À Londres, une conférence sur le Califat attire 2500 adeptes. Un compte rendu

Publié le par shlomo

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Le Hizb ut Tahrir (Parti de la libération) se décrit comme un parti politique islamique mondial. Il aurait des millions d’adeptes dans le monde qui militent activement pour le retour à l’ère glorieuse de l’Empire ottoman, l’abolition des frontières et l’instauration d’un Califat transnational. Pour ce groupe, les musulmans ne doivent pas s’identifier à une nationalité, mais s’unir seulement en tant que musulmans, dans le cadre de la Oumma, les sentiments nationaux ou patriotiques étant non islamiques.

Une conférence d’une journée tenue la semaine dernière à Londres a réuni entre 2.000 et 2.500 musulmans enthousiastes et fervents, pour discuter du rétablissement de l’État du Califat islamique. Une participante a écrit un compte rendu, que nous avons traduit.

Mais d’abord, pour comprendre la vision politique qui sous-tend le projet d’un Califat islamique, nous reproduisons des extraits d’un document en ligne sur un site islamique qui explique la différence entre le système démocratique à l’occidentale et le système islamique de l’État du Califat :

Le système démocratique s’oppose au système du pouvoir en islam tant au niveau des fondements qu’à celui des idées de détails. La démocratie relève de l’impiété (kufr), tandis que le système islamique est issu de la foi (imân). D’ailleurs, l’Etat islamique a assuré l’application du système de l’islam pendant plus de treize siècles sans jamais employer le terme de démocratie ni se référer à ses concepts.

Démocratie

Dans une démocratie, les fondements du pouvoir émanent de l’esprit humain imparfait et sujet à l’erreur. La démocratie repose sur deux idées maîtresses : la souveraineté appartient au peuple, et le peuple est la source des pouvoirs. La politique étrangère est axée sur le respect des frontières étatiques et des eaux territoriales. On y considère sacrée la liberté des peuples à choisir leurs systèmes et lois.

En démocratie, on peut se rebeller contre les ordres du chef de l’Etat, manifester et déclarer son désaccord par rapport à sa politique. Il est permis de constituer des partis sur d’autres bases que celle de l’islam (partis fondés sur la laïcité, le nationalisme, l’athéisme, etc.).

La démocratie permet -en théorie- à n’importe quel individu de la société de prétendre au poste de chef de l’Etat, abstraction faite de ses compétences, de ses qualités personnelles et de sa religion.

En démocratie, la laïcité règne. L’’individu a aussi le droit d’adhérer à n’importe quelle opinion ou pensée. Il lui est permis de militer pour n’importe quelle idée ou conviction. Il peut s’exprimer de la manière qu’il veut, sans que l’Etat ni les individus n’aient le droit de lui interdire quoi que ce soit. Bien plus, les lois de la démocratie ont pour rôle de préserver cette liberté d’expression. Elles cautionnent les opinions qui s’opposent à la religion et qui blasphèment contre elle (l’ouvrage de Salman Rushdie en est un exemple).

Système islamique

Dans le système islamique, les fondements du pouvoir proviennent de la révélation du Créateur absolu et parfait. La souveraineté revient à la charia (ou Loi islamique), non au peuple ou à la Oumma. La politique étrangère est axée sur le djihad en vue de la diffusion de l’islam. Elle combat les frontières et les obstacles matériels, qui entravent le passage des individus de l’adoration de l’homme à l’adoration du Maître des hommes.

Le Califat ne reconnaît ni les frontières ni l’indépendance d’un pays islamique par rapport à un autre. La Oumma est une entité unique et indivisible. Il n’existe qu’un même Etat, une même armée, un même drapeau. Le système du pouvoir islamique dissout le nationalisme, auquel il substitue le lien idéologique de l’islam. (ndlr : souhaitons que nos amis du Bloc québécois et du Parti québécois prennent bonne note, en particulier Gilles Duceppe qui s’est rendu dans la plus grande mosquée salafiste de Montréal en 2006)

L’obéissance au Calife est obligatoire, sauf si son ordre va à l’encontre de la Loi islamique. Il est interdit de constituer des partis politiques autres que ceux fondés sur l’islam dans sa doctrine et son système. Seul un musulman, et de sexe masculin, peut occuper la fonction de Calife.

