Iran : Vraies nouvelles fraîches du front

Publié le par shlomo



Si l’on en croit certains médias, journalistes ou politiciens français, il y aurait de petits affrontements en Iran, principalement à Téhéran et uniquement entre des partisans de deux clans rivaux. Etrangement, alors que tous les médias français évitent les mot révolution ou insurrection, ils parlent aussi d’une mobilisation massive des Pasdaran pour mater le mouvement. En fait, il faut oublier cette désinformation, voici des vraies nouvelles fraîches du front.



Le régime des mollahs a annoncé en début d’après-midi qu’il avait opté pour un bain de sang. Nous avons alors été submergés de courriels : ceux qui nous ont écrit le savent déjà : cette annonce avait pour but de cacher les premières fissures dans l’appareil de répression du régime.

En effet, hier nous avons appris que 48 heures plus tôt, samedi, à l’heure où 3,000,000 d’Iraniens avaient défié le mot d’ordre de Khamenei, c’est-à-dire celui du régime, pour descendre dans les rues, il y avait eu un large mouvement de désobéissance dans les forces de répression du régime, en particulier au sein des Pasdaran, milice qui comprend aussi les forces anti-émeutes de Bassidj.

Dans la journée de Samedi, les miliciens Pasdaran de 2 casernes de Téhéran, celle de Farmânieh dans le nord-est de la Capitale et celle de Tôhid située près du quartier de Jamshidieh (qui est un gros foyer de contestation nocturne) avaient remis leurs armes et leurs uniformes à leurs commandants, annonçant ainsi leur refus de prendre part aux assauts. Parallèlement, on rapporte que les appelés de l’Armée qui étaient sélectionnés pour renforcer les troupes de Bassidj avaient collectivement déserté en s’enfuyant vers la province.

C’est donc une milice affaiblie qui était descendue en rangs dispersés dans les rues de Téhéran ce samedi face à la foule. Le régime avait pourtant annoncé le contraire faisant état d’un dispositif lourd et des renforts nationaux. Rétrospectivement, on peut affirmer que le régime a essayé de faire peur afin de dissuader les Iraniens de sortir dans les rues pour contester sa légitimité.

Un peu plus tard ce même samedi, le Général-milicien Ali Fazli, ex-n°2 du commandement général des Pasdaran et actuel commandant des Pasdaran, de l’armée et de Bassidj de la région de Téhéran avait refusé de faire intervenir ses troupes présents dans les rues contre les manifestants. S’il avait suivi les ordres qu’il avait reçus la veille, on n’aurait pas eu droit à 150 morts mais 20 fois plus.

C’est à l’heure où Ali Fazli, héros de la guerre Iran-Irak a été destitué ce lundi que le régime a fait état de sa détermination de résister quitte à faire un bain de sang (qu’il avait projeté pour samedi dernier). On est toujours dans le domaine des menaces. Cela pourrait cacher d’autres désistements au sein des Pasdaran. Ceci explique peut-être le changement de tactique des Pasdaran qui ont abandonné la poursuite des manifestants pour privilégier la création des concentrations de troupes qui cachent leur désorganisation interne, mais aussi implantent la terreur dans les quartiers résidentiels où naissaient les flots de manifestants.
© WWW.IRAN-RESIST.ORG

 

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Cela a empêché hier la formation des manifestations impressionnantes des jours précédents aux abords de la Place de la Révolution, mais il y a néanmoins une marche dont voici quelques images et encore et toujours des tirs et des blessés et 200 arrestation.
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Les jeunes qui la veille avaient arraché des barrières pour obstruer les voies et ralentir les déplacements des troupes à leur poursuite pour les 10 manifestations simultanées prévues pour ce lundi n’ont pas eu l’occasion de tester leur inventivité. Dans son papier, Delphine Minoui se réjouit de cette désorganisation.
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Cependant, il serait un peu prématuré d’enterrer ce mouvement qui n’a rien à voir avec Moussavi. Très réactif, le mouvement a aussi décidé de changer de tactique et il a appelé à une grève générale qui officialise l’arrêt du travail depuis une semaine pour cause de rassemblements quotidiens.

Les conducteurs de cars et d’autobus ont entièrement cessé leur activité (ci-dessous le dépôt de Bus de Téhéran), et l’on attend l’adhésion des ouvriers de pétrole, une adhésion qui va priver le régime de son approvisionnement en essence. On entre ainsi dans une nouvelle phase de la contestation : cette grève entraînera des embouteillages qui nécessiteront la dispersion des troupes ce qui permettra aux manifestants de retrouver leur supériorité de la semaine dernière.
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Cela peut prendre quelques jours, mais nous reverrons ces manifestations majestueuses. La fissure dans le corps des Pasdaran étant l’élément décisif pour le moral des deux camps, avant qu’elle ne se généralise provoquant des fraternisations fatales au régime, ce dernier a décidé d’activer toutes ses initiatives pour désamorcer le mouvement.

