CONDAMNEZ-LES A MORT

Publié le par shlomo

  Sarah Honig ,
THE JERUSALEM POST -
Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

Prévenir l’objection d’un opposant par une objection - et retourner un argument contre lui - est le « b-a ba » de l’art polémique. La tactique est courante partout - depuis une conversation ordinaire jusqu’aux salles de l’université et à la Cour de justice. Utilisé habilement, des contre-arguments peuvent devenir les outils les plus précieux du démagogue, utilisés pour remuer l’indolent intellectuel et répondre à la pression populaire.

Aussi politiquement incorrect que ce soit dans les codes kitsch de notre société, que de reprocher à Miki Goldwasser - mère d’Ehud, qui fut pris dans une embuscade, attrapé et tué par le hezbollah il y a deux ans - d’être une habile manipulatrice, son intelligence doit être reconnue.

Sa lettre du 18 juin au premier ministre, méticuleusement tournée, en témoigne. S’efforçant de rejeter l’assertion que « si Samir Kuntar est échangé, davantage de gens seront kidnappés », elle met la faute sur le fait même que Kuntar fût détenu derrière les barreaux : « Si Kuntar avait été échangé dans l’accord Tannenbaum, vous ne liriez pas ma lettre aujourd’hui. Au contraire, si Kuntar n’était pas à échanger à ce jour, il y aurait plus d’enlèvements, et cette fois peut-être des citoyens israéliens voyageant pour leurs loisirs à l’étranger. Nasrallah est décidé à obtenir le retour de Kuntar quoiqu’il arrive. Sa prochaine tentative pourrait être bien pire. Elle pourrait se terminer par l’enlèvement d’une famille, de jeunes, de femmes enceintes ou de n’importe qui ».

Il se peut que ce soit sa prérogative de crier à tous et à chacun qu’elle ne donne pas même un soupir sur le pourquoi de la condamnation de Kuntar en premier lieu, pas plus qu’elle ne se soucie des conséquences de sa libération. Il est légitime pour une mère éperdue de se concentrer seulement sur sa douleur personnelle. Mais il est illégitime de trouver le moyen cyniquement de mettre le désordre dans les esprits du reste de la nation, d’où proviendront très sûrement les prochaines victimes d’un hezbollah enhardi.

Son hypothèse de base était que la libération de Kuntar était l’objectif ultime de Nasrallah. Mais est-ce vrai ? Kuntar a perpétré son horrible crime avant les débuts du hezbollah. Il n’est ni shiite ni membre de la milice de Nasrallah.

En 1979, Kuntar a dirigé l’invasion de l’appartement de la famille Haran à Naharya. Il a conduit la mère, Smadar, à se cacher dans l’espace d’un faux-plafond, et par mégarde, à étouffer sa petite fille, pour qu’elle ne crie pas et les trahisse. Il a emmené le père Danny et l’aînée Einat sous la menace d’une arme vers la plage, où il exécuta Danny et jeta brutalement Einat par les chevilles pour lui frapper durement la tête sur les rochers. Puis Kuntar frappa à plusieurs reprises avec la crosse de son fusil le crâne d’Einat. Les restes de son tissu cérébral adhéraient à son arme. Il y a des versions controversées sur qui fut le témoin de la mort horrible de qui. Danny a-t-il vu le cerveau d’Einat se répandre, ou est-ce le corps ensanglanté de son père qu’Einat vit en dernier ?

Une pareille barbarie est le matériau dont sont faits les héros du monde arabe, et sa sauvagerie est précisément la raison pour laquelle Kuntar est adulé. Le libérer représente un prestige incomparable qui pousse en avant Nasrallah. C’est son seul enjeu pour Kuntar, et cela n’amènera pas le hezbolllah à clore tous ses comptes avec Israël. Loin de cela : ayant obligé Israël à capituler, Nasrallah s’orientera vers le prochain tremplin lucratif. Les prétextes ne manquent pas et peuvent de plus être vite fabriqués.

Aussi choquante que soit la tactique de Goldwasser à un recours à la peur, tel est son avertissement que si Kuntar n’était pas libéré, les prochains otages pourraient être des familles et des jeunes. Un tel scénario repose-t-il uniquement sur le destin de Kuntar ? Sa libération évite-t-elle le danger ? La soif de sang dépend-elle réellement de la seule excuse de Kuntar ? N’avons-nous pas déjà vu le massacre indiscriminé de familles entières, femmes et enfants, avant que Kuntar ne soit attrapé ? Au nom du ciel, que pense Miki Goldwasser qu’ait pu être l’attaque nocturne initiale de Kuntar contre la famille Haran en pyjama ?