La charia règne, et non la laïcité. Les libertés, au sens occidental, sont interdites car elles s’opposent aux prescriptions de la charia. Il est formellement interdit au musulman de changer de religion. Ainsi, le hadith stipule : « Tuez quiconque renie son islam ». (ndlr : Mahomet, Hadith Vol. 9:57, Bukhari)

En islam, l’opinion n’est pas libre mais soumise à la Loi islamique. Il existe ainsi trois sortes d’opinion :

  • L’opinion interdite, telle que la médisance, la calomnie, la diffamation dont sont victimes les femmes vertueuses, les attaques ou les propos injurieux contre l’islam, etc.
  • L’opinion obligatoire, telle que l’obligation d’ordonner les actes convenables et de mettre en garde contre les actes répréhensibles, demander compte aux gouvernants, etc.
  • L’opinion soumise à l’indifférence juridique : dire du bien ou se taire.

Les non musulmans ont un statut « honorable » au sein du Califat. Ils sont désignés sous le nom de dhimmis (les gens du contrat, de la garantie et de la protection). (ndlr : La réalité qu’omet de mentionner ce site est que le dhimmi est soumis à un impôt de capitation écrasant et qu’il doit être humilié).

Le document conclut comme suit : « L’amalgame que font certains entre islam et démocratie n’est qu’une vision superficielle due à un jugement hâtif. L’examen minutieux montre que ces deux systèmes sont diamétralement opposés, tant dans les principes que dans les détails ».

Selon le philosophe syrien Sadik Jalal Al-’Azm « le califat pourrait revenir quand les Bourbons ou Louis XVI régneront à nouveau en France, ou quand les tsars reviendront en Russie ». Souhaitons qu’il ait raison. Il reste toutefois que la vision d’un Califat mondial semble galvaniser des millions de musulmans dans le monde, y compris en Occident.

Traduction de : Hizb ut Tahrir London meeting : an eyewitness report

Une lectrice de Jihad Watch, S. Azam, a assisté à la conférence du Hizb ut Tahrir sur le Califat et elle a transmis un compte rendu exclusif :

Califat : La nécessité d’une unité politique

Conférence de Londres, samedi le 16 août 2008 organisée par Hizb ut Tahrir (Grande-Bretagne)

Compte rendu de la conférence, par S. Azam

« La destruction de l’État du Califat islamique il y a près de 80 ans a marqué le début de la division du monde musulman en multiples États-nations gouvernés par une multitude de rois, de dictateurs et de « démocrates » soutenus par l’Occident. Aujourd’hui, trois grandes régions du monde musulman sont sous occupation, la Palestine, l’Irak et l’Afghanistan. La crise du pétrole et la crise alimentaire ont réduit des millions de gens à la famine. Les divisions sectaires sont alimentées par les puissances occupantes pour nous affaiblir ».

« La Oumma musulmane a maintenant besoin d’une nouvelle pensée et direction politique. Elle a besoin d’un nouveau leadership qui l’unifiera et qui utilisera ses ressources pour faire face à ces innombrables problèmes. Cette conférence d’une journée portera sur l’obligation d’unifier notre Oumma sous un leadership unique et discutera comment l’unité politique est la seule voie pratique du progrès pour la Oumma musulmane ». - Hizb ut Tahrir, Grande-Bretagne

Conférenciers

  • Sajjad Khan : Réaliser l’unité politique
  • Dr Mahmad Salim : La charia et l’unité
  • Soeur Parvin Sultana : Le potentiel scientifique et éducatif sous un Califat
  • Jamal Harwood : Le développement économique par l’Unité et la politique du Califat
  • Dr. Imran Waheed : Pakistan - Étude de cas : une application de l’Unité et la politique du Califat

Nombre de participants : 2000 à 2500

Le Troxy est situé au cœur de East London, Commercial Road, E1. L’écrasante majorité des participants étaient des Bangladeshi. Il y avait un grand nombre de femmes, mais la majorité des participants étaient des hommes.

