LES OUBLIES DE SDEROTH....

Publié le par shlomo

Depuis 7 ans, 3 missiles par jour tombent sur les oubliés de Sdérot
N. Bedein
Julia Coriat, de Montréal – Québec, une militante pour la vérité dans les médias, fait circuler l’information suivante : « Au lieu de parler de la colonisation qui se poursuit en Cisjordanie… les médias informaient les Québécois de ce qui se passe à Sdérot, où plus de 4 missiles tombent, chaque jour sur la population ». Et J. Coriat d’indiquer le lien à une vidéo mise en ligne sur Youtube. Je l’ai visionnée avec émotion, et je ne puis que recommander à tous d’en faire autant et de faire circuler l’information. C’est scandaleux, déchirant et… cela rend plus inquiétante encore l’inaction des pouvoirs publics et l'indifférence de la presse israélienne et internationale à l'égard des habitants oubliés de cette petite ville sinistrée du Neguev.
(Menahem Macina).
I

 

Sderot, une ville israélienne de 24 000 âmes. « 24 000 âmes détruites », selon la psychologue Adrianna Katz. Car Sderot est au milieu du champ de bataille de la guerre sans fin entre Israéliens et Palestiniens. Située à moins d’un kilomètre du mur qui entoure la bande de Gaza, c’est la seule ville de l’Etat Hébreu à portée de Qassam. Depuis 7 ans, ces missiles rudimentaires, bourrés d’explosifs et de billes de métal, ont fait 11 morts et des dizaines de blessés à Sderot. En mai, chaque jour, près de 20 Qassam frappaient la ville.

A chaque tir des activistes du Hamas ou du Jihad Islamique, une sinistre alerte retentit dans les rues : « Tseva Adom », alerte rouge. Les quelques piétons ont alors moins de 20 secondes pour se cacher dans un hall d’immeuble ou derrière un mur. Entre un quart et la moitié de la population aurait quitté la ville, l’économie marche au ralenti, les maisons ne valent plus rien. Ne restent que les plus pauvres, ou les plus âgés.

(Texte extrait d’un reportage consacré à Sdérot par Arte, le 16 juin 2007).

 

Les illustrations de cet article ont été ajoutées par upjf.org


Exposé de Noam Bedein, avec projection d'extraits de vidéo,
au Centre Interdisciplinaire de Herzliya


17 décembre 2006 [avec ajout, sur la vidéo, de séquences tournées en 2007].

 

Hertzliya, Israël


Transcription et traduction française : Menahem Macina

Vidéo (en anglais) sur Youtube.

 

Noam Bedein : Je m’appelle Noam Bedein. Je suis venu m’installer à Sdérot ; il y a 3 mois et demi, et j’ai créé un nouveau centre d’information à Sdérot. Aujourd’hui, je viens exposer cette démarche.

(Défilement de rushes d’images de destruction, de chutes de missiles, de mouvements de panique, d’incendies consécutifs à des chutes de Qassam, de murs éventrés, etc.)

Bedein : Nous sommes tous conscients de la réalité dans la région sud d’Israël. Le rêve de Ben Gourion concernant le Negev est la cible d’attaques meurtrières qui se sont traduites par plus de 5 500 missiles tirés au cours des 6 années écoulées, dont plus de 1 200 ces 15 derniers mois. Cela représente une moyenne de 3 attaques de missiles par jour. 28 attaques de missiles se sont produites depuis le cessez-le-feu, il y a trois semaines. Et pourtant, malgré de telles statistiques, aucun service public ne fait état de l’aspect humanitaire de cette tragédie. Quand vous entendez la sirène d’"alerte rouge", vous réalisez que vous avez 15 secondes pour vous mettre à l’abri. (Suivent des images d’une telle alerte, montrant des gens qui courent, des enfants qui pleurent, puis… l’explosion). « C’est nous qui nous sommes infligé cela. Tous les enfants… Avez-vous arrangé cela. C’est inimaginable. Vite, vite, vite… il ne nous reste que quelques secondes. »

(On aperçoit, dans une ruelle, un tout jeune enfant qui marche sans avoir conscience du danger, un adolescent se précipite, le soulève du sol et l’entraîne en courant.). On entend, en hébreu : « Vite, vite… plus que quelques secondes !... Les enfants, courez tous chez les baby-sitters. » Puis, c’est l’explosion qui déchire les tympans. Les cris d’enfants et de femmes fusent de toutes parts. Une énorme gerbe de flammes et un nuage de fumée s’élèvent du lieu de l’impact.)

