Réflexions sur le crime de guerre

Publié le par shlomo



Cette semaine, nous souhaiterions attirer l’attention de nos lecteurs sur les révélations de militaires israéliens relatives aux exactions possibles commises sur des civils palestiniens durant la guerre contre le Hamas à Gaza. Publiée jeudi 19 mars, l’information fait la Une de tous les journaux israéliens ; c’est la première fois que de tels témoignages proviennent directement de soldats issus des rangs de Tsahal. La presse internationale évoque déjà les crimes de guerre commis par l’armée israélienne, accréditant les thèses développées par le Hamas ou d’autres organisations sur le nombre de civils palestiniens tués pendant le conflit.

Parmi ces témoignages, le malheur d'une mère palestinienne tuée avec ses deux enfants par un tireur israélien ; elle s'était trompée de direction en sortant de chez elle. Sa famille avait été retenue quelques jours à son domicile et venait d'être libérée par les soldats. L'un d'entre eux n'avait pas connaissance de cette libération et a donc ouvert le feu, pensant respecter les ordres. S’agit-il d’un crime de guerre ?
Un autre soldat raconte qu’une vieille femme palestinienne a été tuée alors qu'elle marchait à 100 mètres de sa maison. Le journal israélien « Maariv » affirme qu’elle se trouvait assez proche des tireurs ; la question de savoir
s’ils étaient capables de déterminer si elle représentait ou non une menace est posée. Comment affirmer qu’il s’agirait là d’un crime de guerre ?

Certains militaires israéliens n’auraient pas respecté les règles éthiques de Tsahal. Des actes de vandalisme auraient été commis, des habitants auraient été évacués de leurs maisons par des tirs. Ces éléments ont suscité une réaction immédiate de la part de la direction de l’académie militaire israélienne qui proscrit l’utilisation de la force sans restriction.
Le ministre de la Défense Ehoud Barak a rappelé que Tsahal est l’armée la plus morale du monde. Quelles que soient leurs unités, les soldats de l’armée d’Israël sont soumis à des règles strictes. Quiconque les transgresse est jugé, et puni. Les condamnations ne sont pas rares et les tribunaux militaires, réputés sévères, ne tiennent pas compte des pressions que subissent les jeunes soldats au cours de leurs trois années de service militaire.

Tout en défendant l’éthique de son armée, Ehoud Barak ne cache pas qu’il peut y avoir des exceptions, « tout ce qui a pu être dit va être vérifié ». Si les témoignages sont crédibles, une enquête sera ouverte. A l’issue de celle-ci, s’il y a des coupables, ils seront condamnés. Toutes les démocraties occidentales n’ont pas un tel niveau d’exigence et de rigueur avec leurs soldats livrés au combat.

Les soldats de Tsahal qui ont mis en exergue de possibles exactions commises par d’autres soldats de Tsahal ne sont pas des « repentis » qui dénoncent la guerre comme un crime politique, à la manière des Pacifistes aux Etats-Unis pendant la guerre du Viet Nam. C’est pour maintenir un haut niveau de respectabilité des règles de Tsahal, au nom de l’honneur de leur armée, que des soldats israéliens ont fait leur devoir militaire. Ils ont témoigné.

Rappelons aussi que de nombreux récits et témoignages confirment que les soldats de Tsahal se sont conduits comme des êtres humains, responsables et soucieux d’observer un haut degré de préoccupation morale : des civils palestiniens malades, blessés, des enfants et des vieillards livrés à eux-mêmes ont été secourus par les services médicaux de Tsahal.

L’accusation de « crime de guerre » viendrait conforter la thèse selon laquelle Israël est l’agresseur ou à l’inverse, le responsable d’une « riposte disproportionnée ».
L’accusation de crime de guerre étoufferait la réalité historique selon laquelle l’agression émane du Hamas, dure depuis huit ans, sème la terreur et la mort sur Sdérot ou Nir Am, Ashqelon ou Beer-Shev’a.

Certes, des victimes civiles palestiniennes ont été tuées au cours de la guerre de Gaza, involontairement. Dans les rangs de Tsahal, la majorité des soldats tués sont tombés sous les balles de leurs frères d’armes. Ces morts ont été victimes de la panique, d’accidents, voire de négligences. Ces morts, israéliens et palestiniens, ont été les victimes de la face obscure et absurde de la guerre.

Un crime de guerre est une violation des lois et coutumes de guerre d'une particulière gravité. La notion de crime de guerre est définie par des accords internationaux et inclut les cas ou une des parties en conflit s'en prend volontairement à des objectifs non-militaires tels que les civils, les prisonniers de guerres et les blessés. La Charte de Londres rédigée dans le cadre de la préparation du procès de Nuremberg, chargé après la Seconde Guerre mondiale de juger les criminels nazis, définissait le crime de guerre comme « assassinat, mauvais traitements ou déportation pour des travaux forcés, ou pour tout autre but, des populations civiles dans les territoires occupés, assassinat ou mauvais traitements des prisonniers de guerre ou des personnes en mer, exécution des otages, pillages de biens publics ou privés, destruction sans motif des villes et des villages, ou dévastation que ne justifient pas les exigences militaires. »

A la lumière de cette définition, les 200 000 chinois exterminés par l'armée impériale japonaise lors du massacre de Nankin ont été victimes de crimes de guerre, tout comme les prisonniers de guerre et les civils belges massacrés par une unité SS à Malmedy, lors de la bataille des Ardennes. De même, le massacre de Srebrenica en 1995, perpétré par les troupes serbes de Bosnie-Herzégovine, fut un crime de guerre. De même, les 300 000 victimes du Darfour.

La mort de civils palestiniens fut une réalité cruelle, souvent organisée par le Hamas qui n’a pas hésité à constituer des boucliers humains pour protéger ses leaders cachés, terrés dans leurs bunkers, abrités. Suprême lâcheté, les boucliers humains sont un crime de guerre, tout comme les tirs de missiles sur Israël qui se poursuivent malgré les trêves décrétées. Ces tirs qui n’ont d’autre but que de tuer des civils israéliens sont des crimes de guerre, par définition.

Cette semaine, les dernières tractations du gouvernement dirigé par Ehoud Olmert en vue de la libération de Guilad Shalit ont définitivement échoué. Le Premier ministre israélien a renoncé à répondre aux surenchères du Hamas. L’opinion israélienne s’inquiète du sort réservé au soldat de Tsahal et citoyen français, pris en otage par le Hamas, il y a 1000 jours.

Sa disparition ou les mauvais traitements qu’il aurait subis relèveraient du crime de guerre.
Qui le dénoncera ?

Ce soir, et depuis 1000 soirs, nous pensons à Guilad Shalit.

guysen

Publié dans ISRAEL

Commenter cet article