LES BREVES DU JOUR

Publié le par shlomo


venezuela.jpgLes médias français le répètent avec gourmandise depuis plusieurs années, l'Amérique latine est à gauche, l'Amérique latine refuse le libéralisme, l'Amérique latine résiste à Georges W.Bush etc...., etc... Rien n'était plus faux. Et la démonstration vient d'en être apportée par le peuple vénézuélien lors du référendum sur le changement de Constitution proposé par leur président Hugo Chavez. Ce dernier voulait notamment inscrire dans la Constitution le caractère socialiste du Vénézuela. Cela aurait permis, par exemple, de mettre fin à la propriété privée selon le bon vouloir des autorités. En disant non à ce projet, alors que ce pays est le centre de la révolution bolivarienne que l'on présente, surtout en France, comme le modèle alternatif sud américain au capitalisme, le peuple vénézuélien a souligné que si il était attaché à combattre les inégalités sociales, il n'était pas prêt à adhérer à un modèle économique socialiste au détriment du libéralisme et du capitalisme. Mais de cela, bien entendu, il ne fut nullement question dans les rédactions françaises. Faut-il s'en étonner ?

--meutes.jpgCar comment nos journalistes pourraient-ils analyser ce qui se passe au Vénézuela lorsqu'ils sont incapables de comprendre ce qui se passe dans les banlieues françaises. Avec les émeutes de 2005 qui ont duré 3 semaines un verrou psychologique a sauté dans les têtes des émeutiers. Durant ces trois semaines, les voyous ont senti qu'ils étaient de taille à rivaliser avec les forces de l'ordre. Ils ont surtout vu l'Etat français mettre un genou à terre. Il y a un équivalent historique à cette situation. Lorsque les peuples des colonies françaises ont vu la France impériale prendre une déculottée historique devant l'Allemagne hitlérienne, ils ont compris que la République n'était plus qu'un tigre de papier. Dès la fin de la Seconde guerre mondiale ces différents peuples ont tiré les leçons de la débâcle de 1940 pour lancer l'insurrection contre la présence française. Ils se trouvent que les délinquants qui sont présents au coeur de nos cités ont tiré les mêmes conclusions de l'inefficacité des autorités à réprimer sévèrement les émeutes de 2005. Celles de Villiers le bel en 2007 ont marqué ainsi une nouvelle escalade avec une généralisation des tirs et des embuscades contre les policiers. Puis viendra le temps de l'utilisation des armes de guerre massivement présentes dans les cités. Nous assistons progressivement à la balkanisation de nos quartiers. Les islamistes qui suivent attentivement la situation française savent désormais ce qu'il convient de faire. Si des attentats sur le mode de Madrid ou de Londres ne peuvent être exclus (notamment par la branche algérienne d'Al-Qaïda), les têtes pensantes de la nébuleuse islamiste ont décidé d'appliquer à la France le modèle kosovar. Des mercenaires venus d'Afrique sont déjà présents en France. De même que les djihadistes "locaux" partis s'exercer en irak constitueront demain le fer de lance des futures insurrections. Si les dictatures arabes ont eu leurs "Afghans", nous aurons nos "Irakiens". C'est un secret de polichinelle pour qui s'intéresse à ces questions. Si les précédentes émeutes étaient inorganisées cela ne sera plus le cas des prochaines. Ce qui va permettre d'observer une période plus tranquille dans un premier temps. Période qui correspondra à la durée nécessaire à leur organisation et qui ne manquera pas de donner lieu à des commentaires médiatiques ou politiques lénifiants puisque ce calme apparent sera analysé comme une amélioration sensible de la situation. Malheureusement il n'en sera rien. Ce sera plutôt le calme qui précède la tempête.

les-fous-de-dieu-du-Hezbollah-effectuent-le-salut-nazi.jpgLa socialiste Ségolène Royal s'est dite "choquée" par la visite effectuée par le dictateur libyen Moummar Kadhafi. A la veille de l'arrivée à Paris du président libyen, l'ex-candidate socialiste à la présidentielle avait jugé "tout simplement odieux, très choquant, même inadmissible que la France aille cautionner un système de tortures en prison", en référence aux soignants bulgares qui étaient détenus en Libye, jusqu'à leur libération en juillet. Pourtant, madame Ségolène Royal ne s'était pas sentie choquée de dialoguer avec les représentants du Hezbollah lors de sa visite au Liban à l'automne 2006. Pas davantage choquée par les manifestations militaires des partisans de ce mouvement qui n'hésitent pas à saluer selon le rituel hitlérien. Pas choquée enfin par le discours d'un membre de ce parti islamo-fasciste qui avait comparé devant elle Israël à l'Allemagne nazie sans qu'elle juge utile de quitter la salle. Comme dit le dicton, "on voit la paille dans l'oeil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien". 


