A PROPOS DU SECOND ATTENTAT A LA PELLETEUSE A JERUSALEM

Publié le par shlomo

par Jean-Pierre Bensimon

pour Objectif-info




Pour la seconde fois en trois semaines, un Palestinien habitant aux environs immédiats de Jérusalem, détenteur d'une carte d'identité qui lui ouvre le droit à la libre circulation en Israël, vient d'utiliser son engin de chantier pour tenter de tuer sauvagement le plus de civils possible. Les deux auteurs de ces agressions infernales en quelques jours ont aussi un casier judiciaire chargé, et ils ne semblent affiliés à aucun groupe terroriste identifié. Les deux derniers attentats suivent l'épouvantable massacre du 6 mars 2005, où le jeune employé d'une entreprise de livraison arabe, non affilié non plus à une enseigne terroriste, vida les chargeurs de sa kalachnikov sur les étudiants de la bibliothèque de l’établissement Merkaz Harav, toujours à Jérusalem.

Ces attentats contribuent à accroître un peu plus la méfiance des Israéliens vis-à-vis des nationaux arabes qui les entourent. Ils poussent les employeurs israéliens à réduire autant que possible le nombre de leurs employés arabes, ce qui ne manquera pas d'approfondir une coupure qui ne demande qu'à s'infecter. Les représentants élus des arabes israéliens mettent sans cesse du vinaigre sur la plaie, tandis que des textes de plus en plus élaborés comme "Vision d’avenir pour les Palestiniens en Israël" revendiquent un véritable séparatisme.

Pourtant des enquêtes d'opinion répétées démontrent que les Arabes israéliens souhaitent plus que tout demeurer des citoyens de l'État juif et que rien ne les terroriserait plus qu'un rattachement à leurs frères palestiniens. (voir 77% des Arabes israéliens préfèrent plutôt vivre en Israël que dans un autre pays, quel qu'il soit ). Par ailleurs, Israël ne peut pas se permettre de voir près de 20% de sa population s'exclure de la dynamique nationale et devenir un état hostile dans l'état.

Il faut donc comprendre les processus séparatistes en cours pour tenter de les maîtriser. Ce sont les instruments du crime qui vont nous éclairer sur le principal facteur de cette violence intense et souterraine, dont on a vu une nouvelle éruption aujourd'hui dans la capitale de l'État juif.

Les deux derniers attentats ont été commis avec des engins de travaux publics. Ces engins d'usage tout à fait pacifique sont tout sauf des armes. Mais entre les mains d'individus capables d'accès de fureur antisémite, ils étaient devenus des objets pour tuer, des armes par destination, c'est-à-dire des objets d'usage pacifique détournés de leur fonction.

On aurait bien du mal à faire la liste des armes par destination puisque l'on peut commettre un attentat terroriste majeur avec à peu près n'importe quoi, des déchets radioactifs de la médecine nucléaire par exemple.

La profusion des armes, et des armes par destination, rendent vaine en définitive la prévention des actes meurtriers si l'on assied cette prévention sur la privation des moyens d'agir. Des Arabes israéliens qui ont utilisé des pelleteuses, d'autres qui ont tenté d'empoisonner la nourriture des clients du restaurant où ils travaillaient, ou qui ont utilisé Internet pour des enlèvements et des meurtres, illustrent parfaitement l'inventivité inépuisable qui permet de transformer en actes par tous moyens, la volonté de tuer et de détruire.

Sans délaisser l'action nécessaire pour priver les tueurs potentiels de moyens d'agir, il faut donc s'intéresser davantage aux facteurs de l'intention d'agir. Qu'est-ce qui pousse ces gens à vouloir tuer coûte que coûte des civils israéliens, au prix de leur vie et du destin de leurs familles ? La réponse est claire : l'incitation à la violence, l'incitation à la haine, surtout si elle est précoce et régulièrement entretenue.

De ce point de vue les vrais complices du terrorisme, ce ne sont pas tant les informateurs, les logisticiens, les pourvoyeurs de fonds, que ceux dont la principale activité est de répandre la haine de l'Autre, du Juif, du Chrétien, de l'Occidental, du sioniste, et leurs commanditaires. L'imam qui prêche le racisme et une version meurtrière du Coran, le journaliste qui répand les accusations et les faux, l'écrivain, le professeur, le poète ou le cinéaste qui attisent les pires sentiments de vengeance en fabriquant une fausse histoire et une fausse réalité, sont les vrais complices des tueurs, même s'ils exhibent leurs mains blanches et leurs nobles motivations. Et les premiers coupables sont ceux qui les emploient, qui les paient et qui les laissent faire quand ils ne les encouragent pas.

Dans le cas précis d'Israël, outre le Hamas et le Hezbollah, il s'agit des grands ténors de la soi-disant Autorité palestinienne qui chérit toujours ses shahids meurtriers et sa vieille tradition de guerre génocidaire et indistincte contre les juifs. Quand Mahmoud Abbas rend un hommage public à un tueur d'enfants particulièrement sordide, Samir Kuntar, c'est de l'incitation à la haine, le ferment idéologique de l'action des terroristes, individuellement ou en groupe. Quand le même Abbas demande les restes d'une vieille terroriste, Dalal Mughrabi, qui conduisit en 1978 une attaque sur une route côtière près de Jaffa qui fit 36 morts et 71 blessés, pour la célébrer trente ans après son forfait, il fait acte d'incitation. Quand il autorise que son nom soit cité dans toutes les écoles, idem. Les nazis ne sont pas les héros du Panthéon allemand, ils en sont exclus et la mémoire que l'on transmet sur leur misérable parcours ne mentionne que leurs crimes. Mahmoud Abbas et son entourage devrait prendre de la graine auprès de l'antinazisme allemand.

C'est l'inventivité des auteurs de tueries de civils qui nous fait toucher du doigt que la réalité du terrorisme, ce ne sont pas les moyens de la terreur, ils ne sont pas dénombrables, mais l'idée du terrorisme, répandue dans les crânes des individus les plus ordinaires par des cercles parfaitement identifiables. Ils se trouvent au sein de l'Autorité palestinienne, mais aussi en Israël. À l'étranger, mais aussi dans les rédactions "libres" de nos média nationaux. Ils sont parmi nous. Il faudra que l'on puisse un jour demander des comptes à ces vrais semeurs de la violence. Sinon, elle ne s'arrêtera pas.

Publié dans TERRORISME

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