Islam Channel, un diffuseur par satellite, assurait la couverture médiatique.

Introduction

Depuis 1924, le monde musulman a connu l’effondrement de l’âge d’or de l’islam et la destruction de l’État islamique : le Califat Uthman, i.e. l’empire ottoman. Aujourd’hui, grâce à des partis politiques islamiques comme le Hizb ut Tahrir, les musulmans du monde entier œuvrent au rétablissement de cet État islamique.

Des rassemblements, des manifestations, des protestations et des conférences ont lieu en Turquie, en Indonésie, à Hébron, au Kirghizistan, à Al Qods (Jérusalem), au Liban, au Pakistan, au Kenya, au Bangladesh, au Yémen, en Ukraine, en Australie et au Royaume-Uni. Dans le cadre d’une campagne mondiale, Hizb ut Tahrir va d’un pays à l’autre annoncer la nécessité d’une unité politique et de l’établissement d’un État islamique. Des milliers de musulmans répondent à l’appel.

Soulignons ceci : l’islam exige l’unité politique de la Oumma. Un monde musulman uni sous un leadership et un gouvernant unique.

Cet État islamique tant souhaité n’est pas qu’un vague rêve imaginaire proclamé par des islamistes, des djihadistes ou des extrémistes. Non, ce soi-disant Califat est une idéologie politique et religieuse très réelle entretenue de longue date dans le cœur et l’esprit des musulmans dans le monde entier. En effet, depuis l’époque de l’effondrement de l’Empire ottoman, la nostalgie du retour des jours glorieux de l’Islam ne s’est jamais estompée.

Les musulmans britanniques (en dépit de l’absence de condamnation publique des actes de terrorisme islamique) affirment que l’islam est une religion pacifique qui cherche à vivre en harmonie avec les autres et non comme supérieure.

Ainsi, étant d’ardents travailleurs et citoyens respectueux des lois des pays où ils résident, les musulmans cherchent à être traités comme tels. Ils exigent d’être reconnus pour leurs initiatives pacifiques en vue d’encourager les musulmans modérés à renforcer la cohésion de la communauté. Ils veulent la reconnaissance de leurs réalisations et de leur contribution à la société et être soutenus. Au lieu de cela, ils se sentent victimisés en raison du terrorisme mondial perpétré au nom de l’islam. Nous entendons souvent des plaintes de musulmans britanniques se disant continuellement en butte à des attitudes « islamophobes » au sein de la communauté, du gouvernement et des médias depuis le 7/7. Est-ce une frustration justifiée envers la communauté musulmane britannique pour son manque de conviction dans la condamnation des actes de terrorisme au nom de l’islam ?

Je suis sûre que certains condamnent véritablement le terrorisme. Toutefois, il y a un problème. Si tel est l’avis de la majorité des musulmans pacifiques au Royaume-Uni et en Occident, alors comment diable nous retrouvons-nous tous dans ce soi-disant choc des civilisations ? Pourquoi y a-t-il des débats à savoir si l’islam est vraiment une religion de paix, sur la façon de distinguer les modérés des extrémistes et de mener cette perpétuelle « guerre au terrorisme » ? Avec qui sommes-nous en guerre ? À qui pouvons-nous faire confiance pour nous aider dans cette guerre ? Quelles valeurs défendons-nous et de qui sont-elles exactement ? Est-ce que les sympathisants de Ben Laden ont raison quand ils affirment que l’Occident a lancé une Croisades contre l’islam (c’est-à-dire, l’Irak, l’Afghanistan, la Palestine et peut-être éventuellement le Pakistan ?). Ce n’est pas une guerre contre le terrorisme, mais une guerre contre l’Islam - disent-ils.

