La guerre de Gaza et la nouvelle flambée d’antisémitisme (2)

Publié le par shlomo

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IV. ACCUSATIONS ET APPELS A DES ACTIONS CONTRE ISRAËL

 

Médias

Comme en d’autres occasions, divers médias ont eu une influence majeure dans la distorsion des événements, comme le montrent les exemples suivants. France 2 a été très critiquée, ces dernières années, pour son rôle dans l’affaire Al-Dura. Le spécialiste des médias français, Philippe Karsenty, a déclaré que les images de France 2 montrant le meurtre du petit Muhammad al-Dura au début de la Seconde Intifada, à l’automne 2000, étaient une mise en scène. Quand France 2 a poursuivi Karsenty, une cour d’appel a décidé qu’il avait parfaitement le droit d’exprimer des doutes sur l’authenticité de ce reportage (98).

Lors de la récente campagne de Gaza, France 2 a diffusé, comme illustration, une vidéo-amateur filmée en réalité en 2005, lors d’un incident où des Gazaouis avaient été tués par une explosion causée par des militants du Hamas. Les responsables ont présenté cette erreur comme un « dysfonctionnement interne ». Etienne Leenhardt, directeur de l'information de France 2 a déclaré que les images « devaient servir à illustrer la guerre des images sur Internet », et encore : « Les journalistes qui ont procédé au montage ont travaillé dans la précipitation » (99).

Le groupe de veille médiatique israélo-hollandais Israël Facts, a entrepris une analyse détaillée de la façon dont NOS, un service d’information financé par l’Etat, a rendu comte de la campagne de Gaza. En se fondant sur toutes les émissions d’actualité de début de soirée de NOS pendant cette opération militaire, ils ont pu démontrer que l’omission, la distorsion et la manipulation étaient systématiques. Les images étaient, pour la plupart, celles d’un journaliste local de Gaza. 90% de ces images traitaient de la souffrance de la population de Gaza. Israël Facts souligne que ces reportages ne donnaient à aucun porte-parole israélien la possibilité de s’exprimer. Ils ajoutent que le point de vue israélien n’apparaît qu’au bout de quatre jours, lors du Nouvel An, quand la plupart des Hollandais sont plongés dans les festivités. On remarquait aussi qu’Israël n’a pas bénéficié de droit de réponse face aux accusations des ONG et des Palestiniens (100).

De son côté, The Guardian a publié une nécrologie de Nizar Rayan, dirigeant terroriste du Hamas, qui avait envoyé son fils de 22 ans dans une mission-suicide qui avait coûté la vie à deux Israéliens. Cet article, qui parlait de lui comme d’un homme politique, avait pour sous-titre « Un religieux et haut dirigeant du Hamas considéré comme un héros dans les rues de Gaza. » (101).

L’historien et spécialiste des médias, Richard Landes, a relevé que les médias internationaux ont largement été favorable au Hamas, dont la stratégie a été de dramatiser et d’exagérer les pertes palestiniennes, de manière à s’attirer la sympathie du monde entier et à mobiliser la pression de la communauté internationale pour empêcher Israël de continuer ses opérations militaires avant qu’elles aient atteint leurs objectifs. Il signale d’ailleurs que le phénomène consistant à forcer l’ennemi à infliger des pertes à  sa propre population civile est une stratégie à peu près inédite hormis dans le cadre du djihad (102).

Un incident ayant eu lieu à l’école Ibn Rushd pour garçons, gérée par l’UNRWA, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, fournit un exemple de l’irresponsabilité des médias, que décrit Landes. Des titres comme « Un bombardement israélien fait des dizaines de morts dans une école de Gaza » (103), ou « Massacre des Innocents dans le bombardement d’une école de l’ONU » (104), ont fait florès, suite à une réplique de l’artillerie israélienne à des attaques de roquettes du Hamas. Le 7 janvier, le rapport du Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA) a aussi soutenu que  l’école de l’UNRWA avait été bombardée (105). Pourtant, quand Patrick Martin, correspondant au Moyen-Orient du journal canadien, Globe and Mail, a mené son enquête, il a révélé que personne n’avait été tué dans l’école (106). Le 5 février, le Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires a finalement publié une clarification confirmant que des obus israéliens avait atterri devant l’école (107). Martin fait une bonne description de la manière dont les médias exercent une pression sur Israël :

Les nouvelles de la tragédie ont été rapidement répandues. On citait des membres du personnel médical et des secouristes qui localisaient l’incident dans l’école, ce bâtiment de l’UNRWA où des gens avaient trouvé refuge. On ne tarda pas à dire que des gens avaient été tués dans l’enceinte de l’école. Et bientôt, le scandale fut mondial.

Le monde entier a été choqué, et on a comparé cette tragédie à l’attaque israélienne de 1996, à Qana, au cours de laquelle un bâtiment de l’ONU avait été bombardé et 100 personnes, réfugiées à l’intérieur, avaient été tuées. Il ne faisait aucun doute que cela allait mettre un terme prématuré à l’offensive israélienne et que l’incident serait en tête de la liste des crimes de guerre commis par Israël (108).