Ce qui se passe en Algérie, les attentats du 11 décembre, n'étonnera pas les lecteurs de Rebelles.info. Dans les brèves du jour du 10 septembre (
http://www.rebelles.info/article-12275427.html) j'avais déjà expliqué ce qui était en train de se passer en Algérie et les risques de cette situation, notamment pour la France. Inutile d'y revenir si ce n'est pour constater que le processus poursuit son chemin. En revanche si j'évoque aujourd'hui l'Algérie, c'est pour dénoncer la bêtise de l'éditorialiste du Journal "Le Progrès de Lyon". Dans son éditorial du 12 décembre ce journaliste n'a pas hésité à dire rageusement que Georges W. Bush pouvait bien crier victoire en Irak, cela n'empêchait pas Al-Qaïda de frapper en Algérie. Ce commentaire hallucinant appelle plusieurs réflexions :

1. C'est la première fois qu'un éditorialiste français laisse deviner ce que les lecteurs de Rebelles.info savent depuis longtemps. A savoir que la nouvelle stratégie du général américain Petraeus a permis une amélioration très sensible de la situation sécuritaire en Irak. Il a fallu un attentat sanglant en Algérie et une comparaison stupide pour pouvoir le lire dans la presse française.

2. Comparaison stupide qui s'explique par l'incapacité de ce journaliste français à avouer les succès américains en Irak. Par son incapacité à reconnaître que, finalement, Georges W.Bush va peut-être réussir en Irak. Par son incapacité à reconnaître que ses sombres prédictions sont en train de s'évanouir comme les mirages du désert. Incapacité, auquel s'ajoute une malhonnêteté intellectuelle, qui conduit ce journaliste à trouver dans les attentats en Algérie une justification à ses fausses prédictions irakiennes. Il est toujours difficile de reconnaître que l'on s'est trompé. Nous avons tous connu cette expérience. Il n'est pas agréable de se remettre en cause. C'est une aventure intérieure pénible. Tellement pénible qu'elle conduit un journaliste à utiliser un attentat d'Al-Qaïda pour tenter de démontrer qu'il n'avait pas tort sur l'Irak. A la fois pathétique et révélateur de l'état de la presse française.  

3. Car cette comparaison est non seulement stupide mais de mauvaise foi. Georges W. Bush n'a jamais affirmé que la victoire en Irak réglerait définitivement le problème du terrorisme. Les succès en Irak n'empêcheront pas Al-Qaïda de frapper ailleurs. Les Américains en ont parfaitement conscience. Mais eux au moins, à la différence de ce journaliste, ne semblent pas s'en réjouir. Il ne s'agit que d'un volet d'un conflit planétaire et de très longue haleine. Mais il est vrai que pour l'Europe munichoise nous ne sommes pas en guerre. Il est dès lors impossible pour nos journalistes d'avoir une vision globale et à long terme du conflit en cours.

Dans sa dernière chronique Guy Millière, http://www.rebelles.info/article-14565625.html, déclare qu'il a choisi d'intituler son dernier livre « Houdna » parce que c’est un mot arabe qui veut dire « trêve » et qu'il a été employé par les nationalistes arabes hier, et l’est par les islamistes aujourd’hui. Et d'ajouter que si il y a des « trêves », il n’y a pas de paix. Il a entièrement raison. Les mots ont un sens. Ainsi doit-on remarquer que les mouvements islamo-fascistes parlent presque toujours de "trêve" mais très rarement de "paix". C'est à l'occasion de la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes, et devant les pressions internationales qui s'exerçaient alors, qu'on a commencé à entendre des dirigeants de ce mouvement terroriste parler de "longue trêve possible avec Israël". Pourquoi cette sémantique précise ?

Ecoutons le géopoliticien Alexandre Del Valle* : "Le but de la théocratie d'Allah est de s'étendre à la totalité du monde. Il faut convertir l'Autre ou l'asservir à ses lois....On doit obligatoirement lui faire la guerre ou le soumettre. La notion de paix (salam) est exclue est ne peut-être concevable qu'au terme d'une conversion ou d'une soumission à l'islam. Toutefois, le Coran prévoit une exception à cette règle : la "demeure de l'islam" peut contracter une trêve avec la "demeure de la guerre" (territoire non soumis à l'islam, ndlr) si la conjoncture politique l'impose et si cette trêve permet aux Musulmans de prêcher leur doctrine en territoire infidèle sans exiger en contrepartie le même droit de prédication non-musulmane à l'intérieur de la "demeure de l'islam". La trêve, ou conciliation, n'est concevable que si elle est destinée à assurer, à terme, la suprématie totale de l'islam."

L'utilisation du mot "trêve" par le Hamas n'est donc pas innocent et répond à une obligation religieuse. Khaled Mechaal, qui dirige le bureau politique du Hamas à Damas, ne dit rien d'autre lorsqu'il déclare : "Nous ne reconnaîtrons pas l'existence de l'occupation israélienne (comprendre l'existence de l'Etat israélien lui-même, ndlr), mais nous sommes réalistes et nous savons que les choses se font graduellement...Être contre l'occupation ne signifie pas que l'on peut éliminer Israël du jour au lendemain." On le voit, les preceptes coraniques sont parfaitement assimilés par cet islamo-fasciste. C'est à l'Occident et à Israël de ne pas se laisser duper et enfermer dans le piège de la sémantique islamique et d'exiger non pas une trêve mais une paix véritable. Les mots, j'insiste là-dessus, ont leur importance.

* Alexandre Del Valle in "Islamisme et Etats-Unis, une alliance contre l'Europe".

David Bescond pour Rebelles.info

Publié dans FRANCE

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