Première initiative : l’inscruste| Le régime a mis en avant Moussavi qui a évoqué son intention d’appeler à la grève générale ! Comme disait Cocteau : « Devant ces faits qui nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs… » On ne sait pas ce qui l’empêche d’interpeller les acteurs décisifs de la vie économique iranienne comme : le bazar, les ouvriers du pétrole, ou encore ceux des centrales électriques qui peuvent paralyser les troupes fidèles au régime. Ces appels ne viendront jamais, mais Moussavi se manifestera quand les ouvriers du pétrole annonceront leur adhésion.

Seconde initiative : mesures démagogiques| Le régime a fait arrêter les membres de la famille Rafsandjani connus pour leur corruption, mais le mouvement ayant continué de plus belle dimanche, le régime a donc lâché les rejetons Rafsandjani !

Troisième initiative : mesures dilatoires| Le régime, qui avait évoqué un recomptage partiel des voix, vient d’annoncer un recomptage total qui nécessiterait 10 jours ! Cela fait rire à Téhéran car les recomptages nécessitent moins d’une journée, en fait Téhéran cherche à arrêter le mouvement pour au moins 10 jours. Moussavi n’a évidemment pas protesté contre cette mesure. Dans le même esprit, Moussavi et Montazéri ont conjointement proposé 3 jours de deuil national pour les victimes. Les deux opérations sont censées donner des délais nécessaires aux Bassidjis pour arrêter les meneurs.

Quatrième initiative : mesures policières| Dans ce domaine aussi Moussavi donne un coup de main, puisque son site de campagne s’inquiète pour les blessés qui craignent des poursuites et évitent les hôpitaux. Il leur propose de lui communiquer leurs coordonnées pour qu’il les aide à se soigner. On se souvient qu’il y a une semaine, l’épouse de Moussavi Zahra Rahnavard avait été filmée en train de convaincre les étudiants de lui communiquer les coordonnées des meneurs de ce mouvement. Des appels à la délation ont aussi été lancés. Il y aura sans doute également des pressions sur les familles des prisonniers liés à cette révolte.

Prise en main de la grève, acceptation d’une procédure très longue de recomptage ou recherches des coordonnées confidentielles, Moussavi est présent dans l’ensemble des initiatives du régime pour calmer le jeu et faire tomber le mouvement. La chaîne d’info en exil s’est immédiatement mise en action pour prévenir nos compatriotes : « ne pas se laisser abuser par les appels à marquer une pause de trois jours pour deuil, ne pas communiquer ses coordonnées à des sites d’apparence amicale, et garder l’espoir que les ouvriers du pétrole arriveront très bientôt pour relancer le mouvement. »

Cinquième initiative : mesures publicitaires| Parallèlement à des initiatives nationales pour casser le mouvement, le régime a décidé de relancer sa désinformation au niveau international pour attribuer le mouvement à Moussavi. A cette fin, Téhéran a fait appel à ses lobbyistes à l’étranger pour focaliser le débat sur Moussavi. Un groupe de soi-disant intellectuels a été formé pour continuer la désinformation dans les médias occidentaux. Le groupe sur la France se compose de Marjane Satrapi, Chahla Chafiq (Moussaviste à mi-temps), Mohsen Makhmalbaf, Ahmad Salamatian et Karim Lahidji. Le groupe profite d’un soutien du PCF, du PS et des Verts.

Ne vous laissez pas abuser par ces personnages qui ont un double langage très étudié pour qualifier le régime des mollahs en un système presque démocratique en présentant Moussavi, le bassidji, et sa femme l’islamiste Zahra Rahnavard comme des modèles de vertus démocratiques. Ils étaient hier devant l’ambassade d’Iran et se réuniront le mercredi 24 juin 2009, à 20 heures à la « Bellevilloise (21 rue Boyer - 75020 PARIS) » pour abuser d’autres partisans de l’Iran libre. Allez-y pour leur mettre la pression pour qu’ils cessent leur lobbying dans les milieux de gauche et les milieux médiatiques.

Dénoncer ou neutraliser ces lobbyistes est utile, mais il faut surtout s’organiser pour aider les Iraniens au moment où les forces de répression montrent des signes de fissure. Si l’on se concentre pour aider ceux de l’intérieur qui sa battent à Téhéran, mais aussi en provinces (ci-dessous à Shiraz hier soir), ce régime sera vaincu malgré ses moyens financiers et médiatiques.
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Nous en appelons à chaque Français pour appeler ses élus afin de demander l’ouverture des portes des ambassades des consulats européens Iran pour accueillir les blessés. Il est aussi nécessaire de nous aider à rédiger des manuels des premiers soins pour les blessés par armes blanches ou par balles et aussi de nous communiquer des techniques de protection contre les différents types de gaz lacrymogènes utilisés par les forces anti-émeutes. Il faut aussi diffuser nos liens pour faire circuler l’information et battre les lobbyistes du régime : Aidez Nous ! Aidez les Iraniens.


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Publié dans IRAN NUCLEAIRE

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