D’autres distorsions de l’information par les médias sont fréquentes. On a pu voir des manifestations être considérées par les médias comme pacifiques tandis que, sur place, des observateurs ont pu témoigner avoir entendu  « mort aux juifs », voir des drapeaux israéliens brûlés ou des pancartes assimilant les Juifs à des nazis sans qu’aucun média ne le signale. Levi Salomon, représentant de la communauté juive de Berlin, a donné des exemples de tels manquements journalistiques.(109)

 

Guerre juridique et accusation de crimes de guerre

La guerre juridique, qui consiste à utiliser le droit international, comme le font diverses organisations et des particuliers, est un élément non négligeable des dommages subis par Israël. Des responsables israéliens sont harcelés par des poursuites civiles et des enquêtes criminelles. Des ONG ne cessent de publier des centaines de déclarations accusant Israël d’« attaques indiscriminées », d’« usage disproportionné de la force », de « sanctions collectives » et de « crimes de guerre ».

NGO Monitor explique que cette stratégie a été élaborée lors du forum des associations de 2001, au cours de la Conférence de Durban, afin de diaboliser et de délégitimer Israël. Selon NGO Monitor, « Les ONG qui veulent lancer des poursuites fondent leurs allégations sur des bases légales fautives, sur la distorsion des faits, sur des témoins oculaires sans aucune fiabilité. Ces ONG ne possèdent pas les informations militaires ou factuelles nécessaires à l’établissement d’un dossier » (110).

Deux des plus importantes ONG, Amnesty International et Human Rights Watch, ont accusé Israël de crimes de guerre en affirmant que Tsahal utilisait des munitions au phosphore blanc, de manière indiscriminée, dans les zones surpeuplées de Gaza (111). Quatre-vingt-dix associations pro-palestiniennes, pour la plupart françaises, cherchent à obtenir une condamnation d’Israël par la Cour Pénale Internationale, pour crimes de guerre à Gaza (112). Des centaines de groupuscules des droits de l’homme se préparent à demander à la CPI de faire une enquête envers Israël pour « crimes de guerre » (113).

 

Les Nations Unies

Comme d’habitude, un certain nombre de responsables de l’ONU sont intervenus contre Israël. Richard Falk, le rapporteur de l’ONU pour les Territoires occupés, et anti-israélien notoire, affirme qu’Israël avait violé le droit international et parle de « sanction collective », de « prise pour cibles des civils, de manière délibérée » et de « réaction militaire disproportionnée » (114).

Le président de l’Assemblée Générale des Nations Unies, Miguel d'Escoto Brockmann, du Nicaragua, qui avait serré dans ses bras le président iranien Ahmadinejad, lors d’une séance plénière, il y a quelques mois, a décrit la situation comme « un génocide » (115).

La haut-commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay, a déclaré qu’Israël avait peut-être commis des crimes de guerre à Gaza et a mentionné précisément un incident dans la ville de Zeitoun, où environ trente personne auraient été tuées dans la même maison lors d’un bombardement israélien (116). Il est notoire que le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies et l’entité qui l’a précédé, la Commission pour les Droits de l’Homme, ont systématiquement négligé les crimes de nations comme le Soudan, l’Iran, ou d’autres, qui sont pourtant connues pour leurs graves violations des droits de l’homme (117).

John Ging, qui dirige l’UNRWA, a également déclaré que les meurtres de civils innocents à Gaza pouvaient être considérés comme des crimes de guerre (118).

 

Boycotts

Les campagnes de boycott sont un instrument majeur dans l’arsenal des ennemis d’Israël au XXIe siècle. L’offensive de Gaza a déclenché de nouveaux appels de ce type. Certains concernaient des produits israéliens (119), d’autres visaient des manifestations universitaires, culturelles, sportives, ou avaient un caractère général.

Les personnalités et les entités qui s’étaient exprimées contre Israël par le passé ont repris du service. Par exemple, les membres du syndicat de gauche des journalistes britanniques (National Union of Journalists, NUJ) ont à nouveau discuté de la possibilité de promouvoir un boycott d’Israël (120). Lors de son meeting annuel en 2007, le NUJ avait voté en faveur d’un boycott des produits israéliens, à titre de protestation contre la Seconde Guerre du Liban. Suite à une opposition grandissante, cette motion fut cependant abandonnée par une large majorité lors du congrès de 2008 (121).

Certaines campagnes allaient jusqu’à appeler à un boycott des Juifs. L’affaire qui a reçu le plus de publicité est celle d’un petit syndicat de gauche du secteur alimentaire et de la distribution, l’italien Flaica-CUB. Son président, Giancarlo Desiderati, avait déclaré aux journalistes qu’une liste de commerces juifs était en cours d’élaboration. En réaction, le maire de Rome, Gianni Alemanno, est allé faire des achats dans une boutique juive de vêtements et a souligné que de tels appels au boycott dans les années trente avaient été les signes avant-coureurs des lois fascistes antisémites de 1938. D’autres hommes politiques ont également condamné ce boycott (122).

Dans d’autres pays, comme l’Argentine, il y a eu des appels au boycott des commerces juifs dans certaines villes (123).

Un e-mail anonyme a circulé en Afrique du Sud, appelant au boycott des commerces juifs. Un groupe d’une centaine de musulmans a cependant condamné ce message (124).

Ingalill Bjartén, qui est parmi les dirigeantes de l’Association Féministe Suédoise (social-démocrate), a comparé Israël aux nazis. Elle a aussi demandé l’annulation du match de Coupe Davis de Tennis entre la Suède et Israël, qui doit avoir lieu en mars. Le député Hans Linde, porte-parole du Parti de Gauche pour les affaires étrangères, s’est joint à elle et a appelé à un boycott culturel d’Israël (125). On a conseillé à une équipe de taekwondo israélienne d’annuler sa participation à une compétition qui avait lieu à Trelleborg, à cause de menaces d’attaque, émises par une organisation musulmane suédoise (126).

