Soudan : Selon Israël, il s’agissait d’un avertissement à l’Iran !

Publié le par shlomo

Le 26 mars 2009, la chaîne américaine CBS et les médias israéliens ont fait état d’une frappe aérienne israélienne au Soudan contre un convoi d’armes iraniennes destinées au Hamas. Nous avions vu dans ce récit une insinuation sur la capacité de frappe aérienne israélienne contre l’Iran : le site officiel du ministère des affaires étrangères d’Israël nous donne raison.

Hier nous avons traduit l’essentiel du récit paru sur le site Hamdami, l’antenne persanophone du ministère israélien des affaires étrangères, où il était question d’une frappe israélienne contre un convoi de 37 grands camions sur le territoire soudanais [1]. En guise d’analyse, nous avons préparé une carte (ci-dessous) où l’on voit que Port-Soudan se trouve à la même distance d’Israël que la ville iranienne d’Arak, connue pour son réacteur à eau lourde, un équipement susceptible de fournir aux mollahs une capacité de chantage nucléaire. Nous avions donc affirmé que le récit évoquait également la capacité d’une intervention israélienne en Iran.

Cependant, cette analyse évidente a échappé à un grand nombre de journalistes non coutumiers de l’observation des cartes, ils ont alors écrit des analyses complètement à côté de la plaque en oubliant de citer le nom de l’Iran comme une cible potentielle. Cette erreur a été corrigée par un second article paru sur le Hamdami.com, l’antenne persanophone du ministère israélien des affaires étrangères.

Dans ce second article, les chiffres ont changé : il ne s’agit plus d’une attaque contre un convoi de 37 camions, mais de 2/3 attaques contre des convois de 17 camions. Par ailleurs, dans cette seconde version [2], Hamdami cite Olmert et des « experts militaires israéliens ». Éhud Olmert dit qu’Israël « frappera le terrorisme partout où c’est nécessaire. Que ce soit près ou loin », et les experts (anonymes ça va de soi) précisent que « l’attaque a été un avertissement à l’Iran ! »

Leur explication commune vaut son pesant de shekels en chocolat. Selon les experts militaires du ministère israélien des affaires étrangères, « ces avions ont parcouru une distance de 2400 kilomètres (aller-retour) ce qui voudrait dire qu’ils pourraient se rendre en Iran pour détruire des missiles d’une portée de 1200 Km avec lesquels Téhéran a récemment promis de détruire Israël ». Voilà ce qu’il fallait comprendre. (cliquez et zoomez sur la carte pour agrandir)
© WWW.IRAN-RESIST.ORG

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Cette explication « presque officielle » du site du ministère israélien des affaires étrangères qui évoque un avertissement à l’Iran va certes dans le sens de notre analyse, mais elle ne nous satisfait pas car elle ne correspond pas à la réalité géographique visible sur notre carte (ci-dessus). Le rayon d’action de l’attaque dépasse la ligne de la frontière irano-irakienne (distante de 1000 Km d’Israël) où seraient placés les fameux missiles iraniens -fictions évoquées dans les slogans du régime- pour frôler Arak, qui n’a rien de fictif. Le vrai avertissement concerne le réacteur d’Arak, mais la question est de savoir pourquoi se garder d’évoquer cette possibilité de frappe des installations nucléaires iraniennes qui a pourtant été à maintes reprises évoquée par de nombreux dirigeants israéliens ?

Cette évocation ne peut en aucun cas nuire à Israël, mais il est certain qu’elle nuirait aux Etats-Unis car elle fournirait aux mollahs un prétexte pour faire un scandale et refuser tout dialogue. Cela pourrait même contraindre Washington de faire des concessions alors que son objectif à travers ses initiatives de main tendue est de pousser Téhéran à en faire.

Cet avertissement qui veut rester secret est celui des Etats-Unis qui sont d’ailleurs muets à propos de cette frappe soudanaises et de ses insinuations iraniennes. Israël a agi en sa qualité d’allié stratégique des Etats-Unis. Ces derniers demandent aux Turcs et aux Afghans de faire des courbettes aux mollahs et demandent aux Israéliens de se montrer menaçants. Depuis longtemps, Washington ne parle plus de l’option militaire, mais laisse parler Israël. Dans le cas présent, il rappelle ainsi aux mollahs l’actualité de cette option (sur des cibles sélectionnées des supposés emplacements de missiles ou au besoin un réacteur). Mais suite à ses échecs pour les attirer à la table des négociations et des compromis, il se garde de toute déclaration susceptible de leur fournir des prétextes de plus pour bouder.

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Publié dans IRAN NUCLEAIRE

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