Eh bien, le Parti de la libération islamique « Hizb ut Tahrir » semble certainement penser que la guerre contre le terrorisme est une guerre contre l’Islam. De plus, ils plaident remarquablement bien pour le retour de l’État islamique et ils sont plus que jamais opposés aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Leur objectif est d’unifier politiquement le monde musulman et ses ressources et de devenir le seul État islamique mondial authentique. Un véritable État islamique régi par la charia sans frontières « artificielles » définies par l’Occident, sans dictateurs corrompus et dirigeants non-islamiques et sans l’influence de l’agenda impérialiste et colonialiste de la démocratie occidentale imposée. Une superpuissance islamique gouvernée par un seul leader, islamiquement élu, bien sûr.

Une des raisons pour lesquelles la cause de l’union du monde musulman et de ses ressources est si attrayante pour les musulmans est que ce sera un affront aux puissances occidentales. Les faits suivants le démontrent :

  • Environ 70% des réserves mondiales de pétrole - Propriété du monde musulman
  • 55% des réserves mondiales de gaz - Propriété du monde musulman
  • 2 trillion $ dollars d’actifs - Propriété des États musulmans du Golfe (6 pays du Golfe seulement). C’est plus que suffisant pour effacer la dette combinée du monde musulman.
  • 4,7 millions dans des réserves militaires – Le monde musulman
  • Masse terrestre - 57 nations du monde sont musulmanes et/ou islamiques
  • Les principaux ports de mer pour le commerce sont bien entourés par des pays du monde musulman (Méditerranée, Mer noire, Mer caspienne, la Mer rouge, le Golfe persique, la Mer d’Arabie)

Il convient également de noter ce qui suit :

  • L’islam serait la religion connaissant la plus forte croissance au monde. Les taux de conversion auraient augmenté de manière significative après le 11/9.
  • À l’heure actuelle le nombre de musulmans dans le monde serait d’environ 1,3 milliards. Une personne sur quatre dans le monde est musulmane.
  • Le monde financier se tourne vers le Moyen-Orient comme nouveau pôle économique et financier (par exemple Dubaï) pour les investissements et la croissance. Pendant ce temps, la morosité de l’économie occidentale en déclin et le redouté rétrécissement du crédit font quotidiennement la une.

Je commence à être convaincue que la vision de l’unité du monde musulman est très réelle, et que l’Occident doit l’examiner sérieusement.

Lors de cette conférence, j’ai entendu à maintes reprises des orateurs dire des choses comme : « Comment se fait-il que nous ayons laissé nos terres en Irak, en Afghanistan, en Palestine, au Cachemire et en Tchétchénie, notre peuple, nos ressources, notre richesse et notre dignité être absorbés et détruits par les ennemis de l’Islam, alors que nous avons un tel potentiel parmi nous ? Si seulement nous nous unissions comme unique Oumma… »

Ils anticipent avec impatience la défaite et l’effondrement de l’Occident. En attendant, ils se réunissent pour discuter, planifier et mettre de l’avant leurs propositions pour relancer l’âge d’or de l’Islam : Le retour du Califat.

Quel paradoxe. D’une part, nous avons le dirigeant musulman chiite du régime iranien, M. Ahmadinejad, qui anticipe le retour de l’imam Mahdi, le messie de l’islam chiite attendu depuis longtemps. Et puis nous avons cet appel venant essentiellement de musulmans sunnites pour le rétablissement du Califat régi par un chef islamique, l’Imam Calife. Peut-être qu’ils sont de mèche. Néanmoins, il y a un ressentiment et une humiliation profonde dans l’esprit des musulmans en raison de l’« Offensive des Alliés » qui a mené à l’effondrement du dernier Califat. En souvenir amer de cet événement crucial de l’histoire du monde, Hizb ut Tahrir a fait voeu de reprendre tout ce qui leur a été volé. Et ils vont le faire par quelque moyen que ce soit, malgré la rhétorique politique pacifique qui soutient cette vision.

