DEUX SOLDATS COLONS ISRAELIENS....

Publié le par shlomo

Deux soldats COLONS israéliens…
Menahem Macina
 

30/12/07

 

 

Après une rémission de quelques mois (due, en grande partie, à la raréfaction des attentats suite au traitement de choc préventif de mesures de sécurité israéliennes draconiennes), les métastases littéraires du cancer du colon, dont est atteinte la presse inconditionnellement acquise à la cause palestinienne, reprennent leur prolifération.

 

C’est ainsi que, le 28 décembre, une dépêche de l’eurabienne AFP arbore ce titre, révélateur de cette maladie fatale :

 

"Deux soldats colons israéliens et un Palestinien tués en Cisjordanie".

 

Pour mémoire, précisons ce que ce titre élude :

 

1)     le Palestinien "tué" était l’un des assaillants des deux Israéliens victimes d’une embuscade, qui se sont bravement défendus avant de succomber.

2)     Le drame s’est produit, non au cours d’une de ces maudites attaques coloniales et fascistes menées par les bandits sionistes contre l’innocente population palestinienne, dont ils occupent illégalement le pays, mais durant une pacifique excursion que faisaient les deux soldats en permission dans les environs de Hébron.

 

Quant à la phraséologie - qui consiste à apposer, mine de rien, l’épithète de "colon", aux victimes israéliennes, afin que le lecteur ou la lectrice intériorisent, comme il se doit, que s’il est arrivé malheur à ces Israéliens, c’est la faute à l’occupation et à la colonisation "barbares" dont ils se rendent coupables chaque jour depuis une soixantaine d’années -,  je l’ai, en son temps, appelée "l’euphémisme du colon".

 

Son retour en force, avant-hier, m’a rappelé une dépêche de la même agence, en date du 9 mai 2004, qui titrait (1): "Tirs durant une cérémonie en mémoire d'une femme colon et de ses quatre filles" (2). Sa première phrase donnait le ton :

 

« De vifs échanges de tirs ont éclaté dimanche soir entre des Palestiniens et des soldats israéliens, lors d'une cérémonie à la mémoire d'une femme colon et ses quatre filles, tuées le 2 mai lors d'un attentat, a constaté un journaliste de l'AFP. »

 


Je l’ai dit et répété, ad nauseam, dans de précédents billets d’humeur, amertume et dérision, sont les deux seuls palliatifs qui permettent à l’âme juive d’endurer le multiséculaire supplice qui est le sien.

 

Consolation combative, certes dérisoire, mais moins exposée au blasphème que celle-ci, tirée des Lamentations de Jérémie, qui, pourtant, convient mieux, au moins pour celles et ceux qui croient encore à l’éternelle vérité des Ecritures saintes :


"Vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s'il est une douleur pareille à la douleur qui me tourmente, dont l’Eternel m'a affligée au jour de sa brûlante colère… Tous mes braves, le Seigneur les a rejetés du milieu de moi. Il a convoqué contre moi une assemblée pour anéantir mon élite. C'est pour cela que je pleure; mes yeux fondent en larmes, car il est loin de moi, le consolateur qui me rendra la vie… (Lm 1, 12.15.16)

 

Mais qu’on ne s’y trompe pas, Jérémie n’a pas que ses lamentations à offrir à l’Israël torturé, témoin cet autre passage :


"J'ai invoqué ton Nom, Seigneur, de la fosse profonde. Tu entendis mon cri, ne sois pas sourd à ma prière, à mon appel. Tu te fis proche, au jour où je t'ai appelé. Tu as dit: Ne crains pas! Tu as défendu, Seigneur, la cause de mon âme, tu as racheté ma vie. Tu as vu, Seigneur, le tort qui m'était fait: rends-moi justice. Tu as vu toute leur rage, tous leurs complots contre moi […] les propos que chuchotaient mes adversaires contre moi, tout le jour. Qu'ils s'asseyent ou se lèvent, regarde: je leur sers de chanson. Rétribue-les, Seigneur, selon l'oeuvre de leurs mains. Mets en leur coeur l'endurcissement, ta malédiction sur eux. Poursuis-les avec colère, extirpe-les de dessous tes cieux. " (Lm 3, 55-66).

 

 

Si j’avais été présent, samedi soir, aux funérailles Ahikam Amihaï et David Roubin - deux  garçons de Kyriat Arba, âgés d’une vingtaine d’années, cruellement fauchés à l’aube de leur vie d’homme, pour le seul crime d’être des Juifs nés sur le sol de leur patrie ancestrale -,  j’aurais mis secrètement dans leur bouche, scellée jusqu’à la résurrection des morts, ce cri prophétique de Job :

 

"Je sais, moi, que mon Défenseur est vivant, que lui, le dernier, se lèvera sur la poussière. Après mon éveil, il me dressera près de lui et, de ma chair, je verrai Dieu. Celui que je verrai sera pour moi, celui que mes yeux regarderont ne sera pas un étranger.  Et mes reins en moi se consument. Lorsque vous dites: Comment l'accabler, quel prétexte trouverons-nous en lui? Craignez pour vous-mêmes l'épée, car la colère s'enflammera contre les fautes, et vous saurez qu'il y a un jugement. " (Jb 19, 25-29).

 

 

 

Menahem Macina

 

 

© upjf.org

 

-----------------------

 

(1) Voir mon article : " Les 'Bons' font du mal aux 'Mauvais': l'euphémisme du 'Colon' ". 

 

(2) Il s'agissait de l'assassinat de Tali Hatuel et de ses quatre petites filles, mitraillées à bout portant après que la voiture où elles se trouvaient ait été attaquée par des terroristes palestiniens, à l'entrée de l'implantation du Goush Katif. Voir: "Une israélienne et ses 4 enfants tués dans la bande de Gaza".

 

 

La maman, Tali, 34 ans, enceinte de 8 mois



et ses quatre enfants



Hila, 11 ans, Hadar, 9 ans, Roni, 7 ans, et Merav, 2 ans – zikhronan livrakhah !

David, le père, reste veuf et sans enfant !



(Cliché AP)

 

 

-----------------------

 

Mis en ligne le 30 décembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

Publié dans TERRORISME

Commenter cet article