La calomnie de "Haaretz" sur les "meurtres de Tsahal"

Publié le par shlomo


Melanie Phillips
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26/03/09

The Spectator.co.uk (22.03.09)

Texte original anglais : "The Haaretz libel".

Traduction française: Menahem Macina


J’ai écouté, bouche bée, comment, dans son show éponyme BBC TV show, de ce matin, Andrew Marr a invité le porte-parole Tory des Affaires étrangères, William Hague, à faire part de ses impressions sur les informations vraiment horribles émanant d’Israël, selon lesquelles des soldats de Tsahal, engagés dans l’opération de Gaza ont raconté qu’on leur avait effectivement dit de tirer sur des civils.

 

Hague répondit :

Eh bien, ce sont des récits absolument effroyables, il n’y a aucun doute à ce propos. Nous ne savons pas encore ce qu’ils contiennent de vrai. Je pense qu’il est très important de le dire. C’est la preuve que doit découvrir maintenant l’unité d’investigation militaire ; et c’est une bonne chose qu’Israël ait les moyens pour cela, pour enquêter sur ces choses et pour amener à l’arrestation de quiconque serait responsable d’un tel comportement. Mais nous devrons attendre… Je pense, partout dans le monde, nous devrons attendre qu’Israël s’occupe de façon énergique de quiconque aurait commis de tels délits. Ce sera très important qu’Israël le fasse s’il veut conserver une autorité morale dans ces situations à l’avenir. Alors nous sommes tous horrifiés par cela et nous espérons qu’on s’en occupera.

Bien entendu, Hague a eu la prudence de dire que la vérité de cette preuve n’était pas encore connue. Mais il n’y a pas de preuve. Jusqu’ici, il n’y a tout simplement rien à prouver ou à réfuter sur la base des comptes rendus de la discussion de soldats, qui figurait dans Haaretz, la semaine dernière, ici et ici – seulement une insinuation, une rumeur et des ouï-dire, manifestement (voir le deuxième article) sortis de leur contexte, et qui s’expriment par le biais du préjugé de l’instructeur des soldats, Danny Amir, un ultra gauchiste incarcéré antérieurement pour avoir refusé de protéger des habitants d’une implantation durant une cérémonie religieuse et qui a dit des soldats qui se sont exprimés au cours de la réunion en question, qu’ils renvoyaient une atmosphère qui règne dans l’armée, de "mépris pour et de fermeté contre les Palestiniens."

Alors, quels sont ces

rapports qui semblent tout à fait horribles

et

ces récits absolument horribles ?

Il y a précisément deux accusations de meurtre gratuit de civils palestiniens sur ordres explicites présumés de le faire. L’un est ce que même Haaretz a clairement défini comme un meurtre accidentel, quand deux femmes ont mal compris les directives de l’itinéraire d’évacuation, que leur avaient données des soldats, et, en conséquence, sont entrées dans le champ de vision d’un tireur d’élite. De plus, le soldat qui avait relaté cela a ensuite admis qu’il n’avait pas assisté lui-même à l’incident – il ne se trouvait même pas à Gaza à l’époque – et il a simplement rapporté une rumeur et un ouï-dire.

Le seconde accusation est basée sur un incident apparemment réel au cours duquel une vieille dame s’approcha d’une unité de Tsahal, un officier ordonna [à ses hommes] de tirer sur elle, parce qu’elle s’était approchée de la ligne [?] et pouvait être une terroriste-suicide. Le soldat qui a relaté le fait n’a pas dit si la femme avait été réellement tuée. En réalité, du fait qu’il parle "sur la base de la description de ce qui est arrivé" il s’avère qu’il s’agissait, une fois de plus, d’un simple ouï-dire. Et son interprétation a été contestée par un autre soldat qui a dit :

Elle n’était pas censée être là, puisqu’il y avait eu des avertissements et des bombardements. La logique dit qu’elle ne devait pas se trouver là. La manière dont tu décris ça, comme un meurtre commis de sang-froid, ce n’est pas exact.

Par conséquent, deux actes abominables qui n’en sont pas, alors ? Quoi d’autre ?

Deux soldats qui la ramènent – dans des conversations d’une incohérence presque impénétrable – en parlant d’ordres de tuer toute personne qui restait dans des bâtiments définis comme des cibles terroristes, après que Tsahal ait averti tous ceux qui y étaient de sortir, équivaut à des ordres de tuer de sang-froid. Il n’existe dans le monde aucune armée qui s’abstiendrait de telles instructions dans des circonstances telles que celles-ci, où le Hamas se vantait d’avoir piégé toute la zone.

Des graffitis triomphants laissés dans les maisons par des terroristes présumés.

Des T-Shirts vulgaires décorés de motifs appelant à tuer, et immédiatement condamnés par Tsahal.

Des rabbins distribuant aux soldats des psaumes et des textes exprimant des opinions religieuses à propos du conflit.

Voilà ce qu’il en est. Pas un seul incident réel vérifiable, ni d’homicide intentionnel de civils. Pas la moindre preuve de tels incidents brutaux – et certainement pas d’ordre donné par Tsahal de violer ses règles de combat qui interdisent de prendre pour cibles des civils. Ce qu’a dit un soldat sur l’armée de l’air israélienne qui aurait tué beaucoup de gens, a été contredit par un autre qui a dit :

Ils lançaient des tracts et tiraient parfois un missile, à partir d’un hélicoptère, sur le coin d’une maison, juste histoire de secouer un peu le bâtiment pour mettre en fuite ceux qui y étaient encore. Ces trucs marchaient bien. Les familles sortaient et les gens [comprenez : les soldats] entraient dans les maisons qui étaient bien vides, au moins de civils innocents. [C’est moi qui souligne. M. Phillips].

