L'IRAN CONTRE LA RUSSIE !

Publié le par shlomo

Le régime des mollahs vient de passer un incroyable accord avec la compagnie gazière italienne Edison à l’issue duquel, cette compagnie s’est adjugée 147 milliards de mètres cubes de gaz pour un tarif ridicule et presque nul. De prime abord, l’affaire paraît déraisonnable et louche, mais les mollahs ont à y gagner plus que l’on ne le croit. |
Décodages |

En fait, en moins d’un an, Edison pourra produire 47 milliards de mètres cubes (Gm3) de gaz en Iran. Mais là ne s’arrête pas l’aventure. Comme l’a dit Paolo Scaroni, le patron d’ENI (champion de la collaboration pétrolière avec les mollahs), l’Iran est Eldorado du marché mondial du gaz !

Il convient donc ajouter les 47 Gm3 de gaz du gisement de d’Edison aux 21 Gm3 de gaz des phases 4 et 5 du gisement Pars Sud actuellement produits par ENI et aux 8 Gm3 produits par Total sur les phases 2 et 3 du même gisement. À la lumière de ces additions, on peut affirmer qu’avec 76 Gm3 de gaz, l’Iran est en train de devenir l’un des principaux fournisseurs de gaz de l’Europe et ce n’est qu’un début.

Actuellement l’Europe consomme environ 502 Gm3 de gaz par an et l’Iran en fournit près de 15%, mais ce gaz n’est pas vendu par les mollahs ; il est pré-vendu (en contrat Buy-back) à des compagnies européennes opérant en Iran : Total, Shell, Eni, Edison… Si les différents projets de développement du gisement Pars sud (South Pars) d’une capacité globale de 7,785 à 14,000 Gm3 de gaz démarraient avec l’aide de ces compagnies, le volume de gaz iranien destiné à l’Europe doublerait (ou triplerait) du jour au lendemain. C’est une révolution qui serait synonyme d’un soutien incontournable de l’UE au régime des mollahs.

L’opération a également un aspect géopolitique : actuellement, le principal fournisseur de gaz de l’Europe est Gazprom, la compagnie nationale russe, qui grâce à ses revenus est devenue la première entreprise au monde, toutes catégories confondues et loin devant Microsoft.

Gazprom pourvoit actuellement à la hauteur de 25% les besoins gaziers de l’Europe. Les compagnies opérant en Iran espèrent remplacer le gaz russe par le gaz iranien et ce pour plusieurs raisons : le gaz iranien est presque gratuit et en privant la Russie du marché européen, ces compagnies vont diminuer les bénéfices du Gazprom qui réaliste 60% de son chiffre d’affaires en Europe. Les compagnies européennes cherchent donc à éliminer un concurrent peu commode sur le marché mondial du pétrole et du gaz.

Afin de demeurer au pouvoir sans que l’on ne cherche à les renverser, les mollahs sont prêts à vendre le pétrole pour presque rien et quelques commissions occultes. Cette opération européenne n’est pas seulement dirigée contre Gazprom ou contre la Russie qui utilise la dépendance gazière de l’Europe comme un moyen pour redevenir un grand acteur géopolitique de la scène internationale. Cette opération est également dirigée contre les Etats-Unis qui espèrent conclure un accord avec les mollahs. Cet accord pourrait être synonyme d’une remise en cause des contrats pétroliers européens en Iran et d’un contrat d’exclusivité avec les compagnies américaines.

Plus les américains s’activeront pour forcer les mollahs à accepter un accord et plus les Européens se montreront attentifs aux appels de détresse des mollahs qui souhaitent disposer d’un allié de poids qui n’a en échange, contrairement à la Russie, aucune exigence géopolitique contraire aux intérêts des mollahs.

Cependant, bien que volontaires, les Européens ne peuvent ouvertement soutenir Téhéran et contrer les sanctions bancaires américaines. De ce fait, Téhéran aura encore besoin de Moscou ou de Pékin qui ont sans doute compris le danger pour eux que les mollahs cessent d’être leurs alliés anti-américains. Quant aux américains, ils agitent la menace iranienne, pour contrer l’opération « gaz gratuit contre soutien européen ».

De plus s’approchant des Européens, les mollahs pourraient aussi ouvrir une voie d’accès maritime vers l’Asie Centrale en optant pour le « statut de mer » pour la Caspienne. Ce serait un nouveau coup dur pour Gazprom et pour le retour en force de l’ex-URSS… La situation est donc extrêmement délicate pour la Russie qui doit trouver un moyen pour empêcher la fuite des mollahs.

En revanche, puisque tout le monde cherche une alliance avec les mollahs ou cherche à les garder comme allié, tout le monde cherchera à les satisfaire et par conséquent on peut prédire une période de statu quo là où les mollahs ont des exigences comme au Liban.

En prime, le gaz gratuit iranien fera baisser les prétentions des autres pays producteurs : les occidentaux retrouvent le « temps béni » de l’avant OPEP. Avec l’aide des mollahs, l’Orient a été vaincu.

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Publié dans IRAN NUCLEAIRE

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