Bedein : Pourtant nous avons fait savoir que, dans le Néguev occidental, il y a plus de 8 000 citoyens israéliens qui n’ont même pas de pièce sécurisée, où courir se réfugier.

Un tout jeune adolescent : « Nous, on n’a pas de pièce sécurisée, à la maison, alors on se réfugie dans la salle de bain, c’est l’endroit le plus sûr. »

Un homme : « Aucun citoyen… personne n’a d’abri contre les bombes chez lui, personne n’a d’abri et les gens ont peur. Ils ne peuvent pas dormir et ils ne savent pas quoi faire. Et même quand vous êtes chez vous, vous ne savez pas si votre habitation est protégée ou non [contre les impacts de missiles] »

Un tout jeune homme : « Quoi ! Ils veulent que nous mourions ? »

Yehouda Ben-Mamman, Responsable de la Sécurité de Sdérot (4 avril 2007) :

« L’eau de pluie s’infiltre dans l’abri anti-bombes. Le niveau de l’eau peut atteindre jusqu’à 40 centimètres. Vous comprendrez, et tous ceux qui m’écoutent en ce moment, comprendront que, dans de telles conditions, cet abri n’est d’aucune utilité. »

Un homme d’âge moyen : « Dans notre secteur, nous n’avons pas de pièce sécurisée à la maison. » 

Yoav Peled, Responsable de la sécurité (19 avril 2007) : « Nous savons, nous allons sans aucun doute vers des temps difficiles. La population doit avoir une protection quelconque. »

Une résidente d’origine russe : « Il n’y a pas d’abri. J’habite juste là (elle désigne l’endroit de la main). »

Autre habitante : « Je ne dors plus du tout. Ni ma fille ni moi ne dormons plus. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas d’abri contre les bombes. »

Un homme plus âgé, interviewé à l’intérieur d’un abri : « Rien ne marche. Il n’y a pas d’électricité, pas d’eau, l’endroit est inondé, il y a des rats à l’intérieur, dans les égouts… »

Sarchiv Zeligman, Responsable de la sécurité : « [Il y a] deux ou trois dortoirs pour enfants. En cas d’urgence, tous doivent arriver jusqu’ici. [Il entre dans l’escalier qui mène à l’abri] L’abri n’est pas en état, le sol n’est pas dallé, il n’y a ni électricité, ni eau. Il n’a pas les conditions minimales permettant d’y entrer. »

Eyal Gelfand, un adolescent (juillet 2007) : « A l’école, il n’y a que les parties extérieures qui sont protégées [des photos illustrent cela : on y voit un assemblage de poutres de bois, en saillie, sur le toit]. Le milieu de l’école est sans protection. Si un missile Qassam frappe le milieu de l’école, tout le toit tombera sur nous. »

 

Hava Gad, porte-parole de l’association de parents de Sdérot : « C’est simple [si elle était atteinte par un missile], toute l’école s’écroulerait. Tous ses murs sont en plâtre. [Démonstration par l’image et le son, en tapotant sur un mur].


[Démonstration de course aux abris, en 15 secondes.]


Bedein : « En conclusion, il n’y a pas de rue, de quartier, de collectivité, ou de famille, qui n’aient fait l’expérience du traumatisme de l’explosion d’un missile tout près, dans le voisinnage immédiat. »

Un adolescent : « Une Qassam est tombée, juste ici, sur une maison, par derrière, des Qassam tombent tout autour de ce bloc d’immeubles. »

Une mère de famille, dans la rue, avec un bébé dans les bras : « Chacun fait l’expérience de la même crise. Et tous ceux qui ont vu tomber un missile – et il n’y a pas d’habitant qui n’en ait pas vu tomber à côté de lui – tous sont mentalement déprimés, financièrement atteints, tous souffrent d’anxiété. »

Une autre mère de famille, à son domicile : « Quand je fais le ménage chez moi, je pense toujours aux Qassam, je ne peux pas m’en empêcher, c’est en moi, et cela, même jusqu’à aujourd’hui. Quoi que vous me disiez, quoi que m’expliquent les psychologues ou les psychiatres que je consulte, je suis toujours comme ça. Toujours prête à ça, c’est toujours dans ma tête. »

