étau américain et les volumes commerciaux élevés affichés par Téhéran ne prouvent rien d’autre que son extrême dépendance envers d’autres qui sont ses fournisseurs.

© WWW.IRAN-RESIST.ORG

Publié dans IRAN NUCLEAIRE

Commenter cet article