Damas retire sa candidature à l’AIEA pour mieux interdire les inspections de l’Agence en Syrie

Publié le par shlomo

Entre siéger au Conseil de l’AIEA et rester un pays hors-la-loi, la Syrie choisit la deuxième option

, par Khaled Asmar - Beyrouth

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Après le retrait de la candidature de l’Iran pour occuper le siège réservé au groupe Moyen-Orient / Asie à l’AIEA (le conseil du directoire de l’Agence est composé de 35 membres), pour favoriser celle de la Syrie, Damas vient de retirer sa candidature, laissant l’Afghanistan seul en lice. L’Assemblée général doit ainsi élire le représentant de l’Afghanistan, dans les heures qui viennent, pour succéder au Pakistan au sein de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

La candidature de la Syrie à l’AIEA avait rencontré une vive opposition de la part des Etats-Unis et de plusieurs pays occidentaux alliés. Mais les vraies raisons du retrait de dernière minute de la candidature syrienne s’expliquent par la crainte de Damas de perdre toute marge de manœuvre devant les pressions de l’AIEA (officiellement, la Syrie se retire pour éviter les divisions entre les pays asiatiques et moyen-orientaux). En effet, en faisant partie du directoire, la Syrie serait obligée d’ouvrir toutes ses installations suspectes aux inspections, sans pour autant pouvoir imposer sa vision concernant l’indispensable lutte contre la prolifération nucléaire, dans l’objectif d’inclure Israël et d’obtenir ainsi le démantèlement du programme nucléaire israélien, ou du moins, une meilleure transparence israélienne dans ce domaine (une vieille revendication des pays arabes).

Le retrait de la candidature syrienne s’est également accompagné d’un refus total des inspections en Syrie. Damas vient d’annoncer qu’« elle reffusera les visites des experts de l’AIEA dans ses installations militaires, car ces visites menacent la sécurité nationale du pays ». Ce qui confirme les raisons du retrait de candidature, mais également, ce qui semble confirmer que Damas nourrit des ambitions nucléaires.

Le bombardement d’une cible présumée nucléaire par l’aviation israélienne à Deïr Ez-Zor(début septembre 2007), l’assassinat du général Mohammed Sleimane (début août 2008), supposé être le coordinateur de ce programme avec l’Iran et la Corée du Nord, et la mort du général Georges Al-Gharbi (dans l’attentat de Damas du 27 septembre), un ingénieur qui aurait été chargé de relancer le projet de Deir Ez-Zor, sont autant d’éléments qui renforcent les soupçons sur la Syrie et qui rendent incompatibles son statut de membre du conseil de l’AIEA et celui de pays hors-la-loi. Damas semble avoir opté pour la deuxième option.

Khaled Asmar

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Publié dans MONDE ARABO-MUSULMAN

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