Parfois, ces appels au boycott partent d’une simple rumeur. Des messages ont ainsi été envoyés à de nombreux musulmans hollandais immigrés, pour qu’ils boycottent les chaînes allemandes de supermarchés Aldi et Lidl. On ne sait pas exactement d’où provient cette campagne, qui était partie de la fausse information que ces deux chaînes faisaient don d’une part de leurs bénéfices à Israël. Des appels similaires ont eu lieu en Europe et au Moyen-Orient invitant à boycotter des établissements comme ceux de McDonald, Pepsi Cola, et Kentucky Fried Chicken. La chaîne américaine Starbucks Café a reconnu que ce boycott avait eu un impact sur ses résultats (127).

Le syndicat des coopératives turques, partenaire du ministère de l’agriculture turc, a annoncé un embargo sur le financement d’achats en provenance d’Israël. Comme ce syndicat donne des subventions aux agriculteurs, cet embargo signifie que les agriculteurs turcs risquent de préférer acheter leurs fournitures agricoles auprès d’autres pays (128).

Le syndicat sud-africain des transporteurs (Transport and Allied Workers Union) a boycotté un navire israélien à Durban. Les marchandises ont été débarqués, par la suite, en faisant appel à des travailleurs qui ne faisaient pas partie de ce syndicat (129).

Des boycotts universitaires ont également été annoncés. Début janvier, à la demande de la fédération des employés et universitaires palestiniens (Palestinian Federation of University Professors and Employees), Sid Ryan, président de la centrale syndicale des fonctionnaires de l’Ontario (Canadian Union of Public Employees, CUPE), a appelé au boycott des universitaires israéliens, sauf s’ils condamnaient l’action militaire d’israélienne (130). Cet appel faisait suite au bombardement de l’université islamique de Gaza. Les cibles incluaient deux laboratoires qui servaient de centre de recherche et de développement pour la branche militaire du Hamas, et où léon procédait à l’élaboration d’explosifs sous les auspices de professeurs d’université. L’université servait aussi à stocker des roquettes et des explosifs (131).

Le 22 février, le CUPE Ontario a adopté une résolution qui « encourage à rechercher les relations entre l’Ontario et Israël sur la recherche militaire et appelle les universités de l’Ontario à refuser de procéder à de telles recherches qui seraient au bénéfice de l’armée israélienne » (132). C’était un recul par rapport à l’appel précédent, mais c’était toujours une condamnation d’Israël. Le président du CUPE pour le Canada a fait une déclaration se désolidarisant du CUPE Ontario, « qui ne représente pas la politique du CUPE national » (133).

 

Le rôle des Juifs anti-israéliens

Comme souvent par le passé, un petit nombre de Juifs ont tenu les propos les plus extrêmes envers Israël (134). Certains sont Juifs, même s’ils ne le soulignent pas. D’autres utilisent le fait d’être Juif, ou exploitent les souffrances de leur famille durant l’Holocauste, comme arme pour s’en prendre à Israël. De petits groupes juifs ont aidé à organiser, ou on participé à des manifestations de haine anti-israélienne.

Naomi Klein, une militante anti-mondialisation canadienne, a proposé une stratégie de boycott d’Israël dans The Nation (135). Sir Gerald Kaufman, parlementaire britannique travailliste, a comparé le Hamas à Gaza aux résistants juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Il a déclaré que le gouvernement israélien « exploite avec un cynisme sans vergogne la culpabilité que ressentent les Gentils à la suite du massacre des Juifs, comme justification de leur assassinat des Palestiniens ». Il a ajouté : « Ma grand-mère a été abattue par les nazis. Ce n’était pas pour fournir une couverture aux soldats israéliens qui assassinent des grands-mères palestiniennes à Gaza » (136).

Le comédien britannique Alexei Sayle, a pu dire, lors d’un rassemblement à Londres : « En tant que Juif, je trouve très émouvant de voir tant de gens qui sont scandalisés par les actions d’Israël ». Et d’ajouter : « Israël est un pays démocratique qui se conduit comme une organisation terroriste » (137).

Dans un texte publié sur son site et qui s’intitule « Deutschland Uber Alles », Norman Finkelstein fait un parallèle entre des images de l’Holocauste et des soi-disant atrocités israéliennes. L’article a pour sous-titre "Les petits-enfants des survivants de l’Holocauste font aux Palestiniens exactement ce que les nazis leur ont fait » (138). Inutile de préciser que si cela avait été le cas, tous les Palestiniens seraient morts depuis longtemps. ».

 

Interruption du dialogue

Dans un certain nombre de pays existe un dialogue entre des organisations musulmanes et juives. Durant la guerre, certains groupes musulmans ont interrompu ces relations quand leur partenaire juif se refusait à condamner l’action israélienne à Gaza. Cette exigence était hypocrite, évidemment, puisque les groupes musulmans n’ont que rarement - si ce n’est jamais - condamné les Palestiniens ou le Hamas pour des actes de terrorisme contre Israël. Ils ne se sont pas non plus exprimés contre les appels au génocide venant du monde musulman.

En France, tous les représentants musulmans se sont retirés du dialogue avec le CRIF, le Conseil Représentatif des Institutions juives de France. Ces relations avaient lieu dans le cadre de l’Amitié judéo-musulmane de France (AJMF) (139). L’imam tunisien, Hassen Chalghoumi, qui faisait partie de ce programme, a noté que celui-ci était au point mort. Si, selon le CRIF, 95% des Juifs français soutiennent l’action d’Israël à Gaza, la plupart des musulmans sont solidaires avec les Palestiniens. Pour Chalghoumi, « la réconciliation (entre les Français juifs et musulmans) prendra du temps » (140). Au Pays-Bas également le dialogue a été affecté.