Un étrange mode de comportement militaire immoral, qui va jusqu’à vider les maisons de leurs civils avant d’y faire irruption. En fait, la discussion des soldats contient beaucoup plus d’éléments qui contredisent entièrement l’impression de graves violations éthiques. Comme ceci :

Je suis sergent, chef de section dans une unité d’opérations d’infanterie parachutée. Nous sommes [entrés] dans une maison et avons découvert, à l’intérieur, une famille qui n’était pas censée y être. Nous les avons tous rassemblés au sous-sol, après avoir posté deux gardes en permanence, et nous être assurés qu’ils ne causeraient aucun problème. Graduellement, la distance émotionnelle entre nous se dissipa – nous avons fumé avec eux, bu du café avec eux, parlé du sens de la vie et des combats à Gaza. Après de nombreuses conversations, le propriétaire de la maison, un homme de plus de 70 ans, a dit que c’était une bonne chose que nous soyons à Gaza, et que c’était une bonne chose que Tsahal fasse ce qu’il faisait.

Le lendemain, nous avons envoyé le propriétaire de la maison et son fils, un homme de 40 ou 50 ans, à l’interrogatoire. Le jour suivant, nous avons reçu une réponse : On a découvert que les deux sont des militants politiques du Hamas. C’était un peu perturbant qu’ils nous aient dit comme c’était bien que nous soyons là, et bon pour nous, bla, bla… Puis, vous découvrez qu’ils vous ont menti dans les yeux tout le temps.

Ce qui me perturbait, c’est qu’à la fin, après que nous ayons compris que les membres de cette famille n’étaient pas exactement de bons amis pour nous et qu’ils méritaient tout à fait d’être éjectés de là, mon commandant d’unité nous a recommandé de ne pas quitter la maison avant d’avoir nettoyé tout le bazar, ramassé et rassemblé tous les déchets dans des sacs, balayé et lavé le parquet, plié les couvertures que nous avions utilisées, de mettre les matelas en tas et de les remettre sur les lits.

… Un jour, une Katioucha Grad a atterri à Beer Sheva et une mère et son bébé ont subi des blessures, de moyennes à graves. C’étaient les voisins de l’un de mes soldats. Nous avons entendu toute l’histoire à la radio, et il n’avait pas pris ça à la légère – que ses voisins aient été sérieusement blessés. Aussi le type était-il un peu énervé, et on peut le comprendre. Il n’est pas facile de dire à quelqu’un comme lui : « Allez, on va laver le plancher d’un militant du Hamas, qui a tiré une Katioucha sur votre voisin, ce qui lui a valu d’être amputé d’une jambe, surtout quand vous n’êtes pas du tout d’accord avec ça. Quand mon commandant d’unité a dit : « Bon, dis à tous [les gars] de plier les couvertures et de rassembler les matelas », ça ne m’a pas été facile d’accepter. Il y a eu pas mal de gueulantes. A la fin, j’ai été convaincu et j’ai réalisé que c’était vraiment la bonne chose à faire. Aujourd’hui, je l’apprécie et je l’admire même, ce commandant d’unité, pour ce qui s’est passé ici. En fin de compte, je ne pense pas qu’une autre armée, l’armée syrienne, l’armée afghane, auraient lavé le plancher des maisons de leurs ennemis, et ils n’auraient certainement pas plié et remis en place les couvertures dans les placards.


Voilà ce que l’instructeur, Dany Zamir, décrivait comme

« du mépris et de la dureté envers les Palestiens ».

N’y a-t-il donc aucune mention de ça dans les médias mondiaux ? Pensez-vous qu’Andrew Marr, ou William Hague, ont lu ces informations ? […] Tout ce qu’ils ont ramassé et publié c’est ce pré-presse paresseux et malfaisant, soigneusement filé par Haaretz : rumeur et ouï-dire autour de deux incidents relatés par deux soldats (dont l’un n’était même pas à Gaza) – l’un concernant un homicide accidentel, l’autre n’étant peut-être pas du tout un homicide – plus quelques propos vulgaires de soldats, quelques graffitis regrettables, idem pour des tee-shirts, plus quelques tracts de rabbins inconnus, émettant des déclarations qui ne font pas le poids face à Tsahal, ni ne reflètent en quoi que ce soit la position israélienne.

C’est pourtant sur cette base que, selon Andrew Marr, William Hague, le New York Times, le Guardian, The Independent, la BBC, les Oncle Tom diffamateurs d’Israël, et leurs semblables, il est maintenant démontré, sans l’ombre d’un doute, que, oui !! après tout (jusqu’à preuve du contraire – mais comment réfuter une chose dont pas la moindre preuve n’est apportée ?), Israël s’est comporté de manière cruelle à Gaza ; et que, ce faisant, il a perdu tout titre à ce qui lui reste d’autorité morale, qui ne tenait déjà plus qu’à un fil en raison des précédentes calomnies meurtrières, et presque certainement à son droit d’exister tout court.


Ce n’est pas seulement du fanatisme. C’est un terrain pour la chasse aux sorcières. Et c’est mondial.

 

Melanie Phillips

 

© Spectator

 

Mis en ligne le 26 mars 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org

Publié dans ISRAEL

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