Le chantage de la Turquie sur sa communauté juive

Publié le par shlomo

ERDOGAN,  L'ISLAMISTE

 

La Ligue Anti-Diffamation reconnaît le génocide des Arméniens mais s’oppose à la résolution de reconnaissance au Congrès US en raison des menaces que fait peser l’Etat turc sur les Juifs de Turquie

Ce 24 août, la Ligue Anti-Diffamation des Etats-Unis (ADL) a fait volte-face en reconnaissant définitivement le génocide des Arméniens, après que le comité de la campagne « Pas de place pour la haine » (No Place for Hate ) du Massachusetts (USA) ait mis fin à sa coopération avec cette organisation en raison de sa position jusqu’alors négationniste sur ce génocide.

Cette nouvelle position de l’ADL, obtenue après une chaude controverse, a immédiatement été suivie par l’American Jewish Committee (AJC), l’autre grande organisation juive de lobbying aux Etats-Unis. L’avancée sous pression de leur base de l’ADL et de l’AJC a provoqué l’hystérie des milieux politiques turcs qui « sous-traitaient » jusqu’alors aux organisations juives américaines une partie de la politique de communication de la Turquie aux USA. Sur fond de possible vote par le Congrès américain de la résolution sur le génocide des Arméniens cet automne, ces avancées ont conduit la Turquie à dénoncer ses contrats de lobbying à Washington tandis que le Premier Ministre turc Erdogan s’est longuement entretenu avec le Président Shimon Pérès, sommé de mettre au pas les Juifs américains.

L’ADL affirme que la Ligue est venue « à partager l’appréciation que [...] les évènements tragiques de 1915-1918 étaient en réalité l’équivalent d’un génocide ». Elle ajoute cependant : « …nous continuons fermement de penser qu’une résolution du Congrès serait contreproductive et ne faciliterait pas la réconciliation entre Turcs et Arméniens … ».

La raison principale de son opposition à une résolution de reconnaissance du Congrès américain est pour le moins choquante : c’est la sécurité des Juifs de Turquie qui est invoquée. « Tant que l’ADL restera une organisation engagée prioritairement dans la sûreté et la sécurité du peuple juif, nous ne pouvons pas en bonne conscience ignorer le bien-être des 20 000 Juifs de Turquie », précise le dernier communiqué de l’ADL signé par son président Abraham Foxman.

En écho, le Consul général d’Israël en Turquie Mordehai Amihai s’est inquiété en déclarant : « J’espère que la population turque peut faire la différence entre l’Etat d’Israël, l’ADL et la population juive de Turquie ».

Les pressions du gouvernement turc sur Israël visent à obtenir le réalignement derrière Ankara des organisations juives américaines, dont l’ADL, et leur soutien à sa politique négationniste.

« Les Juifs de Turquie sont des otages » a déclaré Laurent Leylekian, le directeur exécutif de la Fédération Euro-Arménienne ; « contrairement à l’idée répandue par une propagande massive, cette communauté, comme toutes les autres communautés non turques, ne jouit d’aucune liberté, et est instrumentalisée pour forcer les organisations juives internationales à trahir les principes de défense de la justice et de la dignité humaine pour lesquelles elles ont pourtant été créées » a t-il expliqué.

« Le chantage à la vie et à la sécurité des minorités est un acte qui se situe dans la droite ligne de la tradition étatique turque ; les Arméniens en ont fait l’horrible expérience. Il est urgent pour les organisations juives d’Europe de soutenir leurs homologues américains dans leur refus de céder à cet odieux chantage » a affirmé Laurent Leylekian. La Fédération Euro-Arménienne rappelle que les brûlots antisémites tels que « Mein Kampf » ou les « Protocoles des Sages de Sion » sont depuis plusieurs années des best-sellers en Turquie comme le sont de nombreuses brochures arménophobes.

Publié dans ANTISEMITISME

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