Ces incidents devraient conduire les partenaires juifs à repenser leur conception du dialogue. Ces mains tendues ont souvent été le fait des Juifs qui courtisaient les musulmans. Dans un certain nombre de cas, cela a permis aux musulmans de critiquer Israël, tandis que leurs partenaires juifs en étaient réduits, au mieux, à défendre Israël. Il aurait été plus logique de répondre en faisant remarquer l’étendue des meurtres et violations des droits de l’homme dans les pays musulmans, dont l’Irak, l’Afghanistan, le Soudan, ou la Somalie. On aurait pu souligner les appels au génocide de dignitaires religieux et de politiques de haut rang dans le monde musulman, et l’antisémitisme féroce qui y prévaut.

On pourrait développer d’autres aspects. Pour différentes raisons, l’image de la communauté musulmane se détériore en Europe. Le dialogue avec la communauté juive apporte une certaine respectabilité. Et si les Juifs, qui sont censés être dans le camp opposé, dialoguent avec eux, alors pourquoi pas nous ? peuvent se dire les autorités. Aider les groupes musulmans à se faire reconnaître pour ensuite se faire attaquer par ces mêmes groupes n’est pas dans l’intérêt des communautés juives.

L’instrumentalisation des relations entre Juifs et musulmans par les politiques est aussi un problème important. Les Juifs ont été victimes d’agressions, de discours de haine, durant la campagne de Gaza, mais également, dans une moindre mesure ces dernières années, dans les pays européens. Les autorités ne sont pas à l’aise quand elles doivent constater publiquement que les agressions ne proviennent que de la partie musulmane. S’il se trouve un incident où ce sont des Juifs qui attaquent des musulmans, cela permet aux autorités de présenter l’ensemble des agressions sous un jour mensonger. C’est ce qui s’est passé quand un groupe de Juifs s’en est pris à des lycéens musulmans, au Lycée Janson-de-Sailly à Paris (141).

La ministre de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, a ainsi pu parler de tension entre les communautés (142). On ne pouvait trouver formulation plus inadéquate quand on constate le caractère profondément asymétrique du conflit en France. Le 14 janvier, lors d’un discours prononcé à Orléans, Nicolas Sarkozy a déclaré : « Je ne tolèrerai pas que le conflit du Moyen-Orient soit exploité par certains pour créer des tensions intercommunautaires en France (…) L’antisémitisme et l’islamophobie seront condamnés avec une égale sévérité (143). A l’entendre, on pourrait croire que Juifs et musulmans importent la violence du conflit à part égale. Incidemment, l’antisémitisme et l’islamophobie sont de nature très différente (144).

 

La lutte pour l’espace public

Les actions de divers groupes musulmans constituent des tentatives de s’imposer sur la place publique et d’en repousser les composantes juives et israéliennes. Cela a débuté par des agressions de Juifs dans divers pays européens. La France a été particulièrement touchée (145), mais c’est ensuite devenu un phénomène courant dans d’autres pays.

Le problème est devenu suffisamment grave pour que certaines communautés conseillent à leurs membres de ne pas porter de kippa dans la rue. L’ancien grand rabbin de France, Joseph Sitruk, l’a recommandé un certain nombre de fois (146). On a aussi conseillé à ceux qui portaient des étoiles de David, de les cacher.

Pessy Hollander, un Juif de Norvège, a raconté la peur de nombreux membres de la communauté juive de Norvège, qui a reçu des menaces de mort. Il connaît une famille orthodoxe qui ne va plus à la synagogue parce qu’ils se font remarquer dans la rue (147). Dans le même temps, on constate, dans les grandes villes européennes, que de nombreux musulmans imposent leur religion dans le domaine public par des choix vestimentaires voyants.

Lors de la guerre de Gaza, cette tentative pour investir et dominer la place publique est devenue évidente. Des musulmans ont attaqué des manifestations pro-israéliennes et des Juifs dans les rues. Des tentatives d’incendies d’institutions juives ont eu lieu. A la suite de manifestations anti-israéliennes, des services publics de prière [musulmane] ont eu lieu, comme à Fort Lauderdale, aux Etats-Unis (148).

A Milan, une séance de prière musulmane s’est tenue sur la grande place de la cathédrale. C’est un message que l’on peut interpréter de diverses manières, notamment comme indiquant que les catholiques peuvent prier à l’intérieur, mais que la place publique est désormais le lieu de la prière musulmane. Ou encore comme un signe que la cathédrale est vide mais la rue remplie, et que la cathédrale ne tardera pas à devenir une mosquée. De nombreux Italiens ont compris le message. Le ministre de l’Intérieur, Roberto Maroni, a interdit de futures manifestations devant les édifices religieux. Les organisateurs musulmans ont plus tard présenté leurs excuses au cardinal de Milan (149).

Les autorités ont parfois pris part à ce phénomène. On a vu que la police de Duisburg a, par exemple, fait retirer les drapeaux israéliens des maisons. La dispersion d’une manifestation pro-israélienne à Malmö est un autre exemple.

Cette bataille pour la place publique ne concerne pas que les Juifs. Ceux qui, aujourd’hui, veulent s’imposer sur la place publique au détriment des Juifs, le feront demain au détriment d’autres secteurs de la société.