Tentant peut-être de rester dans les limites des lois contre l’incitation à la haine religieuse, Hizb ut Tahrir a une fois de plus soigneusement choisi ses mots pour transmettre son message et afficher avec éloquence son autorité et son influence politique pour gagner des supporters britanniques à son idéologie arrogante, totalitaire et suprématiste.

La question est de savoir combien de temps il faudra pour faire de cette vision une réalité. Jusqu’à présent, ce mouvement semble avoir rallié un soutien suffisant pour entamer quelque chose de sérieux. Hizb ut Tahrir proclame avoir des millions de membres dans le monde mais refuse de divulguer leur nombre exact. Un parti politique saurait sûrement combien de membres il a ? Malgré la foule nombreuse au Troxy de Londres, j’ai estimé qu’au moins 2000 à 2500 personnes étaient présentes.

Le choix de ce lieu m’a surpris, car il n’avait pas la capacité d’accueillir plus de 3000 personnes. Peut-être cela était-il attribuable à la partie qui cherchait à rassembler la communauté Bangladeshi locale qui peuple fortement Aldgate East et Whitechapel à East London. D’après ce que j’ai vu à la conférence en termes de ferveur et d’enthousiasme de la foule, ça n’en prend pas beaucoup pour convaincre les jeunes musulmans impressionnables de se passionner pour la cause de l’Islam politique. Ils sont facilement influencés à penser que le gouvernement britannique est leur ennemi non seulement pour soutenir la guerre en Irak mais aussi pour imposer la démocratie. La démocratie est non-islamique. Je sais que beaucoup de gens peuvent être en désaccord avec ce que je dis. Mais tout bon musulman qui vit selon les buts de l’islam ne pourra jamais choisir de mettre sa loyauté envers la citoyenneté au-dessus de sa loyauté à l’islam.

Cela devrait mettre fin au débat : « êtes-vous britannique ou musulman ? »

Orateurs

Session 1 : L’Unité, seule voie du progrès

Sajjad Khan, Conseiller politique en chef, HT-Grande-Bretagne : Réaliser l’unité politique

Il y a un manque d’unité mondiale dans le monde musulman. 80 ans après la fin du Califat ottoman, quand les divisions politiques ont commencé. Une réflexion sur le passé, et un rappel de l’époque de l’empire islamique. Le monde musulman est dans le chaos à cause des dirigeants corrompus, des dictatures et de l’ingérence occidentale.

Il cite David Milliband et John McCain condamnant la récente offensive militaire russe en Géorgie - « au 21e siècle, des États n’envahissent pas des États » – suggérant comment cette déclaration est absurde après l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan dirigée par les États-Unis.

Après avoir discuté de l’impressionnante capacité de la richesse, du pétrole et des ressources disponibles dans le monde musulman, Sajjad poursuit en parlant du vieillissement de la population occidentale, alors que le monde musulman a une population jeune et en forte croissance. Une capacité militaire jeune et dynamique est réalisable. Le monde musulman a l’argent et la main-d’œuvre pour développer sa propre armée, il n’a pas besoin d’acheter de l’Occident.

Le monde musulman doit établir sa propre armée islamique pour le bénéfice et la protection de la Oumma. Certains sceptiques parlent du système médiéval du Califat. Ils ne réalisent pas que ce qui est médiéval et dépassé, ce sont les états individuels au 21e siècle, parce que tous les problèmes du monde sont transnationaux, et non individuels. Par conséquent, un état transnational est la solution aux problèmes du monde. Le Califat sera un État islamique transnational, sans les frontières artificielles discriminatoires qui séparent le monde musulman au lieu de l’unir.

