L’Iran évoque un compromis sur une base de 6000 centrifugeuses

Publié le par shlomo

Le régime des mollahs prétend par la voix de son président posséder 5000 à 6000 centrifugeuses. C’est bien imprécis car il ne s’agit pas d’une information sur l’état des équipements, mais un indicateur de tendance sur les futurs choix du régime dans ses relations avec les Six.

En ce qui concerne les centrifugeuses, le régime n’a pour l’instant fourni qu’un reportage photographique où l’on voit beaucoup de tuyauterie et une seule photo de 164 unités qui seraient apparemment en fonctionnement. On ne peut guère s’attarder sur les chiffres car le régime des mollahs est très avare en preuves visuelles : vidéos ou droit de visites des sites…Cette cachotterie est d’ailleurs une des principales techniques de communication du régime des mollahs.

Le régime annonce régulièrement l’accès à des technologies inquiétantes sans être en mesure de confirmer ses propos par des preuves visuelles. En résumé, c’est du chantage. Dernièrement, les mollahs ont ainsi évoqué être en possession de missiles capables d’atteindre Israël alors qu’il n’en est rien. Quelques jours après le fiasco des tirs de missiles, ils ont annoncé la tenue d’une manœuvre aérienne hors du commun, manœuvre qui n’a jamais eu lieu. Sur le plan intérieur aussi, ils utilisent cette technique notamment en revendiquant 9 millions de jeunes miliciens pour surveiller la jeunesse iranienne, ce qui voudrait dire que 100% des jeunes sont enrôlés dans la milice. Au-delà des vérités, ce qui compte pour ce régime est le slogan et il faut qu’ils soient le plus anxiogènes possible.

En ce qui concerne les centrifugeuses, la précédente étape a été l’annonce du fonctionnement à plein régime de 3000 centrifugeuses, seuil théorique pour la confection d’une bombe dans un délai de 18 mois. En doublant le nombre de ce seuil théorique qu’il est loin d’avoir atteint, les mollahs prétendent qu’ils sont proches du but afin que la partie adverse cède pour accepter un compromis. Ahmadinejad a d’ailleurs frôlé le sujet.

Cependant comme toujours les journalistes européens n’ont qu’une lecture au 1er degré des déclarations d’Ahmadinejad et ne décèlent les informations qu’elles contiennent. Dans ce cas précis, la partie la plus intéressante n’est pas la partie slogan, mais la fin des déclaration où Ahmadinejad évoque furtivement le compromis Gel contre Gel, alors que ce même Ahmadinejad avait affirmé il y a quelques jours qu’il n’envisageait aucun compromis avec les Six.

Ce revirement discret n’est pas sans lien avec la décision des russes de geler l’ensemble de leur coopération (nucléaire, militaire et diplomatique) avec Téhéran, suspecté de chercher une entente séparée avec les Etats-Unis. Pour calmer ses alliés russes qui seraient les plus grandes victimes d’une telle entente, Téhéran laisse entendre qu’il peut envisager un compromis avec les Six, mais sur 6000 au lieu des 3000 centrifugeuses initialement revendiquées.

Cette solution Gel contre Gel, comme nous l’avons affirmé par le passé, est la meilleure pour les mollahs qui gardent ainsi dans leur manche l’atout d’un programme mystérieux et secret dont ils peuvent annoncer la réactivation chaque fois que leurs intérêts l’exigeront.

Ce revirement discret a eu lieu non pas après le coup de frein sur l’achèvement de Bouchehr, mais au lendemain de l’arrêt de la coopération militaire russe et l’annonce du refus de livraison des missiles S300 que Téhéran souhaite disposer à l’entrée du Golfe Persique pour revendiquer une réelle capacité d’obstruer le détroit d’Ormuz pour donner plus de poids à ses chantages permanents.

Ce revirement discret prouve l’intérêt porté par les mollahs à ces missiles et aussi nous renseigne sur les prochains centres d’intérêt du régime : apparemment il compte céder un peu sur le nucléaire pour reporter sa politique de chantage (visible au Liban) sur le transit des pétroliers.

Les mollahs sont vraiment incorrigibles, mais cette situation perdurera tant que les Six n’auront pas renoncé à contrer les désirs des iraniens à refaire de l’Iran cet îlot de stabilité qu’il fut sous le règne du Chah d’Iran, l’ami de l’occident, disparu il y a 28 ans, un 27 juillet (comme aujourd’hui).

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Publié dans IRAN NUCLEAIRE

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