IRAN : NEGOCIATIONS SECRETES AVEC ISRAEL ....

Publié le par shlomo

Iran : Négociations secrètes avec Israël pour mini-entente avec Washington
13.03.2008

Patrick Saint-Paul, le correspondant du Figaro a Jerusalem, a écrit un article fort instructif dans le dernier numéro de ce quotidien : en accord avec l’Administration Bush, Israël aurait mandaté l’Égypte pour négocier secrètement une trêve de longue durée avec le Hamas, le vassal du régime des mollahs au Moyen-Orient.

Certes nous vous recommandons cet article de Patrick Saint-Paul, mais il convient de ne pas s’attarder sur le Hamas et de regarder plus loin en direction de Téhéran, où le régime des mollahs a toujours cherché à amplifier la crise afin de faire admettre aux américains qu’il fallait négocier avec Téhéran pour avoir la paix.

Il est intéressant de noter que durant la semaine dernière, Mottaki, le ministre des affaires étrangères des mollahs se trouvait au Caire sans aucune explication valable. Il a même eu une conversation avec le ministre saoudien des affaires étrangères à l’aéroport du Caire. Selon les dépêches publiées à ce moment, il se disait en transit et ce alors qu’il ne venait d’aucun pays nécessitant une escale au Caire… En tous les cas, il paraît comme un interlocuteur plus approprié que l’Egypte pour négocier avec le Hamas.

Il y a un second aspect qui est très justement signalé par Patrick Saint Paul : « Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, craint d’être le grand perdant de ces tractations, qui pourraient offrir au Hamas sa première victoire diplomatique après des mois d’isolement total. Les négociations qu’il mène lui-même avec Israël ne se sont pas traduites par un progrès sur le terrain, Israël n’ayant pas levé ses barrages et poursuivant l’extension des colonies en Cisjordanie ». Les craintes d’Abbas sont fondées. Les américains, républicains et démocrates confondus (comme par exemple Bush et Carter), ont toujours insisté pour introduire un processus démocratique là où les islamistes sont populaires grâce à leur langage très guerrier. Ce processus électoral a ainsi donné une légitimité au Hamas. Ces négociations secrètes renouvellent cette légitimité représentative.

A présent les mollahs disposent de deux leviers d’ingérence dans la région [1], mais deux leviers reconnus par la super-puissance américaine : si vous n’y voyez pas le signe d’une volonté persistante d’entente avec les mollahs, c’est que vous êtes bien naïfs. Ces mini ententes préparent le train pour une entente générale avec l’Iran, entente indispensable pour Washington s’il veut prendre en main l’Asie Centrale pour priver la Chine des ressources énergétiques de cette région.

La Russie aussi est dans l’œil du cyclone, car une alliance Téhéran-Washington la privera de l’exclusivité d’accès au gaz de l’Asie Centrale et fera disparaître ses ambitions économiques ou géopolitiques [2].

La possibilité d’une mini-entente Téhéran-Washigton en liaison avec le Hamas a fait vaciller Moscou dans sa certitude sur la solidité de ses relations avec Téhéran. D’autant plus qu’à Téhéran, les mollahs restent zen et attendent que les américains bougent d’autres pions pour faciliter d’autres mini ententes à propos du Liban ou de l’Irak.

C’est dans ce contexte que la Russie a immédiatement expédié son ministre des affaires étrangères à Paris pour faire y des déclarations liées à l’Iran. Lavrov s’est dit catégoriquement opposé à toute ingérence extérieure dans les affaires intérieures du Liban dans le but de désamorcer la crise politique dans ce pays ! Il a aussi soutenu le programme nucléaire des mollahs, affirmant qu’il fallait laisser respirer les mollahs (un dessaisissement du CS ?), une manière de prouver que Moscou peut encore être très utile à Téhéran pour faire lever les sanctions.

C’est dans ce contexte très particulier où les américains multiplient les efforts pour arriver à une entente vitale pour leur hégémonie mondiale que certains évoquent encore la possibilité d’une attaque américaine contre l’Iran, au mépris de toutes les données géopolitiques et pétrolières.

© WWW.IRAN-RESIST.ORG

[2] Axe Téhéran-Moscou-Pékin | La Chine et la Russie sont des alliés stratégiques des mollahs. Ces deux Etats ont besoin de l’Iran et de ce régime pour contrer les américains en Asie Centrale (cas russe & cas chinois) et au Moyen-Orient. A titre d’exemple, la Chine fournit des armes à Téhéran pour la guérilla irakienne... | Source :
Iran : Décodages d’un retournement inattendu de la Chine et de la Russie |

Publié dans IRAN NUCLEAIRE

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