Le Califat ne fera pas de distinction entre chiites et sunnites, parce que l’islam que suivait Mahomet et la Sunna les uniront. Pas de persécution, aucune force ne sera imposée à quiconque au sein de l’État islamique. Lorsque les Juifs ont été persécutés pendant l’Inquisition espagnole, ils ont fui vers l’Empire ottoman et y ont trouvé un havre de paix. C’est comme ça qu’était l’État islamique.

Alors ne vous laissez pas intimider, effrayer ou dissuader de soutenir le rétablissement du Califat. L’Occident se servira de ces tactiques de peur pour discréditer la Oumma et empêcher cette vision de s’accomplir, au nom de la soi-disant guerre à la terreur.

Dr Mahmad Salim : La charia et l’Unité

Citant largement le Coran et les Hadiths, le Dr Mahmad met de l’avant l’obligation islamique pour les musulmans du monde entier de soutenir cette vision du rétablissement de l’État islamique.

Les musulmans ne doivent plus s’identifier comme appartenant à une nationalité, mais doivent s’unir seulement en tant que musulmans, dans le cadre de la Oumma. Les sentiments nationaux ou patriotiques sont non islamiques. De cette façon, vous serez plus forts ensemble comme une Oumma. Ne soyez pas divisés par la nationalité. Les ennemis de l’islam sont prompts à fournir des armes aux dirigeants corrompus du monde musulman, ce qui provoque des divisions entre les nations. Nos ressources ne doivent pas être pillées par nos ennemis.

Rappelez-vous la shahada (profession de foi musulmane), et conformez-vous à celle-ci dans vos actions. Pourquoi nous battre entre nous lorsque nous devons être unis pour lutter ensemble contre nos ennemis ?

Lorsque le Califat adviendra, l’Imam sera responsable de la protection de la Oumma, y compris des non-musulmansi dans l’État islamique. Mahomet a exigé l’unité politique de la Oumma, nous ne pouvons pas aller à l’encontre de ce commandement.

Soeur Parvin Sultana : Le potentiel scientifique et éducatif sous le Califat

Est-ce que l’Organisation de la Conférence islamique représente la oumma ? Non. Ils ont leur propre agenda. Nous n’avons rien pour nous aider nous-mêmes. La plupart du temps, nous dépendons des autres. Comment allons-nous trouver le courage et l’enthousiasme requis pour nous unir ? Nos propres gouvernants musulmans ne nous éduquent pas. Ils ne peuvent même pas nous nourrir, et la protection de leur propre peuple est honteuse.

Il y a déjà eu un lieu d’excellence dans le passé, dans notre histoire islamique. Un temps où les femmes étaient traitées avec égalité et éduquées. Il y avait un haut niveau de science et d’éducation, et de remarquables inventions et développements ont été réalisés. Maintenant, nos médecins, près de 500.000 provenant des quatre coins du monde musulman, quittent leur pays d’origine pour venir ici en Occident trouver de meilleurs salaires ainsi que le respect et la reconnaissance de leur travail acharné. Leurs propres gouvernements ont échoué. Il n’y a pas de marque de succès dans le monde musulman actuellement, alors ils viennent en Occident. Nous avons les ressources, mais les mauvais gouvernements. Nous pouvons retrouver ce qui a été perdu si seulement nous nous unissons. Un super statut attend l’islam si nous œuvrons à en faire une réalité.

Session 2 : Unité - La voie pratique

Jamaal Harwood : Le développement économique au moyen de l’Unité et de la politique du Califat

Avec l’aide de nombreuses images, cartes et diagrammes, Jamaal Harwood ouvre sa présentation. Le Califat des Omeyyades a été fort et puissant. Jamaal cite Bernard Lewis, le célèbre historien, appelant cet empire « la plus grande puissance économique que le monde ait jamais connu ».

Le monde musulman contrôle certaines voies maritimes les plus stratégiques au monde, les réserves pétrolières et gazières, les minéraux, etc…… Malgré toutes ces richesses, la pauvreté reste élevée dans le monde musulman. Nos ressources sont gaspillées et exploitées par la cupidité des nations, en particulier l’Occident. Il s’agit d’un cas chronique de mauvaise gestion par la corruption et les mauvais dirigeants dans le monde musulman.