 

V. APRÈS LA FIN DE LA CAMPAGNE DE GAZA

A la fin des opérations militaires, les incidents se sont poursuivis à un rythme moindre. A Malmö, une manifestation pro-israélienne dûment autorisée a été attaquée par des manifestants non autorisés. Plutôt que de protéger ceux qui exerçaient leur droit de manifestation, la police a dispersé les deux groupes (150). Un bloggeur, Ted Ekeroth, a montré l’attaque d’une autre manifestation pro-israélienne, dans la même ville, par un groupe de personnes qui leur ont lancé des projectiles et des tubes bourrés d’explosifs (151). Une chaussure a été lancée en direction de l’ambassadeur israélien en Suède, Benny Dagan, lors d’un discours à l’université de Stockholm (152).

A Amsterdam, une conférence qui devait avoir lieu dans un grand hôtel, sous l’égide d’une association juive, a dû changer de lieu, suite à des menaces par e-mail. On a lancé des chaussures à l’orateur, Ron Edelheit, qui fait partie des porte-parole de Tsahal (153). Par la suite, le député du Parti Libéral, Paul de Krom, a demandé au gouvernement hollandais ce qu’il comptait faire contre la montée de l’antisémitisme à Amsterdam et les appels à la violence lors des manifestations pro-palestiniennes (154).

Suite à des menaces politiques, le conseil municipal de Malmö (majorité de gauche) a décidé que le match de Coupe Davis de Tennis Suède-Israël, se déroulerait à huis clos. La décision a été prise malgré un avis positif de la police pour la présence du public (155). 6 000 personnes ont manifesté devant le stade contre Israël. Environ 200 participants ont lancé des pierres, des feux d’artifices et des bombes de peinture sur la police (156). L’équipe israélienne a remporté le match. Abraham Cooper et Harold Brackman, du Centre Simon Wiesenthal, ont publié un article qui recensait une sélection d’actes antisémites en Suède, et notait que « le dénigrement extrême et la rhétorique anti-israélienne sont devenus la marque de fabrique d’une grande partie de la classe politique suédoise » (157).

Le 23 janvier, sur son blog personnel, Bert Anciaux, ministre du gouvernement flamand, a comparé l’opération de Gaza à la tuerie qui avait eu lieu dans une crèche belge et au cours de laquelle deux enfants et une adulte avaient été tués par un jeune homme de vingt ans (158). Le ministère des Affaires étrangères a pris ses distance avec Anciaux (159). Quelques jours plus tard, le gouvernement flamand dans son entier, y compris Anciaux, reconnaissait qu’il n’y avait pas le moindre lien entre les deux événements (160).

Le vendredi 30 janvier au soir, une synagogue de Caracas a été couverte de graffitis tandis que la salle où se trouvent les rouleaux de la Torah était vandalisée (161). Le président Chavez a condamné cet acte et a accusé ses adversaires politiques de l’avoir commis (162). Quelques jours plus tard, 11 personnes ont été arrêtées, dont 7 policiers. L’agression a été présentée comme étant le fait de voyous et comme dépourvue de motivation antisémite (163). Le 27 février, un engin explosif a été mis à feu devant un centre juif de Caracas (164).

 

Les ONG

L’action des ONG contre Israël continue. Amnesty International a publié une déclaration condamnant à la fois le Hamas et Israël et suggérant un embargo sur les armes à destination d’Israël. Abraham Foxman, directeur national de l’Anti-Defamation League, a durement critiqué ce rapport : « Amnesty refuse à Israël le droit à la légitime défense, qui est un droit reconnu internationalement à toute nation souveraine ».(165)

NGO Monitor a analysé le texte d’Amnesty et conclu qu’« il s’abrite derrière une façade de pseudo-recherche documentée pour proférer des accusations sans fondement, déformer le droit international et promouvoir une équivalence immorale et indéfendable entre le Hamas et Israël ». NGO Monitor ajoutait que « les responsables d’Amnesty International qui sont derrière ces abus et cette exploitation des droits de l’homme, devraient démissionner (166).

Une ONG palestinienne, Al-Haq, a entamé des poursuites contre le gouvernement britannique pour le forcer à imposer des sanctions à Israël. Le Foreign Office a répondu que de telles plaintes envers des ministres britanniques « n’avaient aucunement vocation à être résolues dans le cadre de procédures juridiques nationales » (167).

 

Boycotts

Le 22 janvier, un groupe de professeurs américains a lancé une Campagne de boycott universitaire et culturel d’Israël. Deux semaines plus tard, ils annonçaient avoir reçu 205 adhésions, dont 155 américaines (168).

Le Congrès des Syndicats Irlandais (ICTU) a annoncé que les syndicats lanceraient un boycott des produits israéliens en réponse à la campagne de Gaza. A Belfast, la capitale de l’Irlande du Nord, ils ont reçu les félicitations du président de Sinn Fein, Gerry Adams. Le parlementaire Robin Newton (Democratic Unionist Party) a réagi à cette déclaration, en ces termes : « Je me demande ce que pense le membre lambda d’un syndicat qui voit ses dirigeants parcourir le Moyen-Orient pour régler ce genre de problèmes compliqués, quand, chez eux, les employés des entreprises locales ont à faire face aux restructurations et aux licenciements, ou, en tout cas, à une période très dure (169).

On assistera probablement à l’éclosion d’un nombre croissant de tentatives de guerres juridiques, boycotts et embargos. Les projets de résolution pour la conférence de Durban II (Genève, 20-24 avril 2009) indiquent que l’on doit s’attendre à un festival de haine antisémite du même ordre que lors de la première conférence (170).

