Suisse : les ex-Musulmans montent au créneau

Publié le par shlomo


mina ahadi

Mina Ahadi crée un comité contre l’Islam politique

Le journal Le Temps a publié hier (samedi 14 mars) une interview de Mina Ahadi, une Iranienne vivant en Allemagne, où, en 2007, elle avait fondé une organisation d’anciens Musulmans pour lutter contre l’Islam politique qu’elle juge incompatible avec les droits humains.

Rappelons en effet que pour protester contre l’intrusion des lois islamiques dans la société allemande et attirer l’attention des pouvoirs publics sur les dangers de l’Islam politique, plusieurs dizaines de personnes d’origine musulmane avaient organisé en janvier 2007 un «Conseil central des ex-musulmans» au cours duquel elles avaient renié leur religion et rendu leur acte public. ‘‘Notre action peut sembler provocatrice, mais pour nous, c’est la seule façon de nous faire entendre et d’attirer l’attention des responsables politiques’’, avait affirmé à l’époque la présidente et cofondatrice de ce Conseil, l’Iranienne Mina Ahadi.

Cette cinquantenaire courageuse, qui a fui le régime islamique iranien, est aujourd’hui menacée de mort, ce qui ne l’empêche pas de persister dans son combat. Elle vient ainsi de fonder en une organisation similaire à celle qu’elle avait créée en Allemagne.

Un slogan explicite : ‘‘Nous avons abjuré’’

Mina Ahadi était vendredi à Berne où elle présidait au lancement du tout premier ‘‘Comité central des ex-Musulmans de ’’.

ex musulmansEn islamolucide avisée, elle n’a pas manqué de remarquer la montée inquiétante de l’islam politique en Europe, contrairement à ceux qui refusent de regarder cette vérité en face. Un de ses objectifs est de ‘‘réveiller la conscience de ceux qui n’ont jamais été confrontés réellement aux dangers que représente l’intrusion de l’islam dans la vie politique et sociale.’’ Car elle n’ignore rien de la véritable nature des associations musulmanes qui activent en Europe. Elle le déclare sans ambages au journaliste chargé de l’interviewer : ‘‘Pour moi, la religion est d’abord une affaire privée. Mais en Allemagne, les organisations musulmanes sont très actives et pas uniquement pour des questions de foi. Toutes ces organisations prétendument religieuses ont des contacts avec l’Arabie saoudite, le gouvernement turc ou le régime islamiste en Iran. Elles cherchent encore une fois à s’immiscer dans notre mode de vie, notre intégration, notre avenir. J’ai fui un régime islamique en Iran et je constate qu’ici l’islamisme est aussi actif. Les gouvernements occidentaux, sous le couvert de la liberté religieuse ou de l’intégration, collaborent avec ces organisations islamiques, donnent de l’argent, construisent des mosquées. Mais ils se taisent au sujet des «crimes d’honneur», des violences faites aux femmes et aux enfants. Nous nous sentons dans l’obligation de parler, de nous occuper de ces problèmes.’’

A une question du journaliste évoquant un Islam moderne et tolérant, elle rétorque que l’Islam ne peut pas être réformé : ‘‘je ne sais pas s’il y a vraiment quelqu’un qui veut moderniser l’islam. On peut lire les hadiths, qui sont la transmission de la parole du prophète. Ils sont hostiles à la femme, aux droits humains. Je ne vois pas comment on pourrait moderniser l’islam, car il faudrait abandonner au moins 90% des citations et versets des hadiths.’’

Ce à quoi le journaliste s’entête à répondre qu’il existe cependant ‘‘des Musulmans très tolérants, très ouverts.’’

mina ahadiCe que Mina Ahadi concède, mais en précisant qu’il faut distinguer entre l’Islam du point de vue idéologique et l’Islam en tant que religion. Elle ne manque d’ailleurs pas d’arguments et rappelle que dans des pays comme la Turquie, le Soudan ou le Pakistan, dont sont originaires beaucoup des Musulmans vivant en Allemagne et en , ‘‘ce sont des musulmans qui sont tués, des femmes musulmanes qui sont lapidées, des musulmans qui sont terrorisés. Nous parlons des droits des êtres humains, indépendamment de leur religion. Voilà pourquoi notre mouvement des ex-musulmans est important, car nous voulons faire une différence entre l’islam politique et les simples croyants.’’

