LE SOMMET VISIBLE DE LA COOPERATION TECHNICO-MILITAIRE RUSSO-IRANIENNE

Publié le par shlomo

Moscou est l’ami des mollahs et il le leur montre. Alors que les occidentaux s’agitent pour trouver un consensus pour une nouvelle résolution, et évoquent de nouvelles sanctions touchant le programme nucléaire ou balistique de l’Iran, la Russie affiche son soutien à la coopération technico-militaire entre les deux pays.

Moscou a promis d’aider les mollahs dans leur projet de l’assemblage des hélicoptères Ka-32 russes sous licence et a signé pour la livraison de moteurs d’avions russes RD-33 pour équiper un chasseur supersonique polyvalent de conception (soi-disant) iranienne qui doit remplacer le F-5 américain fourni dès 1970.

Les mollahs ont besoin d’affirmer qu’ils ont des capacités techniques militaires et leurs amis russes participent à ces opérations de propagande. L’intérêt principal est que d’autres sanctions viseront le secteur militaire iranien et Téhéran sera de plus en plus dépendant des produits russes et de la coopération technico-militaire russe !

L’Iran avait amorcé il y a deux ans des négociations concernant l’assemblage en série des hélicoptères Ka-32, mais celles-ci avaient été interrompues. La reprise des négociations comme la livraison du combustible nucléaire à Téhéran montre l’intérêt des russes à faire partie de la crise entre les mollahs et Washington et quand la crise stagne, Moscou n’hésite pas à relancer la crise en aidant les mollahs à l’amplifier. Cependant, ceci n’est que le sommet visible de l’iceberg.

La coopération technico-militaire russo-iranienne ne s’arrête pas à ce que diffuse Ria Novosti puisque selon le quotidien iranien Jâm-é-Jam, les premiers experts russes sont arrivés dimanche dernier en Iran pour installer les 29 systèmes anti-missiles TOR-M1 [1] vendus pour 700 millions de dollars à l’Iran et commencer la formation des opérateurs iraniens. Ce système anti-missile renforcera la stabilité dans la région ! Mikhaïl Dmitriev, le directeur du Service fédéral pour la coopération technico-militaire, l’auteur de la formule citée a ajouté que le système de missiles anti-missiles se trouvait à la pointe des priorités de la coopération technico-militaire russo-iranienne !

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[1] TOR-M1 est un Missile Surface-Air à moyenne portée qui a été conçu pour engager des avions et autres hélicoptères mais aussi des missiles de croisières. Ce système d’arme est apte à mettre en oeuvres des charges coventionnelles et NBC. Le bataillon de défense antiaérien sur Tor-M1 compte quatre batteries à quatre lanceurs chacune.

Le véhicule de lancement dispose de huit missiles 9M331 pouvant être lancé verticalement, d’un radar de surveillance 3D, d’un radar d’acquisition et d’un système TV. Une fois qu’un aéronef est repéré par le radar d’acquisition à une protée de 27 kilomètres, il est identifié est surveillé. S’il se révèle hostile, il est pris en charge par le radar de guidage à partir de 12 kilomètres pour une altitude allant jusqu’à 6000 mètres.

Si nécessaire, l'ordre de tir est donné. Contrairement aux autres systèmes AA, le Tor-M1 tire immédiatement deux missiles. Si l'avion est capable d'éviter le premier, il a très peu de chances d'éviter l'impact du second. Le missile fonce sur sa cible à une vitesse de 850 mètres par seconde et l'ensemble de la batterie peut déclencher un tir de 16 missiles en même temps. Pour éliminer une batterie, il faudrait que l'ennemie lance un "stryke" de 20 avions avec le risque d'en perdre un quart, sans compter sur les systèmes AA ZSU 23-4 ou Oerlikon de 35 mm qui traîneraient dans le coin pour protéger les lanceurs Tor-M1.

Chaque lanceur dispose de son propre radar d’acquisition capable de surveiller 10 cibles. Le lanceur peut tirer deux missiles sur le même aéronef ou tirer sur deux cibles et toutes les opérations se font avec une commande digitale. La probabilité de toucher la cible est de 60 à 90% pour un missile de croisière, 80 à 90 pour un hélicoptère et de 60 à 95% pour un avion de combat.

Une fois le tir commandé, le missile et son tube de rangement s'éjectent verticalement grâce à un système hydraulique, la mise à feu se fait immédiatement et le missile se désolidarise du tube. Ce système permet d'orienter le missile dans n'importe quelle direction.

La Chine possède 35 systèmes dont les premiers furent livrés en 1998. L'Iran a commandés 29 systèmes, le 04 décembre 2005. | Images de TOR-M1 |

Publié dans IRAN NUCLEAIRE

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