Des Juifs, dont le fils du rabbin de Gênes, témoignent avoir été sauvés par Pie XII durant la guerre

Publié le par shlomo

Un visiteur catholique de notre site m’a reproché de ne pas avoir mis en ligne le texte qui suit, « ne serait-ce que pour contrebalancer les critiques à l’égard de ce pape, dont vous vous êtes fait largement l’écho ». J’avoue que cet article m’avait échappé. Je répare donc volontiers cet oubli, tout en faisant remarquer le caractère plus hagiographique qu'historiographique de cette quête de preuves d'actes de sauvetage, indéniables, mais abusivement imputés à des directives de Pie XII, dont nous n'avons pas la trace, si ce n'est par des témoignages posthumes, plus ou moins consciemment enjolivés par des juifs émus de la générosité chrétienne dont ils ont eu l'expérience heureuse. Une fois de plus, rien de tout cela n'est de nature à contrebalancer l'écrasante discrétion publique du pape d'alors et sa non-dénonciation claire et vigoureuse de l'horrible destruction systématique du peuple juif dont il n'ignorait rien. (Menahem Macina).

 


Sur le site de Zenit (13/10/2008)

 

ROME, lundi 13 octobre 2008 (ZENIT.org) -

Plusieurs juifs italiens témoignent devant les caméras avoir été sauvés par des membres de l'Eglise, avec le soutien de Pie XII, lors des persécutions nazies.

Parmi eux, Emanuele Pacifici, fils de Riccardo, qui était le grand rabbin de Gênes durant la Seconde Guerre mondiale. Un reportage vidéo produit par le mensuel Inside the Vatican et par l'agence H2onews.org, recueille son témoignage et celui d'autres survivants.

Emmanuele Pacifici était enfant durant la guerre. Il se souvient du jour où les nazis ont réclamé 50 kg d'or à la communauté juive de Rome:

« Réunir 50 kg d'or en quelques heures seulement était impossible. Sans faire de publicité, la ville de Rome collabora de mille façons : avec des dents en or (car avant on portait des dents en or), une bague, tout ce qu'ils avaient. Et les 50 kg furent récoltés. »

Il ajoute :

« Mais la promesse de nous épargner n'a pas été tenue, ajoute-t-il, et les juifs ont dû aller se cacher pour essayer d'échapper à une mort certaine. L'action du pape Pie XII fut décisive dans ces durs moments ».


Un autre des survivants, Settimio Di Porto, se souvient :

« Nous avions perdu nos droits civiques. Nous ne pouvions rien faire. Nous n'avions même pas de carte de rationnement pour manger. La matinée du 16 octobre a été terrible. Je vois encore la scène. Ils ont tous été emportés dans des camions... il y a eu une grande razzia. Ils entraient dans les maisons et emmenaient les familles : femmes, vieillards, enfants, malades... ».

Et Settimio Di Porto de souligner :

« Ici à Rome, tous les couvents ont ouvert leurs portes ».


Emmanuelle
Pacifici ajoute :

« Le Vatican était plein. Il y avait même des gens qui dormaient dans les couloirs ».


Claudio Della Sera se souvient d'avoir été sauvé par les Frères Maristes du Collège Saint-Léon-le-Grand.

« Le [Mémorial] Yad Vashem, [qui conserve et étudie les] archives de l'Holocauste, à Jérusalem, conserve la mémoire de nombreux hommes et femmes qui, comme eux, ont arraché tant de juifs à la mort, et que l'on honore sous le nom de « Justes parmi les Nations ».


Le journaliste du quotidien italien, Il Giornale, Andrea Tornelli, souligne que ces personnes

« ont agi pour sauver les juifs, à un moment où l'on ne savait pas quelle serait l'issue de la guerre, et donc, dans un geste totalement désintéressé ».


Matteo Luigi Napolitano, professeur d'histoire à l'Université de Molise (Italie), témoigne que 

« les documents des services secrets américains nous disent aussi la raison pour laquelle Hitler haïssait le pape : parce qu'il cachait des juifs, parce qu'il donnait des ordres aux couvents, aux sanctuaires, et en cachait au Vatican même ».


Les religieuses, se souvient encore Emmanuele Pacifici, tentèrent de sauver les femmes juives en les cachant dans les couvents.

Il raconte que les Allemands sont entrés à l'intérieur d'un couvent et ont déporté 33 femmes, dont sa mère, qui se trouvait là.

Et de préciser :

« La Mère supérieure Sœur Ester Busnelli a été arrêtée pour avoir fait quelque chose qu'elle ne devait pas faire… Il faut comprendre le risque que c'était... le risque qu'avait couru Pie XII en sauvant 8.000 personnes », souligne-t-il.


Le reportage « Pie XII et les Juifs » est disponible sur le site www.h2onews.org (reportage du 9 octobre).

 

[Texte aimablement signalé par P.S., Paris.]

 

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Mis en ligne le 1er novembre 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org

Publié dans ANTISEMITISME

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