 

VI. CONCLUSION

C’est lors de la conférence des ONG de Durban, en 2001, qu’a émergé l’idée d’un programme à grande échelle visant à délégitimer Israël. Le comité sud-africain des ONG, le SANGOCO, a joué, en la matière, un rôle prépondérant, en collaboration étroite avec les Palestiniens. Le programme en huit points qui a été développé comprenait le lancement d’un programme d’éducation permettant de déclencher un mouvement de solidarité internationale contre Israël, l’utilisation de toutes les procédures légales, le dénigrement du droit au retour [des Juifs], la réactivation d’un boycott arabe, la mise en place d’embargos et un appel à la rupture des relations diplomatiques avec Israël. Le calendrier se proposait d’atteindre ces objectifs en cinq ans. Par la suite, un autre programme en cinq ans devait être mis en oeuvre contre les Etats-Unis (171). Le programme anti-israélien devait être mis en oeuvre par l’intermédiaire des églises, des universités (172), des hébergeurs Internet, des Nations Unies et des ONG (173).

Tous ces efforts ont bel et bien été mis en œuvre au cours de la période qui a suivi la conférence de Durban, même s’il n’existe pas d’entité unique derrière les attaques protéiformes qui s’abattent sur Israël et les Juifs. De nombreux acteurs de cette mouvance anti-israélienne ne sont même pas conscients du programme établi par le SANGOCO ni de ses objectifs, mais ils contribuent à la réussite de sa stratégie par le rôle qu’ils jouent. Une société post-moderne fragmentée offre bien des possibilités de propagation d’opinions anti-israéliennes et antisémites. C’est ce qu’on peut appeler une guerre totale post-moderne. Toutes ces actions combinées relèvent d’un système qui fonctionne comme s’il était coordonné par une main invisible (174).

La campagne anti-israélienne vient de partout. Les agresseurs les plus virulents s’en prenaient déjà à Israël bien avant la guerre de Gaza qui n’a été qu’une occasion spécifique d’intensifier leurs efforts. On compte parmi eux les gouvernements musulmans et les entités musulmanes immigrées des pays occidentaux. Ils travaillent souvent main dans la main avec l’extrême gauche, qui inclut souvent les partis écologistes et d’autres formations, notamment socialistes, lesquels procèdent à un dénigrement systématique d’Israël. Des Juifs et des Israéliens antisémites, animés par la haine de soi, jouent également un rôle important. Ils ne sont peut-être pas nombreux, mais ils sont souvent les initiateurs d’actions anti-israéliennes et sont utilisés par les antisémites et anti-israéliens non juifs dans leurs offensives.

La justification idéologique fréquente qu’avancent de nombreux socialistes qui prenant des positions anti-israéliennes, est qu’ils se sentent obligés de s’identifier au plus faible. Ils ne font aucune distinction entre des opprimés et des criminels vaincus. Leurs positions les amènent à devenir les alliés ou les complices de facto d’organisations aux intentions génocidaires comme le Hamas. C’est devenu une évidence quand on a vu des dirigeants socialistes manifester contre Israël aux côtés de gens qui criaient « Mort aux Juifs ! » et brandissaient des pancartes faisant d’Israël un équivalent de l’Allemagne nazie.

Les médias jouent également un rôle prépondérant qui met en avant la souffrance palestinienne sans remettre les choses dans leur contexte. On ne mentionne que rarement la charte du Hamas, au contenu génocidaire, et elle est la plupart du temps l’objet de dissimulation. On ne souligne guère que les Palestiniens, lors d’un processus démocratique au moins partiel, ont élu un mouvement qui fait l’apologie de l’assassinat collectif.

Les organes des Nations Unies et les ONG mènent un combat juridique contre Israël à partir d’une position unilatérale. La délégitimisation d’Israël se fait sur plusieurs fronts à la fois. Les positions, amplifiées par les médias, créent ainsi une atmosphère globalement hostile à Israël et aux Juifs. En même temps, on prête peu attention aux attitudes génocidaires du monde musulman dans sa globalité, et au peu de réactions – quand il y en a - qu’elles suscitent parmi les « modérés ».

La guerre de Gaza a montré, une nouvelle fois, qu’Israël est capable de faire face aux nombreux défis militaires qui lui sont lancés, grâce à un système de défense particulièrement souple. En revanche, la guerre immatérielle et verbale menée contre Israël par les acteurs que nous avons mentionnés, est asymétrique et n’a jamais été correctement analysée, comme elle le mérite, par les autorités israéliennes. Comprendre les fonctionnements de la propagande anti-israélienne, comprendre quelle est sa dynamique interne, c’est devenu une nécessité pour élaborer peu à peu une défense adéquate dans ce domaine également.

 

Manfred Gerstenfeld et Tamas Berzi

 

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Notes

 

(1) Les auteurs remercient Rachel Bresinger pour son aide concernant les recherches de cet article..  

(2) Community Security Trust, "Antisemitic Incidents and Threats to British Jews Arising from the Gaza Crisis," Update 4, 21 January 2009.

(3) "Report: Expect Sharp Rise in Anti-Semitism," JTA, 25 January 2009.

(4) "Holocaust-Gedenken ohne Zentralrat der Juden," Die Welt, 27 January 2009. (German)

(5) NGO Monitor, "The NGO Front in the Gaza War: Exploitation of International Law," 21 January 2009.

(6) Herb Keinon, "Jerusalem: No International Pressure to End Op," Jerusalem Post, 28 December 2008.

