Quand Israël flirte discrètement avec les Moudjahiddines du Peuple

Publié le par shlomo

Le 2 mai, une dépêche de l’AFP affirmait que lors d’une conférence du Forum Berlinois pour la liberté au Moyen-Orient (Mideast Freedom Forum Berlin), des intellectuels israéliens, allemands et iraniens avaient révélé que le gouvernement d’Angela Merkel s’opposait à l’adoption des sanctions européennes à l’encontre de l’Iran. Nous nous sommes intéressés au panel des conférenciers et nous n’avons pas été déçus !

Le Forum Berlinois pour la liberté au Moyen-Orient ou Mideast Freedom Forum Berlin n’a en fait qu’un seul sujet : l’Iran. Il est en fait une nouvelle vitrine pour les faux opposants iraniens liés à Washington, opposants que nous qualifions de Chalabis iraniens.

En 1979, les Etats-Unis voulaient éliminer le Chah, la monarchie et l’armée iranienne, facteurs d’unité nationale et de stabilité régionale, afin de les remplacer par une république fédéraliste à dominante islamo-gauchiste et dirigée par les ex-Mossadeghistes (islamo-socialisto-tiers-mondiste) et les Moudjahiddines du Peuple, islamo-marxistes partisans de l’autodétermination du Kurdistan iranien.

L’objectif était de diviser l’Iran, semer un vent de séparatisme au Moyen-Orient, exploser l’OPEP, mais aussi créer une zone instable afin d’envoyer une onde de choc de séparatisme islamo-ethnique dans les républiques soviétiques de l’Asie Centrale et chez les Ouïgours (musulmans chinois) de la région minière de Xinjiang.

Cependant, les pions islamo-gauchistes des américains (très utiles pour jouer sur les deux tableaux) étaient dépourvus de bases populaires, les américains ont donc axé la révolution sur l’Islam pour mobiliser les masses avec l’aide des mollahs qui avaient promis de gagner Qom ! Ils ne se doutaient pas que les mollahs allaient garder le pouvoir. Les islamo-gauchistes et leurs alliés communistes ont depuis cette époque l’habitude de dire que les mollahs leur ont volé « leur révolution ».

Depuis quelques années, Washington a tout tenté pour s’entendre avec les mollahs. Mais les conditions de cette entente proposée par Washington ne conviennent pas aux mollahs qui leur résistent et font tout leur possible pour obtenir les conditions qu’ils souhaitent. Il y a plus de trois ans, Washington a donc décidé de changer de tactique et a opté pour une autre approche. Un groupe hétéroclite a été constitué avec les agents du régime envoyés à l’étranger pour militer pour une entente et les ex-révolutionnaires chassés par les mollahs (hormis les Moudjahiddines du Peuple, qui sont haïs en Iran). Ils ont été baptisés « groupe de Berlin » en raison de la tenue de leur première conférence organisée dans cette ville.

Le groupe était formé pour réaliser un projet intermédiaire qui proposait aux mollahs d’organiser des élections libres (ou référendum) avec la participation des ex- afin de montrer leur ouverture à la démocratie ! Des conférences ont été organisées à Londres, à Paris ou à Berlin et la vedette de cette mascarade était Kambiz Rousta, le doyen des ex-révolutionnaires gauchistes de 1979.

C’est sans doute pour aider ce projet que le Forum Berlinois pour la liberté au Moyen-Orient a été créé puisque pour sa première conférence en 2007, il a invité Rousta. Ce projet est presque mort parce que les mollahs qui avaient marché un certain temps ont réalisé qu’ils étaient en train de faire exploser leur régime de l’intérieur. Dès lors, ils se sont retirés et les américains ont adopté une attitude plus agressive en décidant d’ouvrir le groupe aux Moudjahiddines du Peuple.