De l’avis de Mina Ahadi, il est impératif pour les Musulmans d’Europe de s’intégrer dans leur pays d’accueil. C’est pourquoi son organisation met l’accent sur le caractère primordial de l’intégration : ‘‘Une association comme la nôtre peut expliquer aux musulmans pratiquants que nous sommes dans un autre pays avec d’autres règles, une autre culture et d’autres traditions. Nous avons fui des pays islamiques car nous avons pensé qu’ici nous pouvions vivre plus librement, que les hommes et les femmes y sont égaux, qu’on ne peut pas battre les enfants à la maison. Nous devons donc donner les moyens aux musulmans de s’intégrer. Il faut être clair: quand on dit qu’ici homme et femme sont égaux, ce n’est pas dirigé contre eux. Ce sont des principes qui valent pour tous ici. Ce n’est pas uniquement la culture occidentale, mais ce sont des droits de l’homme universels. Les gouvernements ou allemand doivent être conséquents avec eux-mêmes. On ne peut pas admettre que sous prétexte que des musulmans viennent d’autres cultures, ils puissent battre leurs femmes ou leurs enfants, s’exclure des règles communes.’’

Une autre voix contre l’islam que celle de l’UDC

Le journaliste ne manque pas de faire remarquer à Mina Ahadi que la création de son organisation coïncide avec la campagne contre les minarets menée par l’UDC, envisageant ainsi le risque de récupération, voire de manipulation dont pourrait être la cible le comité des ex-Musulmans.

Mais Mina Ahadi n’est pas femme à se laisser déstabiliser par pareille éventualité : ‘‘ Je connais l’UDC et je connais les propos racistes qui sont tenus. Et à l’époque j’ai aussi été très fâchée des campagnes xénophobes de ce parti. Je ne crains pas la manipulation. Nous voulons apporter une autre voix contre l’islam que celle des xénophobes. On ne peut pas nous accuser d’être racistes, puisque nous venons d’autres horizons. Nous ne pouvons pas laisser l’UDC mener seule la campagne en faisant un amalgame entre xénophobie et hostilité aux mosquées. Nous voulons apporter une voix de la raison. Nous devons dire qu’il y a assez de mosquées et de minarets en , que nous craignons une radicalisation du climat, que les islamistes viendront un jour exiger des femmes qu’elles portent le voile ici en . Ne rien dire c’est laisser le débat sur le terrain de la xénophobie. Car toutes ces fausses politiques qui se taisent sur l’islam politique aident les racistes et les xénophobes.’’

Outrée de constater à quel point l’Islam s’insinue chaque jour davantage dans la société, Mina Ahadi s’insurge contre ‘‘l’intolérable indulgence’’ des pouvoirs publics, qui sous couvert de relativité culturelle, minimisent le péril islamiste. C’est pour elle une attitude ‘‘inacceptable dans un pays laïc européen’’, trop de bienveillance de la part du gouvernement ne pouvant conduire qu’à ‘‘une propagation périlleuse’’ des dogmes musulmans.

Une femme courageuse et déterminée

mina ahadiMina Ahadi ne sait que trop bien de quoi elle parle. Elle a payé un lourd tribut à l’Islam et c’est en parfaite connaissance de cause qu’elle débat des dangers de cette religion. En 1979, alors que la révolution islamique se produisait en Iran, elle était jeune mariée et étudiait la médecine. Renvoyée de l’Université de Tabriz pour avoir refusé de porter le voile, elle s’engage alors avec son mari dans un mouvement d’extrême gauche. Mais son mari est arrêté puis exécuté. C’est alors qu’elle rejoint clandestinement le Parti communiste iranien basé au Kurdistan. Elle y reste pendant dix ans et travaille pour la radio du parti. ‘‘Notre camp était tout près de Halabja. Le jour où l’armée irakienne a bombardé la ville, notre radio a été touchée et on a perdu 32 membres de notre parti. Saddam Hussein a déclaré que notre radio ne constituait pas la cible. Mais quelle différence ? Nous avions perdu nos amis’’ raconte-t-elle.

En 1990, elle se réfugie en Autriche. L’année d’après, elle s’installait en Allemagne. C’est là-bas qu’elle a poursuivi son combat contre ce qu’elle n’hésite pas à nommer la ‘‘tyrannie de la religion musulmane’’. Une religion qui ‘‘n’est pas réformable’’, insiste-t-elle. Mina Ahadi se félicite de pouvoir à présent militer et ambitionne d’étendre son mouvement à toute l’Europe.

Sources pour la rédaction de ce billet :

- Le Temps
- RFI

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Publié dans ISLAM

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