(7) Dore Gold, "Did Israel Use ‘Disproportionate Force' in Gaza?" Jerusalem Issue Brief, Vol. 8, No. 16, JCPA, 28 December 2008.

(8) "PM Erdoğan Says Words Not Harsher than Bombs," Hurriyet, 14 January 2009.

(9) "Working Definition of Antisemitism,"  www.eumc.europa.eu/eumc/material/pub/AS/AS-WorkingDefinition-draft.pdf.

(10) Soner Cagaptay, "Is Turkey Still a Western Ally?" Wall Street Journal Europe, 22 January 2009.

(11) Haviv Rettig Gur, "Erdoğan's Remarks Aid Anti-Semitism," Jerusalem Post, 29 January 2009.

(12) Annette Grossbongardt, "Less Europe, More Islam; Turkey in Transition," Spiegel Online, 11 February 2006.

(13) "Turkish PM Storms Off in Gaza Row," BBC News, 29 January 2009.

(14) Fars (Iran), 4 February 2009, as quoted in MEMRI, Special Dispatch No. 2248, 17 February 2009.

(15) "Venezuela's Chavez Calls Gaza Attack ‘Holocaust,'" Reuters, 6 January 2009.

(16) "Chavez Condemns Caracas Synagogue Attack," Ynetnews, 2 February 2009.

(17) "Bolivia Cuts Ties with Israel, Seeks Genocide Charges against Israeli Officials," Haaretz, 14 January 2009.

(18) "Mauritania Recalls Ambassador from Israel in Wake of Gaza Offensive," Haaretz, 5 January 2009.

(19) "Qatar, Mauritania Freeze Israel Ties over Gaza," Ynetnews, 17 January 2009.

(20) Barak Ravid, "Mauritania Expels Israeli Ambassador," Haaretz , 7 March 2009.

(21) Ibid.

(22) Tamas Berzi, "European Reactions to Israel's Gaza Operation," Jerusalem Issue Briefs, Vol. 8, No. 20, JCPA, 29 January 2009.

(23) Ibid.

(24)  "Minister for Foreign Affairs Condemns Israeli Air Strikes against Gaza," Department of Foreign Affairs, Ireland, 28 December 2008.

(25) "Minister for Foreign Affairs Condemns Latest Atrocity in the Gaza Conflict," Department of Foreign Affairs, Ireland, 6 January 2009.

(26) Bruce Arnold, "Ireland Remains One of the Two Least Stable European Countries in Its Relations with Israel," The Independent, 24 January 2009.

(27) "Carl Bildt: Break the Isolation of Gaza," Ministry of Foreign Affairs, Swedish Government Offices, 29 December 2008.

(28) "Israel Must Withdraw Its Troops from Gaza," Ministry of Foreign Affairs, Norway, 3 January 2009.

(29) Stephen Pollard, "Gaza Is Not Too Crowded," The Spectator, 24 April 2008.

(30) Cnaan Liphshiz, "Summit on Holocaust: Gaza War Legitimized Equating Jews with Nazis," Haaretz, 27 January 2009.

  قيادى سابق بالتنظيم الدولى يكشف عن تنسيق «الإخوان» مع «حركات يهودية» فى «مظاهرات غزة»     (31)

(A Former Leader of the International Organization (of the Muslim Brotherhood) Exposes Coordination between the Muslim Brotherhood and Jewish Movements in (organizing) the Gaza Demonstrations), Al-Masry al-Youm, Egypt, 1 February 2009. (Arabic).

(32) "Gaza Attacks: Israeli Strikes Spark Protests across the World," The Telegraph, 30 December 2008.

(33)  Tracy McVeigh and Ben Quinn, "Gaza Protest March Ends in Violence," The Observer, 4 January 2009.

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(38) "Pro-Israeli Rally Draws Thousands to Paris," Ynetnews, 4 January 2009.

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(41) Yassin Musharbash, "Police Remove Israeli Flag during Islamist Protest March," Spiegel Online, 13 January 2009.

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(43) Ilan Moss, "Anti-Semitic Incidents and Discourse in Europe during the Israel-Hezbollah War," European Jewish Congress, 2006.

(44) Itamar Eichner, "Geluchei rosh wesarat haotsar," Yediot Achronot, 14 January 2009. (Hebrew)

(45) Rolleiv Solholm, "Anti Israel Demonstrations," Norway Post, 6 January 2009.

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(47) Jostein Ihlebæk and Arild M. Jonassen, "Kun én palestiner ble tatt under opprøret i Oslo," Aftenposten, 9 January 2009. (Norwegian)

(48) Ibid.

(49) Tori Chiefetz, "Norway's Pro-Israel Opposition Leader under 24-Hour Guard," Jerusalem Post, 28 January 2009.

(50) Per Gudmundson, "Mona Sahlin, hakkorsen och Hamasflaggorna," Gudmundson, 15 January 2009 http://gudmundson.blogspot.com/. (Swedish)

(51) "Israelska flaggan brändes," Dagens Nyheter, 10 January 2009. (Swedish)

(52) Per Gudmundson, "Rödflaggat," Gudmundson, 13 January 2009, http://gudmundson.blogspot.com/. (Swedish)

(53) Per Gudmundson, "Swedish Leading Social Democrats in Rally with Hezbollah Flags," Gudmundson, 10 January 2009, http://gudmundson.blogspot.com/.(Swedish)

(54) Erik Svansbo, "Folkbladet uppmärksammar ‘bloggkupp,'" Svansbo, 14 January 2009, http://blogg.svansbo.se/. (Swedish) [voir, sur notre site : "Le dirigeant du Parti Social Démocrate suédois, manifeste au milieu de drapeaux du Hezbollah".