C’est ce qui nous ramène à cette édition 2008 de la conférence annuelle du Forum Berlinois pour la liberté au Moyen-Orient. La nouveauté avec cette 2nde conférence du Forum qui s’est tenue les 2 et 3 mai était l’arrivée des représentants du CNRI, alter-ego des Moudjahiddines, et de leurs lobbyistes : l’américain Patrick Clawson (qui travaille avec Daniel Pipes) et le député-danseur portugais Paulo Casaca, qui est également membre du groupe parlementaire européen d’amitié avec Israël.

Les top dirigeants des Moudjahiddines du Peuple (organisation classée comme groupe terroriste) n’étaient pas présents, ils avaient envoyé des représentants de deux formations politiques qui sont des émanations de leur organisation tentaculaire. Il s’agissait du « Democratic Party of Iranian Kurdistan » et « Green Party of Iran », les Verts iraniens, qui peuvent compter sur le soutien officiel des verts français et allemands, les alliés efficaces des Moudjahiddines du Peuple aux Parlements nationaux et européens.

Etaient également présents, Elie Wiesel, Menashe Amir, du ministère des affaires étrangères israélien, Javad Assadi (membre du groupe de Berlin et professionnel des pétitions en faveur de tous les faux opposants made in Iran), Nasrin Amir-sadighi, une ex-révolutionnaire qui travaille pour le Forum, Matthias Küntzel et des journalistes (2 allemands, 2 israélien et un iranien).

Küntzel qui se dit un politologue allemand spécialiste de l’Iran est spécialiste d’articles fleuves où il diffuse un tas de contre-vérités. Dans ses interminables articles, l’allemand Küntzel cite en abondance le lobbyiste américain Micheal Ledeen, un autre politologue comme lui issu des services secrets afin de gommer le rôle des américains ou de Brzezinski dans la révolution de 1979.

La seconde figure importante du panel était Menashe Amir, un israélien d’origine iranienne qui était responsable de la branche persane de la Radio Israélienne pendant la révolution de 1979, d’où il aidait les révolutionnaires promus par Washington. Il est resté à ce poste jusqu’en 2005 avant de prendre la direction de l’ensemble des communications israéliennes destinées à l’Iran dans le cadre de la promotion du groupe de Berlin ou encore les agents de charme du régime des mollahs. Menashe Amir était présent à la dernière conférence à Paris du groupe de Berlin et selon notre reporter qui avait infiltré la réunion, il est très actif comme organisateur. Et enfin, on retrouve aussi dans le panel Elie Wiesel qui avait commencé une conférence consacrée à l’Iran dans l’enceinte de Sciences Po (à Paris) en s’écriant par souci de ne pas heurter l’islam et les musulmans : mais pourquoi ces iraniens veulent-ils nous détruire ?

Au regard de la conduite exemplaire des iraniens dans l’histoire il s’agissait d’un réel affront : Pour assurer un effet théâtral, Wiesel avait volontairement oublié la libération du peuple juif par Cyrus le Grand, le sauvetage de 38,000 juifs européens par les ambassades du Chah d’Iran pendant l’occupation nazie, le sauvetage des juifs irakiens et égyptiens dans les années 50…

Au retour, nous sommes en droit de nous demander, mais pourquoi les (dirigeants) israéliens veulent-ils toujours aider les ennemis de l’Iran comme en 1979 et puis en 1985 pour armer les mollahs pour qu’ils continuent une guerre qui a démoli l’Iran et son peuple…

Mais cette réponse est vraiment inutile. Ces conférences à huis clos entre de vieux espions à la retraite et les détritus de la révolution de 1979 ne changeront rien en Iran. Les iraniens n’aiment pas ces faux opposants séparatistes et préfèrent encore ne rien faire qui puisse détruire le seul bien qu’il leur reste : une patrie. Les juifs qui ont traversé l’histoire pour en trouver une devraient pourtant comprendre cet attachement, d’autant plus puissant que cette patrie existe non pas depuis 60 ans, mais depuis plus de trois mille ans.

© WWW.IRAN-RESIST.ORG

Pour en savoir + sur le même sujet :
-  L’Iran et l’ambiguïté de la diplomatie Israélienne
-  (20 SEPTEMBRE 2007)

Publié dans IRAN NUCLEAIRE

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