Malgré que le monde musulman ait assez de richesses pour effacer la dette des nations musulmanes, ce n’est pas fait. L’unité politique est urgente et nécessaire. Nos terres sont fertiles pour les produits agricoles, riches en pétrole et en minéraux. Le Califat reverra :

  • La sécurité alimentaire
  • L’industrialisation
  • Les réformes agraires
  • Le partage des ressources (terres, main-d’œuvre, richesse)

Le Califat aura une politique autonome, pas 57 politiques distinctes, pour distribuer la richesse de nos terres de façon équitable et juste. C’est le contraire du capitalisme, qui a échoué et est sur une spirale descendante.

Le Califat ne reconnaît pas la Confédération des Nations, que ce soit l’ONU, l’UE, l’OCI etc. Il y a seulement un État, l’État islamique. Un Califat.

Imran Waheed - Conseiller en chef, médias : Étude de cas au Pakistan. Une application de l’Unité et du Califat politique

Imran commence son discours en utilisant le Pakistan comme un excellent exemple de ce qu’on appelle une nation islamique qui a souffert en raison de l’absence d’un Califat.

Le 3 mars 1924 l’empire ottoman a chuté. Il en est résulté le découpage soudain de terres par les impérialistes et colonialistes, et ainsi a commencé l’ère de division parmi les musulmans. Des nations distinctes ont été formées, ce qui a provoqué la désunion et le sectarisme dans le monde musulman. Le Pakistan est l’un de ces cas. Toutefois, Hizb ut Tahrir travaille activement au Pakistan, et les gens exigent le rétablissement du Califat.

Il y a un combat entre la démocratie et la dictature : les deux sont opposées au commandement de Mahomet. Chaque partie dans cette lutte sur la scène politique pakistanaise se bat vraiment pour ses propres gains politiques. Nous avons entendu parler de la corruption de Bhutto, de Sharif et de Musharraf. Les cotes de popularité de Musharraf sont étonnantes en Occident. Shimon Peres a été cité disant qu’il priait pour Musharraf tous les jours (à ce moment, la foule s’est mise à maudire et à calomnier Israël).

Les services de sécurité au Pakistan ne travaillent que pour la guerre à la terreur de l’Amérique. Ils ne se soucient pas de leur propre peuple ou de la mise en œuvre de l’islam. Le Pakistan étant un pays nucléaire, il est devenu une terre d’occupation pour l’Occident, avec les États-Unis qui établissent leurs bases militaires dans tout le pays. Le Pakistan a permis aux États-Unis d’attaquer l’Afghanistan, car il leur a donné libre passage. Maintenant, regardez et voyez comment le Pakistan deviendra la prochaine cible des États-Unis.

C’est ce qui arrive quand il n’y a pas d’État islamique. Lorsque le Califat reviendra, il y aura une unification des territoires musulmans, sans frontières au Pakistan, en Afghanistan et en Inde. Plus d’occupation de nos terres. Nous résisterons aux États-Unis et à la Grande-Bretagne. (Takbir, Allah Hu Akbar)

Selon un sondage récemment effectué par l’Université du Maryland, 74% des Pakistanais soutiennent la création d’un Califat unifié dans le monde musulman. La création d’une telle entité n’est donc pas une question de « si », mais de « quand ».

Voir aussi :

Égypte - Les Frères musulmans sur Facebook pour promouvoir le retour du califat

Grande-Bretagne - Des islamistes pro-califat lancent une campagne contre les valeurs occidentales

Indonésie - Assemblée de 100 000 islamistes pour le califat

Deux types de dhimmis : entrevue avec le directeur du Center for the Study of Political Islam

Un imam montréalais réédite son livre qui prône la destruction de la démocratie

Publié dans ISLAM

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