(55) "‘Extrema yttringar - tack vare Svansbo,'" Folkbladet, 14 January 2009. (Swedish)

(56) Per Gudmundson, "Rödflaggat," Gudmundson, 13 January 2009, http://gudmundson.blogspot.com/. (Swedish)

(57) Theo Koelé, "Van Bommel ergert Kant met oproep tot intifada," 5 January 2009. (Dutch)

(58) "Moszkowicz doet aangifte tegen SP-Kamerleden," de Volkskrant, 14 January 2009. (Dutch)

(59) "Demonstratie tegen Israël," AD, 3 January 2009. (Dutch)

(60) "Europeanen demonstreren tegen aanval op Gaza," Trouw, 3 January 2009. (Dutch)

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(62) Manfred Gerstenfeld, "Holocaust Inversion: The Portraying of Israel and Jews as Nazis," Post-Holocaust and Anti-Semitism, No. 55, 1 April 2007.

(63) "Cities across the World Become Platform for Hundreds of Thousands of Protesters against Gaza Fighting," Daily Mail, 11 January 2009.

(64) Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), "Dépôt de plainte pour la manifestation du 11 janvier 2009," press release, 17 February 2009. (French)

(65) Ibid.

(66) "Gaza Attacks: Israeli Strikes Spark Protests across the World," The Telegraph, 30 December 2008.

(67) Tracy McVeigh and Ben Quinn, "Gaza Protest March Ends in Violence," The Observer, 4 January 2009.

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(70) "Explosive Device Found at Florence Chabad," JTA, 18 January 2009.

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(72) "Una piazza che no ci saremmo aspetati," www.fiammanirenstein.com/articoli.asp?Categoria=11&Id=2085. (Italian)

(73) "Thousands in Europe Protest Gaza Violence," International Herald Tribune, 10 January 2009.

(74) "Cities across the World Become Platform for Hundreds of Thousands of Protesters against Gaza Fighting," Daily Mail, 11 January 2009.

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(90) "Explosive Device Found at Florence Chabad," JTA, 18 January 2009.

(91) "Wave of anti-Semitic acts hit Belgium," JTA 7 January 2009.

(92) Community Security Trust, "Antisemitic Incidents and Threats to British Jews Arising from the Gaza Crisis," Update 2, 6 January 2009.

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(102) Richard Landes, presentation at JCPA, 19 February 2009.

(103) Chris McGreal, Rory McCarthy, and Mark Tran, "Israeli Shelling Kills Dozens at UN School in Gaza," The Guardian, 7 January 2009.

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(107) United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, "Situation Report on the Humanitarian Situation in the Gaza Strip-No. 20," 5 February 2009.

(108) Ibid.

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(143) Discours De M. Le Président De La République, Voeux aux acteurs de la sécurité, Orléans, 14 January 2009. (French)

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(147) Thomas Hornburg and Jenny Sandvig, "‘Det er ingen tvil om at noe av raseriet mot Israelbaerer preg av joedehat,'" Aftenposten, 16 January 2009. (Norwegian)

(148) "Pro-Hamas Demonstration-Fort Lauderdale FL," YouTube, video, 30 December 2008. (accessed: 2 March 2009)

(149) "Manifestazioni vietate davanti le chiese Maroni annuncia direttiva ai prefetti," La Repubblica, 21 January 2009. (Italian)

(150) "Ägg och flaskor mot Israel- manifestation," 25 January 2009, http://ansiktsburk.blogspot.com. (Swedish)

(151) Ted Ekeroth, "Swedish Police Chief Allows Antisemitic Stonethrowing Mob to Attack Demonstrators," 25 January 2009, http://tedekeroth.wordpress.com/.  

(152) Daniel Edelson, "Shoe Thrown at Israeli Ambassador in Sweden," Ynetnews, 5 February 2009.

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(154) www.cidi.nl/index.php?option=com_content&task=view&id=263&Itemid=1. (Dutch)

(155) "No Fans Allowed for Israel Tennis Match," The Local, 18 February 2009.

(156) "Anti-Israel Protest Staged at Sweden Tennis Match," Reuters, 7 March 2008, 27 January 2008.

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(158) Bert Anciaux, "doodstil," 23 January 2009, www.bertanciaux.be. (Dutch)

(159) Cnaan Lipshiz, "Belgium Slams Minister Statement Likening Gaza Op to Nursery Massacre," Haaretz, 27 January 2008.

(160) "Dendermonde en Gaza hebben niets met elkaar te maken," Gazet van Antwerpen, 30 January 2009. (Dutch)

(161) "Venezuela Synagogue Vandalized," CNN, 31 January 2009; Haaretz, 27 January 2009.

(162) "Chavez Condemns Attack on Synagogue," Associated Press, 1 February 2009.

(163)  "Venezuela Holds Police, Guard in Synagogue Attack," Reuters, 8 February 2009. 

(164) "Venezuela Rebuffs UC Criticism of ‘Corruption' and ‘Anti-Semitism'-As Bomb Rocks Jewish Center," Latin American Herald Tribune, 27 February 2008.  

(165) Natasha Mozgovaya, "ADL: Amnesty Denying Israel the Right to Defend Itself," Haaretz, 24 February 2009.

(166) NGO Monitor, "Amnesty's Gaza ‘Report' and Call for the Arms Embargo: Abolishing Israel's Right to Self Defense," 25 February

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