LES BREVES DU JOUR

Publié le par shlomo



Le 14 avril (http://www.rebelles.info/article-18570273.html) je faisais part des rumeurs dans les chancelleries sur un conflit majeur au Proche-Orient dans les prochains mois. Ces rumeurs ne se sont pas apaisées depuis. Bien au contraire. Selon un rapport des renseignements israéliens remis la semaine dernière aux Américains et aux Britanniques, Téhéran pourrait disposer de suffisamment de plutonium pour produire ses premières armes nucléaires avant la fin de l'année. Jusque là les services israéliens penchaient plutôt pour 2009 voire 2010. D'autre part, Israël qui jusqu'à présent avait choisi de faire confiance à l'option diplomatique, semble désormais à bout de patience devant l'impasse provoquée par l'intransigeance des mollahs iraniens. Le vice-Premier ministre israélien, Shaoul Mofaz, a déclaré la semaine dernière : "Israël ne tolérera pas que l'Iran se dote de l'arme nucléaire. Cette fois-ci le peuple juif ne le permettra pas. Pour empêcher cela tous les moyens sont légitimes." L'avertissement a le mérite d'être clair. La Syrie est bien placée pour savoir que l'Etat hébreu ne plaisante pas à ce sujet. D'autre part il semble que Moscou commence progressivement à lâcher l'Iran sur la question du nucléaire. La Russie semble se lasser de l'intransigeance iranienne sur ce dossier. Le refus par Téhéran de la dernière offre des six grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) n'a en outre rien fait pour arranger les choses. Enfin, il y a un facteur qui semble également jouer en faveur d'une intervention militaire : la flambée du pétrole. Jusqu'à présent en effet l'un des arguments en faveur d'une non-intervention était le risque de voir les prix du pétrole flamber en cas de conflit. Mais avec un pétrole déjà à plus de 120 dollars cet argument perd de sa force. On estime même dans certains milieux financiers que c'est l'incertitude d'une action qui pousse les cours à la hausse. Paradoxalement, si une intervention risque de pousser les prix à la hausse dans un premier temps, ceux-ci retomberont rapidement après la fin des frappes. L'Arabie Saoudite, qui ne veut à aucun prix d'un Iran nucléaire et souhaite en coulisse une intervention militaire, s'y est engagée.

La Libye, par l'intermédiaire du fils de Kadhafi, Saïf el- Islam, menace l'Italie. Ce dernier prétend en effet s'immiscer dans la composition du gouvernement italien. Si le coordonnateur de la Ligue du Nord, Roberto Calderoli, entre au gouvernement de Silvio Berlusconi, "attendez- vous à des répercussions catastrophiques", a lancé vendredi le fils et héritier présomptif du colonel Mouammar Kadhafi. Roberto Calderoli est connu pour ses provocations anti- islamiques. Le 15 février 2006, il avait déboutonné sa chemise devant les caméras de la RAI pour faire apparaître un tee- shirt reproduisant l’un des dessins hostiles à Mahomet publiés par le quotidien danois Jyllands Posten. Cette menace est inadmissible mais très révélatrice de ce qui se passe actuellement en Europe. Les diplomaties européennes sont toutes contraintes désormais d'intégrer un paramètre essentiel : la présence massive sur leurs territoires de populations musulmanes. D'autant plus que cette minorité (12 % en France par exemple) fait preuve d'un activisme certains. Ce paramètre explique les pressions croissantes des dictatures arabo-musulmanes ou des groupes terroristes islamiques sur les hommes politiques européens avec à chaque fois en toile de fond le chantage terroriste ou la menace d'instrumentaliser les populations musulmanes présentes sur notre continent. Reste à savoir si Berlusconi va céder. Si cela devait être le cas il enverrait un signal catastrophique. Car lorsqu'on voit les réactions hystériques du monde musulman pour quelques caricatures on imagine sans peine que ce chantage s'exercerait alors sur tout et n'importe quoi. Et lorsqu'on sait que la Grèce et l'Italie ne seront plus à l'abri d'un chantage des fanatiques religieux de Téhéran une fois les missiles iraniens dotés de l'arme atomique on devine sans peine les dangers d'une politique munichoise.

David Bescond pour Rebelles.info

Publié dans INTERNATIONAL

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