Iran-Europe : La Russie rappelle les mollahs à l’ordre

Publié le par shlomo

Deux sujets assombrissent le ciel des relations russo-iraniennes : le refus de livraison de système anti-missiles S-300 et les retards délibérés pour la livraison de la Centrale Bouchehr. En deux jours consécutifs, Moscou a annoncé un nouveau refus de livraison des 6 batteries de S-300 et de possibles nouveaux retards pour Bouchehr.

Le projet de la centrale nucléaire de Bouchehr avait été lancé par le Chah d’Iran dans le cadre de l’accord Eurodif. La construction avait été confiée à l’allemande Siemens et sa filiale Kraftwerke Union (KWU). Les travaux commencés en 1974 ont été arrêtés en 1979 sur une décision de Khomeiny alors que le réacteur 1 était achevé à 90% et le réacteur 2 à 50%. Plus tard cette centrale électrique inachevée qui pourtant n’avait aucune déclinaison militaire a été bombardée au moins 6 fois par des chasseurs français dans le cadre de leur coopération avec Saddam pendant la guerre Iran-Irak. Après la guerre Iran-Irak et la mort de Khomeiny, quand les mollahs ont décidé de reprendre les travaux, les Allemands ont été éliminés d’office car en raison de leurs liens avec les Etats-Unis ils étaient soumis à l’embargo américain sur la livraison de hautes technologies à l’Iran. Les mollahs se sont aussi adressés à des firmes espagnoles et argentines qui ont aussi décliné la demande sous la pression des Etats-Unis. Les mollahs se sont finalement adressés aux Russes qui ont redémarré les travaux en 1995 et devaient livrer la centrale en état de marche le 8 juillet 1999 !

Depuis, cette centrale est devenue un moyen de pression sur les mollahs afin qu’ils ne s’approchent pas des Etats-Unis. Chaque manœuvre de rapprochement des mollahs est sanctionnée par un nouveau retard. Les excuses sont multiples. En 2007, les Russes évoquaient des alors que la centrale avaient été payée des années auparavant. Ils ont par la suite évoqué une incompatibilité entre les pièces modernes et les équipements originaux vétustes avant d’abandonner cette excuse et de finalement livrer à l’Iran le combustible nécessaire pour le démarrage des essais des réacteurs. Il y eut par la suite des problèmes de fret pour des pièces détachées imprévues, puis des retards de réglages et à nouveau ils reparlent de la vétusté des équipements d’origine qui nécessite une rallonge des délais pour ne pas empiéter sur la sécurité !

« Nous avons à plusieurs reprises évoqué les risques liés à notre travail visant à adapter du vieux matériel, car c’est un projet unique au monde. Nous avons dû intégrer au projet de vieux équipements allemands livrés à l’Iran, il y a plus de 25 ans. Pour nous, la sécurité est donc une priorité absolue », a expliqué Sergueï Kirienko, le PDG du groupe public Rosatom qui gère l’industrie et les sites nucléaires russes. On connaît l’attachement des Russes à la sécurité (surtout dans leur industrie nucléaire), c’est pourquoi, Kirienko n’a pas exclu des retards !

En 2007, Moscou avait évoqué la date de 2008 pour la livraison de Bouchehr et en 2008, il avait annoncé début 2009 ; la présente annonce repousse la livraison à une date inconnue : une date provisoire pourrait être annoncée dans une conférence de presse dans 3 ou 4 mois !

La livraison de cette centrale est primordiale pour Téhéran. En fait, le régime prétend maintenir son programme nucléaire au prétexte de produire du combustible nucléaire pour le fonctionnement de Bouchehr. Sans cette centrale, Téhéran aura du mal à justifier plus longtemps son entêtement à maintenir ce programme. Elle est un moyen de tenir tête aux Américains en espérant qu’ils capitulent. C’est dire si cette centrale a de la valeur pour les mollahs. Cette valeur élevée explique cette dernière sortie médiatique des Russes. Moscou rappelle aux mollahs qu’il détient la clef de leur bonheur.

Il y a deux jours, au lendemain d’un lancement médiatique d’un satellite qui était censé insinuer la puissance balistique du régime, la Russie a également rappelé aux mollahs qu’elle est en mesure de leur livrer des missiles S-300 capables de leur donner cette puissance qui les fait rêver. Cependant, la situation est bloquée car Téhéran veut ces joujoux, les S-300 et la centrale de Bouchehr, non pas pour enquiquiner Washington dans le sens des intérêts russes, mais pour enquiquiner Washington à seule fin de le faire capituler.

La Russie, qui a besoin d’un allié sûr, est inquiète par les œillades des mollahs en direction de l’Europe. Elle souhaite demeurer la principale alliée de Téhéran . Elle rappelle sans cesse les mollahs à l’ordre en faisant miroiter devant leurs yeux les joujoux qu’ils pourraient avoir s’ils se montraient moins versatiles dans leurs amitiés.

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Publié dans IRAN NUCLEAIRE

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