Une note de la Défense israélienne préconise la planification de frappes contre l'Iran

Publié le par shlomo

par Barak Ravid pour le quotidien Haaretz



Traduction : Objectif-info

Rédaction d'Objectif-info :
Les nuages de la guerre s'amoncèlent et rarement depuis l'indépendance Israël a connu une situation d'aussi grande incertitude. Il est entouré à ses frontières nord (le Hamas) et sud (le Hezbollah au Liban et la Syrie) d'ennemis sur le pied de guerre qui ont mis au point de nouvelles techniques d'affrontement basées sur les tirs de missiles, les coups de mains à partir de tunnels, l'utilisation systématique de la population civile comme boucliers humains. En toile de fond la montée en puissance de l'Iran, qui se dote de l'arme atomique et de vecteurs balistiques, puissance axiale de cette coalition tournée contre le minuscule état juif. En même temps une transition s'opère à Washington, où des figures assez inquiétantes semblent tenir le haut de l'affiche (Brent Scowcroft, Robert Malley, Zbigniew Brzezinski , le général James Jones, ...). Dans ce contexte, un texte des autorités de la défense israélienne propose des orientations courageuses pour garantir la survie du pays, mais elles risquent de provoquer une confrontation avec les États-Unis.

Une note des autorités la Défense recommande d'élaborer des plans d'urgence pour attaquer l'Iran, de parvenir à un accord avec la Syrie au prix de la cession des Hauteurs du Golan et d'empêcher de nouvelles élections au sein de l'Autorité palestinienne, même si tout cela conduit à une confrontation avec les États-Unis.

La note sera présentée au cabinet le mois prochain dans le cadre de l'évaluation annuelle de la situation du Conseil de sécurité nationale.

Le document souligne qu'en 2009, du fait d'un rapprochement entre les États-Unis, l'Iran et le monde arabe, Israël risque de devoir faire face, éventuellement seul, à un Iran nucléarisé, ce qui mettrait aussi en cause sa supériorité militaire.

De plus, la note met en garde contre un possible effondrement de l'Autorité palestinienne, qui constituerait un arrêt de mort pour la solution à deux États.

"La menace que fait peser l'Iran sur la survie d'Israël" est la première sur la liste des menaces établie par la note, suivie par la "menace stratégique" que constituent les missiles à longue portée et les fusées détenus par de nombreux pays dans la région.

Selon la note, "Israël fait face presque seul à ces menaces …Il est impératif de mobiliser la communauté internationale et de parvenir à une coopération régionale. La nouvelle administration américaine est une chance qu'il faut saisir pour y arriver."

La note précise qu'Israël dispose d'une "fenêtre" pour agir avant que l'Iran n'acquière des armes nucléaires et se trouve en situation d'hégémonie régionale. Israël doit donc disposer d'une option militaire contre l'Iran, au cas où les autres pays abandonneraient la lutte. Les autorités de la défense recommandent au cabinet "de travailler discrètement à des plans d'urgence pour traiter la question de l'Iran nucléaire."

Elles recommandent également une collaboration étroite avec les États-Unis pour prévenir un accord entre Washington et Téhéran qui porterait atteinte aux intérêts d'Israël.

La note relève qu'après la fin du mandat du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le 9 janvier 2009, celui-ci pourrait "disparaître" de l'arène politique. Il pourrait s'ensuivre une désagrégation de l'Autorité palestinienne, avec le risque de voir s'évanouir la solution à deux états.

Dans cette hypothèse, à laquelle il faut adjoindre le risque que le Hamas remporte cette nouvelle élection, la note recommande "d'empêcher la tenue d'élections au sein de l'Autorité palestinienne, même au prix d'une confrontation avec les États-unis et la communauté internationale."

La note préconise également qu'Israël fasse peser sur le Hamas une pression continue, l'isole et l'affaiblisse, tout en soutenant les solutions de rechange. "Si la trêve s'effondre et si le conflit reprend dans la bande de Gaza, Israël doit mettre un terme au règne du Hamas".

Concernant la Syrie, la note indique : "un accord avec la Syrie doit être recherché, en dépit du prix élevé qu'Israël devra payer." Les hautes sphères de la défense sont persuadées que le retrait de la Syrie du conflit ouvrirait aussi la voie à un accord avec le Liban, ce qui aboutirait à un affaiblissement significatif de l'axe radical Iran-Syrie-Hezbollah-Hamas.

La note ajoute que la nouvelle administration américaine devait être amenée à soutenir ce processus.

Israël doit soutenir les factions modérées au Liban lors des élections parlementaires programmées pour l'année prochaine, mais pas aux dépens de ses intérêts. En même temps, Israël doit renforcer sa dissuasion contre Hezbollah et agir de façon "discrète" contre les trafics d'armes de cette organisation.

La note propose plusieurs mesures pour renforcer les liens entre Israël et les pays arabes sunnites modérés, en particulier avec l'Arabie Saoudite. Selon elle, "Israël doit chercher comment approfondir son dialogue avec l'Arabie Saoudite sur divers sujets d'intérêt commun." Il doit également neutraliser la menace potentielle que représente l'Arabie Saoudite, avec par exemple le développement de son potentiel nucléaire, ses acquisitions de missiles à longue portée ou son ambition de combler son écart militaire avec Israël

Selon la note, la Jordanie est aux prises avec une crise politique et économique aiguë. "La Jordanie se sent abandonnée dans la confrontation régionale et continue de considérer Israël et l'Occident comme ses appuis stratégiques ...Le renforcement et la stabilisation de nos liens avec la Jordanie sont cruciaux pour la sécurité d'Israël. La coopération économique avec la Jordanie doit être renforcée."

En ce qui concerne la nouvelle administration de Washington, le document souligne que "les États-unis veulent aboutir à un front régional et international contre l'Iran, et Israël pourrait en faire les frais." La note prédit que les États-Unis et l'Iran entameront des entretiens et elle souligne qu'Israël doit agir pour éviter tout accord qui serait "problématique" de son point de vue.

La note préconise de persuader la nouvelle administration de soutenir les entretiens avec la Syrie auxquels l'administration de Bush s'est opposée. Pour leur part, les États-Unis demanderont sans doute à Israël de soutenir les modérés au Liban en faisant des concessions sur les Fermes de Shebaa et sur le village de Ghajar et d'abandonner ses objections sur l'armement de l'armée libanaise par les États-Unis.

La note demande aussi à Israël de s'assurer que les recommandations émises par trois généraux américains à l'intention de la nouvelle administration sur la coordination israélo-palestinienne sur la sécurité ne soient pas contraires à ses intérêts.

Elle alerte également sur le fait que les États-Unis arment les États arabes modérés, particulièrement l'Égypte et l'Arabie Saoudite, "au point d'annuler l'avantage actuel des forces de la défense d'Israël, en particulier dans le ciel." Israël doit faire en sorte de l'empêcher, autant que faire se peut.

La note évoque également les réponses possibles d'Israël à des provocations du Hamas dans le sud ou du Hezbollah dans le nord en 2009. Elle souligne qu'Israël doit éviter une guerre d'usure ou d'un conflit sur deux fronts. Il doit donc tenter dans un premier temps de déjouer la provocation plutôt que de se laisser entraîner dans des représailles qui induiraient un processus d'escalade. Cependant, dans un second temps, il devra envoyer "un message de dissuasion tout à fait ferme."

La note ajoute que si l'escalade continue, Israël doit "considérer qu'il est impliqué dans une confrontation sérieuse et frapper l'ennemi sévèrement pour mettre rapidement un terme à l'affrontement, avec des résultats aussi clairs que possible."

Publié dans ISRAEL

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