PRESSE EGYPTIENNE : "La bande criminelle en action"

Publié le par shlomo

Un point de vue accablant de "Rose Al Youssef"

"La bande criminelle en action" : la presse égyptienne ose désormais nommer les choses sans détour

mardi 6 janvier 2009 - 14h07, par Randa Al Fayçal - Dubaï

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L’hebdomadaire égyptien "Rose Al Youssef" consacre sa Une à l’analyse de la politique syrienne, et sans détour, le rédacteur en chef attribue à Damas et plus précisément au président Assad tous les crimes commis au Liban ces dernières années, entre autres griefs retenus contre le dictateur syrien.

L’auteur de ce texte publié dans « Rose Al-Youssef », l’un des plus importants hebdomadaires égyptiens, Abdallah Kamal, rappelle en introduction que « le président syrien Bachar Al-Assad est un ami intime du roi du Bahreïn, Hamad Ben Aissa Al Khalifa ». Mais, ajoute l’auteur, « cette amitié n’a pas empêché la Syrie d’entraîner et d’héberger des terroristes bahreinis chargés de déstabiliser la monarchie avec l’appui du Hezbollah et de l’Iran (...). Ainsi, Assad a sacrifié son amitié et la sécurité des pays arabes devant les intérêts iraniens. La Syrie est passé du stade d’alliance avec l’Iran, à celui de fusion. La Syrie devient un pont sur lequel l’Iran parvient physiquement au cœur du monde arabe ».

« (...) Avec l’éclatement de la guerre à Gaza, le vrai visage de l’Iran est dévoilé. Téhéran cherche toujours à exporter sa révolution chiite dans le Golfe et ambitionne d’étendre son influence sur toute la région ».

« (...) En dépit de son alliance avec l’Iran, depuis les trente dernières années, la Syrie a demeuré le troisième pilier de l’ordre arabe composé avec l’Egypte et l’Arabie. Mais peu à peu, Damas a tourné le dos à ses alliés arabes pour se jetter littéralement dans les bras de l’allié perse, commettant une double trahison : ethnique (perse contre arabe) et confessionnelle (chiite contre sunnite). Le trio Damas, Téhéran et Doha compte rivaliser avec le trio Damas, Le Caire Riyad. Mais le déséquilibre entre les trois pilier de l’alliance iranienne ne laisse pas beaucoup de chance de succès. (...) Sous la menace, l’Iran a réussi à inclure dans cette alliance la petite monarchie du Qatar. Doha n’a pas les moyens de ses ambitions et doit composer avec toutes les parties pour maintenir l’équilibre. Ainsi le Qatar abrite la deuxième plus importante base américaine dans le monde, tout en étant l’allié de l’Iran et le porte-parole d’Al-Qaïda (Al Jazeera). De la même façon, le Qatar critique la politique israélienne à Gaza, mais avec hypocrisie, il maintient ses relations commerciales et diplomatique avec Tel-Aviv ».

« L’autre pilier du tiangle, la Syrie, est connue pour sa criminalité. Ses terres sont occupées depuis quarante ans (le Golan), son économie est familiale (appartenant au cercle présidentiel) et victime de coorruption ; ses institutions sont sclérosées et incapable de se moderniser ; le pays vit la dictature d’une minorité confessionnelle menacées par la majorité populaire (...) ; son régime a commis les pires atrocités contre son peuple mais aussi contre le Liban ; il est impliqué dans le crime contre Rafik Hariri et sera jugé à partir de mars prochain à La Haie ; il a des ambitions nucléaires clandestines et doit en répondre devant l’AIEA (...) ».

(...) « La plus importante erreur syrienne demeure l’assasinat de Rafik Hariri. L’Egypte a mené l’enquête et a obtenu des enregistrements téléphoniques prouvant l’implication syrienne au pus haut niveau. Mais les responsables syriens ont nié, tout en continuant à commettre les attentats au Liban, avant de provoquer la guerre de l’été 2006 par le Hezbollah interposé, faisant 1.500 morts et des pertes par milliards ».

Il s’agit de la première fois qu’un grand média égyptien, quasi gouvernemental, accuse la Syrie et le président syrien d’implication dans les assassinats des personnalités politiques au Liban. L’hebdomadaire reconnait aussi que le conflit régional qui s’est déroulé au Liban et qui se prolonge à Gaza est un conflit d’intérêt entre deux axes : l’un chiite composé de l’Iran, de la Syrie et du Qatar, l’autre sunnite mené par l’Egypte, l’Arabie et la Jordanie. Partant de ce constat, il est peu probable que le conflit connaisse une acalmie. Bien au contraire, il doit s’enflammer davantage à l’approche de l’échéance cruciale, à savoir le Tribunal international (Hariri).

Traduction et Synthèse de Randa Al Fayçal.

Publié dans MONDE ARABO-MUSULMAN

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