Ahmadinejad et Assad : L´Iran et la Syrie à la tête d´un "nouvel ordre mondial"

Publié le par shlomo

MEMRI - Middle East Media Research Institute

 

Au début du mois de mai 2009, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a rencontré le président syrien Bachar Al-Assad à Damas. Dans une déclaration commune émise à l´issue de l´entretien, les deux présidents ont déclaré que les relations entre l´Iran et la Syrie étaient stratégiques et devaient servir d´exemple à la région et au monde en général.

Ils ont affirmé que l’Iran et la Syrie amorçaient une transformation profonde de région, dans le cadre d’un nouvel ordre mondial qui remplacerait l’ancien monde dirigé par les Etats-Unis depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale.

Les deux présidents ont appelé à expulser les forces étrangères de la région, soulignant que dorénavant, le Moyen-Orient serait gouverné par ses propres peuples derrière le leadership de la Syrie et le l’Iran. Ils ont en outre insisté sur la nécessité de renforcer l’Irak, d’un retrait des forces américaines, ainsi que l’intérêt d’une coopération "des quatre", c’est-à-dire des "puissances régionales" que sont l’Iran, le Syrie, l’Irak et la Turquie.

Il semble que depuis l’entretien, Damas ait explicitement adopté la position iranienne anti-américaine, s’alignant très clairement sur l’Iran. Les Syriens sont allés jusqu’à adopter la terminologie iranienne et certaines expressions chères à Ahmadinejad : les expressions "nouvel ordre mondial" ou encore "ouvrir de nouvelles serrures avec de vieilles clés" ont été relevées dans des rapports de presse syrienne portant sur la visite du président iranien.

Les Etats-Unis et l’Occident ont maintenant besoin de l’Iran et de la Syrie

Après s’être entretenu avec Assad, Ahmadinejad a déclaré : "La situation régionale évolue rapidement, dans le sens des objectifs de la Syrie et de l’Iran, et ceux qui [les Etats-Unis et l’Occident en général] ont, pendant des années, demandé à ce que la Syrie et l’Iran cessent de défendre leurs droits et ceux des peuples de la région, affirment à présent explicitement qu’ils ont besoin de l’aide de l’Iran et de la Syrie (…) Ceux qui ont voulu contraindre l’Iran et la Syrie à renoncer [à leurs positions] ont maintenant besoin d’eux pour résoudre leurs problèmes. Ceux-là mêmes qui qu alifient l’Iran et la Syrie d’ "Axe du mal" [en référence aux Etats-Unis de Bush] souhaitent à présent avoir des relations avec ces deux [pays] (…)

Il nous faut arriver à l’éradication complète dans la région de l’implication des étrangers et de ceux qui parlent [le langage de la violence], laissant la région libre, en plein essor et [forte de ses relations d’]amitié. (…) Les ennemis des nations de la région, qui s’exprimaient autrefois avec arrogance, évoquant l’Iran et la Syrie à l’aide d’épithètes insultants, sont maintenant en position de faiblesse, dans l’impasse et incapables de régler le plus petit des problèmes. Ils n’ont pas de stratégie avisée leur permettant de résoudre les problèmes de la Palestine, de l’Afghanistan ou de toute autre région du monde."

L’Occident a fait son temps et l’on assiste à l’émergence d’un nouvel ordre mondial

Ahmadinejad a ajouté qu’ "aux côtés de la résistance et avec fermeté, nous devons également lutter à l’instauration d’un nouvel ordre mondial ; autrement de nouveaux régimes opprimants verront le jour". Il a qualifié les valeurs fondamentales de l’Occident d’ "inhumaines" et d’ "appartenant aux décennies passées", expliquant : "Ils [les Occidentaux] essaient d’ouvrir de nouvelles portes avec les clés de vieilles serrures, sans remarquer qu’aujourd’hui, c’est en empruntant la voie divine et humaine que l’on ouvre les serrures de l’humanité. Ils se trouvent des dizaines d’années en arrière et peuvent être qualifiés, en deux mots, de politiquement arriérés (…) La philosophie et l’ordre qui ont émergé après la Deuxième guerre mondiale so nt arrivés en fin de parcours, et [l’Occident] est incapable d’offrir des solutions au problèmes du monde, vu que sa pensée se base sur la discrimination et [la menace à] la sécurité."

Un éditorial du quotidien syrien Techrine comporte des déclarations de même type : "(…) Toutes les forces régionales et internationales comprennent [maintenant] que les clés de la région se trouvent [entre les mains de l’Iran et de la Syrie]et que ce sont eux qui se tiennent aux portes diplomatiques [de la région]. [Nul] ne peut entrer par ces portes (ou les ignorer) sans l’accord de Damas et Téhéran, qui doivent être convaincues que cela sert leurs propres intérêts, puis l’intérêt des autres."

Lire le rapport intégral en anglais : http://memri.org/bin/latestnews.cgi?ID=IA51709

Publié dans MONDE ARABO-MUSULMAN

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