Autre dame d’âge moyen, à son domicile : « Vous ne pensez qu’aux Qassam, à la peur, et vous vous demandez comment vous dormirez cette nuit. »

Une psychologue pour enfants (juillet 2007) : « Nous élevons toute une génération d’enfants dans un endroit où l’on ressent l’insécurité. »

Dr Adriana Cats, Centre de maladies mentales de Sdérot : « Certains d’entre eux arrivent ici sur un brancard, d’autres peuvent marcher, il y en a qui crient, d’autres qui pleurent. »

Bedein : « Des enfants grandissent, de nos jours, avec des sirènes qui font partie de leur vie quotidienne. »

Une institutrice : « Les enfants et leurs parents présentent des symptômes post-traumatiques, qui se traduisent par des difficultés de sommeil, des cauchemars, certains enfants se remettent à faire au lit… »

Un tout jeune garçon : « J’étais presque arrivé à l’abri et d’un seul coup : Boom ! Et alors toutes les fenêtres ont explosé… »

Un jeune adolescent : « On ne peut pas vivre comme ça ! »

[Dans la pièce d’un appartement, un homme montre un gros éclat de missile, qu’il tient à bout de bras].

Une psychologue pour enfants (juillet 2006) : « Et au cours des six années écoulées, on a élevé des enfants dont les yeux sont remplis de terreur…

[on voit trois enfants, dont deux au moins, ont un regard apeuré ou angoissé]

… Leur domicile n’est pas un lieu sûr. »

[Brève séquence filmée, la nuit, en pleine alerte. Sur fond d’appels de haut-parleurs, une petite fille, qu’un adulte tente de réconforter, hurle :]

«  Je veux ma maman !... Maman ! »

[Visage d’une jeune femme qui pleure silencieusement.]

Dans une salle de jardin d’enfants, des petites filles sont assises autour d’une table. L’une d’elles raconte : « Quand je suis au jardin d’enfants, je regarde [autour de moi] et je crois toujours qu’une Qassam va tomber. Des fois, je ne vais pas au jardin d’enfants parce que j’ai peur. »

La psychologue pour enfants, interviewée plus haut : « Habitante de Sdérot, en tant que praticienne et en tant que mère, je l’affirme : ce qui se passe ici est une catastrophe. »

Bedein : « Notre but est de rendre l’opinion israélienne et mondiale conscientes de ce que ces gens subissent. Oui, il est très facile aujourd’hui de nous occuper de nous-même, de notre carrière et de notre famille. Nous devons nous réveiller et comprendre que même nous, des gens ordinaires, nous pouvons faire la différence dans ce monde, à propos de cette réalité. Je suis un petit "pisseux", comme m’a appelé jadis ma grand-mère. Pourtant, je sais qu’il est possible de réaliser ne serait-ce qu’un petit changement. Ce n’est même pas une question de croire ou ne pas croire. C’est un fait. Merci beaucoup et bonne fête de Hanoucah. »

Un enfant a traduit ainsi son angoisse

En incrustation, en fin de vidéo :

SMC et l’Organisation de Défense de Sderot [SDO] ont créé la Tente de Réalité, qui expose des roquettes Qassam et une galerie de photos et de vidéos.

SMC et SDO ont planté 300 palmiers dans des écoles de Sdérot. L’événement a eu lieu à Tou Bishvat [fête des arbres] en mémoire de 7 victimes de la terreur islamique.

Une exposition de presse a été sponsorisée par SMC et réalisée par l’Organisation Sociale de Sderot – Shacham.

SMC a sponsorisé une thérapie par les clowns pour les enfants terrorisés de Sdérot, et a distribué des équipements scolaires donnés par la Shalom House [Maison de la Paix] de Philadelphie.

"Vivre sous les tirs", un projet théâtral racontant l’histoire des enfants de Sdérot, a été représenté, en juillet 2007, par vingt enfants de Sdérot, âgés de 9 à 13 ans, dans la région de New York et Boston. Une production de SMC et RJCF, Boston.

 

Avec votre aide, Sderot Media Center continuera à documenter et à aider les gens de Sdérot qui vivent dans une réalité intolérable

Jusqu’à ce que la terreur palestinienne soit vaincue…

 

Merci.

 

Noam Bedein a créé un site Internet : Sderotmedia.

 

 [Merci à Victor Perez de m’avoir signalé cette vidéo.]

 

 

Mis en ligne le 18 décembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

Publié dans TERRORISME

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