Mais le pire, c’est son insinuation qu’il faut obéir à la volonté de Nasrallah parce qu’il est « déterminé ». Malheur à nous tous si l’Etat juif prend ses décisions selon la détermination de ses pires ennemis génocidaires. Logiquement, ce chemin conduit inévitablement à l’éradication d’Israël, exactement comme Nasrallah, Ahmadinejad et les gibiers de potence du Hamas le prêchent ouvertement. Si nous acceptons leur détermination pour parvenir à un objectif donné en conclusion prévue d’avance, il ne faut pas y résister, nous sommes fichus.

Pour survivre dans notre environnement hostile, nous devons constamment frustrer Nasrallah de tout ce à quoi il est déterminé - et ne pas acquiescer à son insistance et nous plier de façon servile à ses objectifs. Nous devons faire le contraire de ce qu’il exige, et ne pas nous plier à ses diktats. Tout ce qui le grandit nous met en danger.

De plus, la détermination de Nasrallah est inextricablement liée à la détermination d’Ahmadinejad. En cédant à la marionnette libanaise aux mains de Téhéran, nous encourageons le marionnettiste à persévérer dans ses objectifs génocidaires. Kuntar n’était rien d’autre qu’un prétexte d’extorsion pour Nasrallah.

Le mieux à faire est de retirer de nos prisons autant que possible de pareils prétextes faciles. Il est remarquablement facile de fabriquer de nouvelles motivations pour des bains de sang, mais des meurtriers condamnés à des peines de prison à vie ne doivent pas pouvoir sortir vivants. L’ennemi ne doit avoir personne à libérer. Cela peut signifier des peines capitales conditionnelles - devenant obligatoires dans le cas où des tentatives sont faites pour faire sortir les condamnés par une prise d’otage.

L’erreur ici est le système excessivement ‘chiffe-molle’ d’Israël, où les condamnations à perpétuité sont dans tous les cas sans valeur, manquant du cran pour exécuter des canailles quand vient le moment critique. C’est une façon de trop s’attendre à résoudre sous la pression, par une direction politique qui lave le cerveau de son peuple pour s’enorgueillir de sa faiblesse, en la dépeignant comme la caractéristique de l’humanitarisme.

La meilleure alternative est de ne pas attendre jusqu’à ce que des otages soient pris, mais de condamner à mort tous les semblables de Kuntar, la sentence prononcée. Cela peut ne pas sauver directement des vies, mais cela assurerait que l’homicide indicible ne restera pas impuni, que ceux qui répandent joyeusement le sang d’enfants juifs ne vivront pas pour être fêtés pour leur bestialité, et ne se verront pas accorder un accueil de héros.

Cela est aussi une consolation, même si elle est mineure ; Il est important - six décennies après l’Holocauste - d’être sûr que l’Etat juif n’admettra pas le massacre inhumain de Juifs simplement parce qu’ils sont juifs. C’est au moins une légère consolation de savoir que les plus haineux des bouchers ne riront pas les derniers à nos dépens, et ne jouiront pas entre temps de notre hospitalité, d’être bien nourris pas les contribuables israéliens, poursuivront leur éducation, leurs activités de loisir, recevront des visites conjugales, procréeront, et même organiseront et coordonneront d’autres massacres terroristes.

La seule manière de cesser d’être des bonnes poires est de cesser d’être des bonnes poires.

Beaucoup parmi nous rejetteront bien sûr cette revendication à mettre en question : en imposant la peine capitale, nous pourrions mettre en péril des Israéliens capturés, que des ennemis vengeurs sans scrupules tueront aussitôt. Mais la plus grande probabilité est qu’en acceptant l’espèce d’accord où des Kuntar vivants sont échangés contre des cadavres, nous éliminons la dernière incitation de l’ennemi à conserver vivants les kidnappés.

Le hezbolllah, il vaut la peine de nous en souvenir, n’a jamais renvoyé aucun Israélien vivant - à l’exception du trafiquant de drogue Tannenbaum, autre plaisanterie narquoise de Nasrallah à nos dépens. Cela doit rester présent en nos esprits avant d’essayer avec opportunisme de faire chavirer le sens commun. En ayant gagné son débat, Miki Goldwasser nous a poussés un pas de plus vers la perte de notre guerre existentielle.


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Publié dans TERRORISME

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